Herodote.net – Jeanne Lafont - 29 août 2017 / Alexandre Schwenck

.          Le 20 juillet 1969, à 20h17 (UTC, temps universel), le module lunaire Eagle de la mission Apollo XI se pose sur la Lune. L’astronaute Neil Armstrong annonce : « Houston, ici la base de la Tranquillité. L’Aigle a atterri ».

Cet exploit marque l’apogée des États-Unis. Vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, ils dominent l’économie mondiale et démontrent avec Apollo XI leur supériorité technologique. Mais dans le même temps, au Vietnam, ils connaissent leurs premières déconvenues, comme un parfum d’automne…

 

Le défi soviétique

.          Les Soviétiques ont inauguré la course à l’espace à la fin des années 1950, au plus fort de la guerre froide. En octobre 1957, ils surprennent le monde entier en mettant en orbite le premier satellite artificiel, Spoutnik 1. En avril 1961, ils consolident leur avance en envoyant le premier homme dans l’espace, Iouri Gagarine.

Le président américain John Fitzgerald Kennedy décide alors de mettre un terme aux déboires des États-Unis. Le 25 mai 1961, il prend l’engagement devant le Congrès que les États-Unis enverront un homme sur la Lune avant la fin des années soixante. La NASA  (National Aeronautics and Space Agency), qui a été fondée le 1er octobre 1958, va tenir le pari en mobilisant près de 400.000 personnes, en engageant plus de 20.000 sociétés et plus de 25 milliards de dollars (4,4% du budget gouvernemental).

L’exploit américain

.          La fusée Saturn V (111 m de haut, 3.100 tonnes, 155 millions de chevaux) transportant la capsule Apollo XI et le module lunaire Eagle (LEM) a été lancée le 16 juillet à 14 h32 (heure française) de la base de Cap Kennedy (aujourd’hui Cap Canaveral), en Floride.

Après sa mise en orbite terrestre à 190 km de la Terre, le vaisseau spatial (capsule et LEM) se détache du troisième étage de la fusée. Il se dirige vers la Lune avec les trois hommes de l’équipage à la vitesse de 39.030 km/h.

Quatre jours plus tard, une fois en orbite lunaire, le LEM se détache de la capsule et s’approche en douceur de la « mer de la Tranquillité ».

Voyant que le pilote automatique se dirige vers une zone instable, le commandant Neil Armstrong, avec un sang-froid exceptionnel, repasse en manuel et cherche un endroit plus sûr où se poser. Il ne lui reste alors que quelques secondes de carburant avant la panne sèche.

Le LEM touche la surface lunaire à 21 h 17. Après un séjour de quelques heures dans le LEM, la sortie se prépare. À 3h56, dans la nuit du 20 au 21 juillet, Neil Armstrong met le pied (gauche) sur la Lune. Un milliard d’êtres humains suivent l’exploit en temps réel ou presque sur leurs écrans de télévision.

À leur attention, Neil Armstrong (38 ans) lâche une phrase vouée à l’Histoire : « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ». (Précisons qu’il avait préparé cette phrase avant son départ et l’avait soumise à ses supérieurs de la NASA).

L’astronaute est rejoint un quart d’heure plus tard par Edwin « Buzz » Aldrin et avec lui plante la bannière étoilée sur la Lune.

Dans le ciel, la capsule Apollo poursuit le tour de la Lune avec à son bord le troisième homme de l’équipage, Michaël Collins. Neil Armstrong avait été désigné pour être le premier à marcher sur la Lune car il était un civil et non un militaire comme ses deux compagnons.

  

Les deux astronautes resteront en tout 22 heures sur la Lune, dont deux brèves heures et demie à peine à l’extérieur du LEM sur le sol lunaire, le temps de prendre quelques photos souvenir et de ramasser quelques cailloux.

Les astronautes américains ont laissé sur le sol lunaire un drapeau US en nylon, ainsi qu’une plaque d’acier inaltérable sur laquelle de futurs « touristes lunaires » pourront lire : « C’est ici que des êtres humains de la planète Terre posèrent pour la première fois le pied sur la Lune, en 1969 après J-C. Nous sommes venus en paix pour toute l’Humanité. Neil A. Armstrong, astronaute, Edwin E. Aldrin, astronaute, Michael Collins, astronaute, Richard Nixon, Président des Etats-Unis d’Amérique« .

Le départ de la Lune a lieu le soir du 21 Juillet à 18 h 54 précises, avec l’allumage de la fusée de l’étage du LEM servant de retour. Le module s’arrime à la capsule mère Columbia à 22 h 35, les deux « hommes de la Lune », Armstrong et Aldrin, rejoignant Collins. Le lendemain Apollo XI, après le largage de l’étage du LEM, rallume ses moteurs et entame sa route vers la Terre. Le 24 Juillet à 17 h 51, la capsule touche le Pacifique dans la zone prévue.

De retour sur la Terre après un peu plus de 8 jours d’absence, les astronautes rapportent 20 kg d’échantillons de minéraux lunaires.

Cette onzième mission du programme Apollo, suivie en direct par 600 millions de téléspectateurs, rehausse le prestige des États-Unis qu’avaient terni la guerre froide, l’engagement au Viêt-nam et la lutte des Noirs contre la ségrégation raciale. Elle puise son origine dans la rivalité entre Américains et Soviétiques.

Cinq missions Apollo vont succéder à la mission d’Armstrong et Aldrin jusqu’au 14 décembre 1972. Depuis lors, personne n’est retourné sur la Lune marcher sur les traces laissées ce jour-là par le cosmonaute Eugen « Gene » Cernan …