{"id":8380,"date":"2018-01-04T19:09:23","date_gmt":"2018-01-04T18:09:23","guid":{"rendered":"http:\/\/jumelage.org\/francais\/?p=8380"},"modified":"2018-09-04T10:26:34","modified_gmt":"2018-09-04T08:26:34","slug":"hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jumelage.org\/francais\/hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\/","title":{"rendered":"Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois acteurs d\u2019une strat\u00e9gie globale"},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-custom ez-toc-container-direction\">\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\/#Hollywood-le-Pentagone-et-Washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\" >Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois acteurs d\u2019une strat\u00e9gie globale<\/a><ul class='ez-toc-list-level-4' ><li class='ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\/#A-propos-du-cinema-de-securite-nationale-et-de-la-production-de-menaces\" >A propos du cin\u00e9ma de s\u00e9curite nationale et de la production de menaces<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\/#Des-modalites-de-cooperation-entre-Hollywood-et-le-pouvoir\" >Des modalit\u00e9s de coop\u00e9ration entre Hollywood et le pouvoir<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\/#De-la-menace-sovietique-au-bourbier-vietnamien\" >De la menace sovi\u00e9tique au bourbier vietnamien<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\/#1981-%C2%AB-America-is-back-%C2%BB\" >1981\u00a0: \u00ab\u00a0America is back\u00a0!\u00a0\u00bb<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/hollywood-le-pentagone-et-washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\/#Donald-Trump-est-le-rejeton-caricatural-de-la-culture-americaine\" >Donald Trump est le rejeton caricatural de la culture am\u00e9ricaine<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<div id=\"pl-8380\"  class=\"panel-layout\" ><div id=\"pg-8380-0\"  class=\"panel-grid panel-has-style\" ><div style=\"padding: 0px 0; \" data-overlay=\"true\" data-overlay-color=\"#000000\" class=\"panel-row-style panel-row-style-for-8380-0\" ><div id=\"pgc-8380-0-0\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-8380-0-0-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"0\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<h3 style=\"text-align: center;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Hollywood-le-Pentagone-et-Washington-les-trois-acteurs-dune-strategie-globale\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"font-size: 20px;\"><strong>Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois acteurs d\u2019une strat\u00e9gie globale<\/strong><\/span><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<pre><em><span style=\"font-size: 14px;\">Jean-Michel Valantin.<\/span><\/em><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Hollywood et le Pentagone\u2026 D\u2019un c\u00f4t\u00e9 la fabrication des \u00ab r\u00eaves \u00bb, mais surtout une v\u00e9ritable industrie, de l\u2019autre, le syst\u00e8me militaire. Quelles relations unissent ces deux institutions symboles de la puissance am\u00e9ricaine ? \u00c0 travers de nombreux exemples et analyses de films, Jean-Michel Valantin l\u00e8ve ici le voile sur l\u2019interd\u00e9pendance totale entre l\u2019industrie cin\u00e9matographique am\u00e9ricaine et l\u2019appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale des \u00c9tats-Unis. Il nous montre combien le politique, le militaire et le cin\u00e9ma se trouvent ainsi imbriqu\u00e9s.<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\"><strong><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/span>\u00ab\u00a0<em>Depuis plus de cinquante ans, l\u2019histoire strat\u00e9gique am\u00e9ricaine est aussi celle de tout un secteur du cin\u00e9ma qui vient prolonger l\u2019histoire r\u00e9elle par la cr\u00e9ation d\u2019un univers d\u2019images et ainsi d\u2019un univers mental o\u00f9 se constitue l\u2019identit\u00e9 strat\u00e9gique am\u00e9ricaine comme l\u2019une des dimensions essentielles de l\u2019identit\u00e9 nationale. Dans celle ci se rejoignent le sentiment d\u2019\u00eatre un peuple \u00e9lu et de mener des guerres justes, ou qui le deviennent gr\u00e2ce au pouvoir de la symbolisation cin\u00e9matographique<\/em>.\u00a0\u00bb J.M. Valantin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\"><strong><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/span>Cet article va se pencher sur les rapports entre ces trois pouvoirs consid\u00e9rables que sont Hollywood, le Pentagone et Washington \u00e0 travers ce qu\u2019on appelle le cin\u00e9ma de <em>s\u00e9curit\u00e9 nationale<\/em>. Ces films mettent en sc\u00e8ne la nation am\u00e9ricaine en danger, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une menace appartenant au r\u00e9el (politique, militaire, terroriste, nature) \u00e0 l\u2019imaginaire (extra terrestres, monstres divers) \u00e0 la m\u00e9taphore (les extra-terrestres des fifties symbolisant les m\u00e9chants sovi\u00e9tiques per\u00e7us alors comme aussi \u00e9trange que des martiens).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces films sont des commentaires pertinents de la production de strat\u00e9gie am\u00e9ricaine qui \u00ab <em>repr\u00e9sente une activit\u00e9 collective dominante qui mobilise aussi bien l\u2019Etat que l\u2019industrie, non seulement militaire mais aussi civile, le secteur scientifique, l\u2019universit\u00e9, les m\u00e9dias et de larges pans de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Elle r\u00e9sulte des luttes de pouvoirs perp\u00e9tuelles entre la Maison Blanche, les commissions s\u00e9natoriales, le Pentagone, les services arm\u00e9s, les agences de renseignements, le complexe militaro-industriel. <\/em>\u00bb Cette production de strat\u00e9gie est domin\u00e9e par l\u2019id\u00e9e de menace et pour les am\u00e9ricains \u00ab\u00a0t<em>out potentiellement fait menace\u00a0<\/em>\u00bb. La\u00a0\u00ab\u00a0<em>perception parfois presque obsessionnelle de la menace, l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres verraient simplement des diff\u00e9rences ou des obstacles naturels, est au c\u0153ur de la production de strat\u00e9gie.\u00a0<\/em>\u00bb nous dit J.M. Valantin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le terme \u00ab\u00a0<em>film de s\u00e9curit\u00e9 nationale<\/em>\u00a0\u00bb fut d\u00e9fini en 1999 par l\u2019historien et sp\u00e9cialiste des strat\u00e9gies et doctrines militaires am\u00e9ricaines Michel Ronai. Il fut ensuite repris dans le livre de Jean Michel Valantin \u00ab\u00a0<em>Hollywood, le Pentagone et Washington<\/em>\u00a0\u00bb. Pour r\u00e9diger cet article j\u2019ai repris le plan et l\u2019argumentaire du livre de Valantin, que j\u2019ai synth\u00e9tis\u00e9 et enrichi d\u2019analyses personnelles et d\u2019\u00e9l\u00e9ments provenant d\u2019autres sources. Cet article se propose donc d\u2019offrir un aper\u00e7u des liaisons intimes qu\u2019entretiennent le pouvoir de la plus puissante nation au monde avec les cr\u00e9ations culturelles qui \u00e9mane de ses usines cin\u00e9matographiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le but est de tenter d\u2019expliquer pourquoi un film comme <strong>Aliens<\/strong> par exemple est dans la continuit\u00e9 de la propagande d\u00e9velopp\u00e9e par le reaganisme r\u00e9actionnaire, pourquoi dans les ann\u00e9es 80 nous avons vu fleurir la mode des films d\u2019action, pourquoi le film de guerre des ann\u00e9es 60 n\u2019est pas le m\u00eame que celui des ann\u00e9es 70, pourquoi et comment les U.S.A. ont d\u00e9cid\u00e9s d\u2019\u00e9crire eux m\u00eames une histoire fantasm\u00e9e qui remplacera dans le c\u0153ur et l\u2019esprit du public les r\u00e9alit\u00e9s de l\u2019Histoire v\u00e9cue\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0S<em>i les producteurs de Hollywood se servent de l'arm\u00e9e, qu'ils compromettent leur int\u00e9grit\u00e9 artistique pour qu'un sc\u00e9nario re\u00e7oive l'approbation de l'arm\u00e9e, c'est parce que \u00e7a leur permet de faire des \u00e9conomies. Ce qui int\u00e9resse Hollywood, c'est le r\u00e9sultat financier. Si j'avais un conseil \u00e0 donner aux spectateurs, qui sont les consommateurs de ces produits, ce serait de prendre conscience, quand ils regardent ces films, que ce sont des films de propagande gouvernementale.\u00a0\u00bb <\/em>Joe Trento, journaliste, \u00e9crivain.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"A-propos-du-cinema-de-securite-nationale-et-de-la-production-de-menaces\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>A propos du cin\u00e9ma de s\u00e9curite nationale et de la production de menaces<\/strong><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\"><strong><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/span>P\u00e9n\u00e9tr\u00e9 par les grands mythes fondateurs de la nation am\u00e9ricaine, le cin\u00e9ma am\u00e9ricain ne fait que les r\u00e9-exploiter encore et encore pour ainsi en fournir une modernisation, rappelant leur universalit\u00e9 et leur profond enracinement par la force de l\u2019image. \u00ab\u00a0<em>Le mythe a une double fonction\u00a0: il d\u00e9signe et il notifie, il fait comprendre et il impose\u00a0<\/em>\u00bb (Roland Barthes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a le mythe de la <em>destin\u00e9e manifeste<\/em>, les U.S.A. ont une \u00ab\u00a0mission\u00a0civilisatrice \u00bb, il faut exporter, s\u2019\u00e9tendre le plus possible. On trouve \u00e9galement le mythe de <em>la cit\u00e9 sur la colline<\/em> provenant des premiers colons am\u00e9ricains, persuad\u00e9s de b\u00e2tir une Nouvelle J\u00e9rusalem dans la foi d\u2019une alliance avec Dieu, rendant sacril\u00e8ge toute attaque contre l\u2019Am\u00e9rique. Le dernier mythe est probablement le plus puissant\u00a0: il s\u2019agit du mythe de la <em>Fronti\u00e8re<\/em>, le mythe d\u2019un espace repouss\u00e9 par les colons, un espace hostile peupl\u00e9 d\u2019indig\u00e8nes. La collectivit\u00e9 s\u2019y trouvant mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Ce mythe de la fronti\u00e8re est un \u00ab\u00a0<em>un condens\u00e9 de la m\u00e9moire de la conqu\u00eate de l\u2019ouest, de la construction de la collectivit\u00e9 nationale et de l\u2019usage r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et l\u00e9gitime de la force arm\u00e9 contre toute entit\u00e9 mena\u00e7ant la communaut\u00e9 et ses r\u00e8gles\u00a0\u00bb<\/em><sub>1<\/sub> est largement pr\u00e9sent dans la mentalit\u00e9 am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces trois aspects servent de socle commun sur lequel s\u2019\u00e9quilibre la strat\u00e9gie militaire am\u00e9ricaine, leur interpr\u00e9tation au gr\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements politiques, des gouvernements ou des crises est mis en sc\u00e8ne par ce Cin\u00e9ma de S\u00e9curit\u00e9 Nationale. Ces trois mythes sont accompagn\u00e9s de quatre autres mythologies politiques secondaires que l\u2019on retrouvera cycliquement au cours des ann\u00e9es dans de nombreux films de ce type. Il y a la \u00ab\u00a0<em>conspiration\u00a0<\/em>\u00bb, \u00ab\u00a0<em>le sauveur\u00a0<\/em>\u00bb, \u00ab\u00a0<em>l\u2019\u00e2ge d\u2019or\u00a0<\/em>\u00bb et \u00ab\u00a0<em>l\u2019unit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La strat\u00e9gie globale des Etats Unis est d\u00e9termin\u00e9e par un rapport au monde assez unique\u00a0: Les U.S.A. ne connaissent pas de voisins hostiles, ils sont prot\u00e9g\u00e9s par deux oc\u00e9ans et n\u2019ont jamais connu d\u2019invasions. Pourtant, le monde ext\u00e9rieur est per\u00e7u comme lourd de menaces potentielles et sert principalement de projection au mythe de la fronti\u00e8re. La construction nationale n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e au cours d\u2019invasions mutuelles ou d\u2019\u00e9changes commerciaux mais s\u2019est op\u00e9r\u00e9e et s\u2019op\u00e8re encore contre \u00ab\u00a0<em>un autre g\u00e9n\u00e9rique<\/em>\u00a0\u00bb. Plut\u00f4t r\u00e9cente et fragile cette soci\u00e9t\u00e9 a besoin de ce consensus autour d\u2019une menace commune qu\u2019utilise le pouvoir f\u00e9d\u00e9ral pour assurer son d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cin\u00e9ma de S\u00e9curit\u00e9 Nationale d\u00e9veloppe alors tout l\u2019\u00e9ventail des menaces probables, improbables, connues ou inconnues. La menace selon M. Rogin c\u2019est \u00ab\u00a0<em>Le d\u00e9mon \u00e9tranger, l\u2019anarchiste poseur de bombes, la conspiration communiste tentaculaire, les agents du terrorisme international (qui) sont des figures famili\u00e8res du r\u00eave \u00e9veill\u00e9 qui domine si souvent les politiques am\u00e9ricaines\u00a0\u00bb,<\/em> mais c\u2019est aussi la nature qui est per\u00e7ue de mani\u00e8re strat\u00e9gique mais aussi comme un d\u00e9cha\u00eenement divin. L\u2019ensemble de ces menaces l\u00e9gitiment la production de strat\u00e9gie et le d\u00e9veloppement de la puissance militaire. La menace doit avoir une dimension affective, elle doit soulever un sentiment collectif, unir la collectivit\u00e9 contre elle et susciter la peur, l\u2019inqui\u00e9tude et la m\u00e9fiance. On aurait tort de croire que Hollywood ne fait qu\u2019illustrer les menaces utilis\u00e9es par le pouvoir politique ou militaire, Hollywood participe pleinement aux d\u00e9bats, parfois de mani\u00e8re active, au sein du minist\u00e8re de la D\u00e9fense.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Des-modalites-de-cooperation-entre-Hollywood-et-le-pouvoir\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Des modalit\u00e9s de coop\u00e9ration entre Hollywood et le pouvoir<\/strong><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\"><strong><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/span>Pour bien comprendre cette puissante interaction, il faut savoir que le couple Hollywood - Pentagone est pratiquement n\u00e9 en m\u00eame temps que le cin\u00e9ma. Tr\u00e8s t\u00f4t les forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines comprirent l\u2019int\u00e9r\u00eat de coop\u00e9rer avec \u00ab\u00a0l\u2019usine \u00e0 r\u00eaves\u00a0\u00bb. Soutenir la production de films de guerre leur permettait de soigner leur image aupr\u00e8s du public et de favoriser par l\u00e0 m\u00eame leur politique de recrutement. D\u00e8s 1915 l\u2019arm\u00e9e de terre collabora au tournage de l\u2019un des monuments du cin\u00e9ma muet, <strong>Naissance d\u2019une Nation <\/strong>de D.W. Griffith (1915). Durant l\u2019entre-deux-guerres la coop\u00e9ration s\u2019intensifie. Ainsi, l\u2019arm\u00e9e de l\u2019air s\u2019investit corps et \u00e2me dans le tournage du monumental <strong>Wings<\/strong> de William Wellman (1927), film qui ouvre la voie au cin\u00e9ma de \u201cpreparedness\u201d (des longs m\u00e9trages r\u00e9alis\u00e9s durant les ann\u00e9es 30 et 40, exaltant l\u2019h\u00e9ro\u00efsme des combattants am\u00e9ricains, dont le but premier \u00e9tait de pr\u00e9parer l\u2019opinion publique \u00e0 une nouvelle entr\u00e9e en guerre). Conditionn\u00e9 par 20 ans de films faisant l\u2019apologie de la bravoure de leurs soldats et de l\u2019invincibilit\u00e9 de leur arm\u00e9e, le peuple am\u00e9ricain pensait \u00eatre en s\u00e9curit\u00e9. Le 7 d\u00e9cembre 1941 l\u2019aviation japonaise d\u00e9truit une grande partie de sa flotte bas\u00e9e \u00e0 Pearl Harbor et contredit brutalement la propagande dont Hollywood se faisait le vecteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1942 le Pr\u00e9sident Roosevelt convoque \u00e0 la Maison Blanche les plus prestigieux r\u00e9alisateurs d\u2019Hollywood pour qu\u2019ils contribuent \u00e0 l\u2019effort de guerre : il faut produire des dizaines de films de propagande pour la mobilisation psychologique du pays.\u00a0De nombreux cin\u00e9astes y participeront activement. Ainsi Frank Capra assure la direction des services cin\u00e9matographiques de l\u2019arm\u00e9e et supervise<strong> Pourquoi nous combattons<\/strong>, une s\u00e9rie c\u00e9l\u00e9brant \u00ab l\u2019id\u00e9al d\u00e9mocratique \u00bb d\u00e9fendu par les Alli\u00e9s. John Ford part couvrir la Guerre du Pacifique et George Stevens filme l\u2019avanc\u00e9e des troupes am\u00e9ricaines en Europe. En 1943, 26.000 personnes de tous les secteurs de l\u2019industrie du cin\u00e9ma travaillent pour l\u2019arm\u00e9e.\u00a0 Lorsque la Seconde Guerre Mondiale s\u2019ach\u00e8ve, la coop\u00e9ration ne cesse pas pour autant et en 1947 est instaur\u00e9 le \u00ab\u00a0National Security State\u00a0\u00bb qui r\u00e9side dans la mise en place de structures consacr\u00e9es \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Ces structures se retrouvent d\u00e9pendantes du cin\u00e9ma pour d\u00e9velopper leur image, ce qui d\u00e9coule sur l\u2019implantation permanente d\u2019un bureau \u00e0 Hollywood.\u00a0 Cette coop\u00e9ration, multiple et complexe, va s\u2019accro\u00eetre de mani\u00e8re stup\u00e9fiante avec les ann\u00e9es, connaissant pourtant pics et antagonismes au fil des crises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019aide accord\u00e9e par le Pentagone lors du tournage d\u2019un film est plus ou moins d\u00e9velopp\u00e9e. Il existe trois degr\u00e9s de coop\u00e9ration\u00a0: La \u00ab\u00a0<em>Courtesy cooperation<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: il s\u2019agit d\u2019une aide limit\u00e9e\u00a0; elle se borne \u00e0 une assistance technique et (ou) une fourniture d\u2019images (plans de sous-marins, de troupes en action, d\u2019avions en vol, etc.), la \u00ab\u00a0<em>Limited cooperation<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: en plus de l\u2019assistance technique, une autorisation de tournage est octroy\u00e9e dans l\u2019une des installations des forces arm\u00e9es (base a\u00e9rienne, camp d\u2019entra\u00eenement, etc.) ainsi qu\u2019un nombre r\u00e9duit de personnel et pour finir la \u00ab\u00a0<em>Full cooperation<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: le degr\u00e9 ultime de la coop\u00e9ration\u00a0; en plus de l\u2019assistance technique et des lieux de tournage, les forces arm\u00e9es fournissent un nombre important de personnel (g\u00e9n\u00e9ralement des membres du contingent pour la figuration) et du mat\u00e9riel (armes, tanks, porte-avions, etc.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les trois corps d'arm\u00e9e (la Navy, l'Air Force et l'Army) \u00e9tant en concurrences pour appara\u00eetre aux yeux de l\u2019opinion, et donc du Congr\u00e8s, comme \u00e9tant le plus prestigieux, ils ont chacun leur \u00ab\u00a0domaine\u00a0\u00bb. L\u2019Army symbolise le combat au sol, dans la terre et le sang, il sublime l\u2019h\u00e9ro\u00efsme des populations civiles, la Navy d\u00e9veloppe l\u2019id\u00e9e de d\u00e9mocratie car pour eux il est impossible de faire un coup d\u2019Etat, c\u2019est la rapidit\u00e9 et la puissance du mythe de la destin\u00e9e manifeste, l\u2019Air Force, c\u2019est la technologie, le futur, l\u2019id\u00e9e de guerre propre cens\u00e9e rendre obsol\u00e8te le combat au sol. Par exemple, la Navy rentre dans les ann\u00e9es 80 avec une image profond\u00e9ment alt\u00e9r\u00e9e par la guerre du Vietnam. En crise de recrutement depuis plus de 10 ans elle participe \u00e0 la production de <strong>Top Gun<\/strong> (1986) \u00e0 la condition que le film se passe sur un porte avion et que les combats a\u00e9riens se passent au dessus de la mer. Le succ\u00e8s est \u00e9norme, tellement \u00e9norme qu\u2019elle installe des bureaux de recrutement \u00e0 la sortie des salles\u00a0! \u00ab\u00a0<em>Le succ\u00e8s de <strong>Top Gun<\/strong> a ouvert une nouvelle p\u00e9riode dans les relations entre Hollywood et le Pentagone. Les forces arm\u00e9es mettent de plus en plus complaisamment \u00e0 la disposition des producteurs personnel, installations, avions et navires et ne facturent qu'une petite partie des co\u00fbts. En contrepartie, elles exercent un contr\u00f4le sur les sc\u00e9narios, et notamment sur l'image des forces arm\u00e9es. Les studios y trouvent leur compte : ils pr\u00e9f\u00e8rent tourner \u00e0 bord d'un vrai porte-avions, ou disposer d'un vrai F-16, quitte \u00e0 soumettre leurs sc\u00e9narios aux experts du Pentagone. Chacune des armes a install\u00e9 des bureaux aupr\u00e8s des studios pour \u00e9tudier les sc\u00e9narios, sugg\u00e9rer des modifications ou des id\u00e9es de sc\u00e8nes. Hollywood soumet chaque ann\u00e9e deux cents sc\u00e9narios au Pentagone. Officiellement, les experts militaires s'assurent de la vraisemblance des sc\u00e8nes de combat ; en fait, le Pentagone veille surtout \u00e0 l'image que ces films donnent des forces arm\u00e9es<\/em>\u00a0\u00bb (Michel Ronai dans d\u00e9bat strat\u00e9gique 46 de Sept 1999). Le Major J.T. Breassale travaille \u00e0 Los Angeles au bureau de liaison de l\u2019arm\u00e9e de Terre. Il est charg\u00e9 de s\u00e9lectionner les sc\u00e9narios envoy\u00e9s par les producteurs susceptibles de recevoir une aide du Pentagone, il d\u00e9clare \u00ab\u00a0<em>La plupart du temps, le sc\u00e9nario est envoy\u00e9 \u00e0 mon bureau et au responsable des relations avec le cin\u00e9ma au Minist\u00e8re de la D\u00e9fense. Je commence par une lecture rapide du sc\u00e9nario pour me faire une id\u00e9e du sujet et voir \u00e0 quel moment du film le th\u00e8me de l'arm\u00e9e appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois. Et je le note. Ensuite, je relis le sc\u00e9nario avec un \u0153il un peu plus critique : je me demande comment un vrai soldat r\u00e9agirait dans une situation identique\u00a0<\/em>\u00bb. Philip Strub est plus direct. Son nom est totalement inconnu du grand public pourtant il est l\u2019homme cl\u00e9 de la coop\u00e9ration entre le Pentagone et Hollywood. Responsable des relations avec le cin\u00e9ma au Minist\u00e8re de la D\u00e9fense \u00e0 Washington, Philip Strub est charg\u00e9 de s\u00e9lectionner les films qui recevront une aide du Pentagone. Un feu vert de sa part donne acc\u00e8s \u00e0 la totalit\u00e9 des \u00e9quipements de l\u2019arm\u00e9e, mais en retour il exige un droit de regard sur les sc\u00e9narios. Peu adepte de la langue de bois, il admet sans ambages ne retenir que les projets favorisant une image positive des forces arm\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il est clair que quand nous examinons un sc\u00e9nario, nous essayons de r\u00e9duire au minimum tout ce qui peut porter atteinte \u00e0 l'image de l'arm\u00e9e. Mon r\u00f4le n'est pas de discr\u00e9diter les forces arm\u00e9es dans la mesure o\u00f9 je crois en l'arm\u00e9e. Je ne ferais pas ce m\u00e9tier sinon.<\/em>\u00a0\u00bb Ce genre de d\u00e9claration pose tout de m\u00eame un probl\u00e8me au sein des plus lib\u00e9raux\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le probl\u00e8me, c'est que l'arm\u00e9e dispose du mat\u00e9riel comme si c'\u00e9tait le sien. Ce mat\u00e9riel n'appartient pas \u00e0 l'arm\u00e9e, il appartient au peuple am\u00e9ricain. Maintenant, s'ils veulent aider les studios en leur pr\u00eatant ce mat\u00e9riel, il faut qu'ils le fassent ind\u00e9pendamment du contenu du sc\u00e9nario. Leur laisser ce droit de regard revient \u00e0 leur laisser le droit d'influer sur la culture populaire am\u00e9ricaine. Phil Strub est un parfait inconnu pour les Am\u00e9ricains ; pourtant il a eu une \u00e9norme influence sur la culture populaire. Et je ne pense pas que les Am\u00e9ricains appr\u00e9cieraient si on leur disait qui il \u00e9tait. Je doute vraiment qu'ils appr\u00e9cieraient ce qu'il fait et ce qu'il repr\u00e9sente. Et c'est justement l\u00e0 que le b\u00e2t blesse : personne ne le leur dit. Rien ne pourrait \u00eatre plus po\u00e9tique, plus symbolique que de voir l'arm\u00e9e am\u00e9ricaine soutenir un film anti-guerre. On ne peut que regretter qu'elle ne l'ait jamais fait\u00a0\u00bb<\/em> dit Jonathan Turley qui enseigne le droit constitutionnel \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 George Washington. Pour lui la coop\u00e9ration entre Hollywood et le Pentagone est une entrave \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, droit fondamental prot\u00e9g\u00e9 par le premier amendement de la Constitution am\u00e9ricaine. Le journaliste David Robb ne se fait, lui, gu\u00e8re d\u2019illusions\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Les Films influencent l\u2019opinion publique, on dit que le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision sont les medias les plus puissants au monde, et quand le m\u00e9dia le plus puissant du monde et l\u2019arm\u00e9e la plus puissante du monde s\u2019associent, collaborent et je dirai m\u00eame s\u2019entendent, pour donner une image positive de l\u2019arm\u00e9e, cela se traduit par des ventes. De la m\u00eame mani\u00e8re qu'un produit b\u00e9n\u00e9ficiant d'une bonne image publicitaire se vend mieux, l'image positive de l'arm\u00e9e au cin\u00e9ma, empreinte d'h\u00e9ro\u00efsme, de camaraderie et de patriotisme, lui permet de mieux se vendre. C\u2019est le seul pays au monde o\u00f9 des institutions aussi puissantes que Hollywood et le Pentagone travaillent ensemble pour donner une image positive de l\u2019arm\u00e9e. Je me demande combien de soldats sur les 600 Am\u00e9ricains qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en Irak se sont engag\u00e9s parce qu'ils avaient vu un film quand ils \u00e9taient m\u00f4mes et qu'ils s'\u00e9taient dit\u00a0: \"C'est g\u00e9nial, l'arm\u00e9e, je vais m'engager\".\u00bb <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Pentagone va dans les ann\u00e9es 50 jusqu\u2019\u00e0 modifier des sc\u00e9narios de s\u00e9ries TV comme <strong>Lassie <\/strong>pour s\u2019assurer que l\u2019image de l\u2019arm\u00e9e soit la plus belle possible. L\u2019arm\u00e9e a toujours raison et elle est toujours juste, c\u2019est ce que doivent penser les enfants qui sont pour elle les soldats de demain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart des gens n\u2019ont pas connu la guerre et c\u2019est essentiellement par le cin\u00e9ma que l\u2019on se repr\u00e9sente la r\u00e9alit\u00e9 du combat et que l\u2019on en fait l\u2019exp\u00e9rience. Cette repr\u00e9sentation erron\u00e9e, magnifi\u00e9e, est voulue par le pouvoir militaire qui ne pratique pas tant une censure directe qu\u2019en obligeant, inconsciemment ou non, Hollywood \u00e0 pratiquer une autocensure \u00e0 la source pour \u00e9viter les conflits et ainsi b\u00e9n\u00e9ficier du mat\u00e9riel \u00e0 moindre co\u00fbt. Le Pentagone t\u00e9l\u00e9guide le cin\u00e9ma pour des raisons de pure propagande, Hollywood suit pour des raisons purement financi\u00e8res et tant que les gens payent pour voir les films, l\u2019industrie du cin\u00e9ma n\u2019y trouve fondamentalement rien \u00e0 redire.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"De-la-menace-sovietique-au-bourbier-vietnamien\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>De la menace sovi\u00e9tique au bourbier vietnamien<\/strong><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\"><strong><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/span>Depuis 50 ans, le rapport entre le pouvoir strat\u00e9gique, le cin\u00e9ma et l\u2019opinion publique n\u2019est qu\u2019un long cycle d\u2019alignement qui fut parfois brutal (comme entre 1949 et 1953 \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le s\u00e9nateur alcoolique Mc Carthy fit ses proc\u00e8s \u00e0 la cha\u00eene suspectant tout Hollywood d\u2019\u00eatre \u00e0 la solde des russes) connu des crises ou des acc\u00e9l\u00e9rations\u2026 David Robb explique qu\u2019\u00ab\u00a0<em>A l\u2019\u00e9poque du\u00a0 Maccarthisme, l\u2019arm\u00e9e ne juge plus un sc\u00e9nario en fonction du seul int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle va pouvoir en retirer au niveau du recrutement mais \u00e9galement en termes de propagande. Elle redoute en particulier que les films distribu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger soient utilis\u00e9s comme des films de propagande anti am\u00e9ricaine. On ne juge plus un film en fonction de sa seule position par rapport \u00e0 l\u2019arm\u00e9e mais aussi en fonction de sa coloration politique.\u00a0<\/em>\u00bb Dalton Trumbo en fait les frais avec son film antimilitariste <strong>Johnny s\u2019en va t\u2019en guerre<\/strong>. Il est blacklist\u00e9 avec toute une g\u00e9n\u00e9ration de cin\u00e9aste qui voulait montrer une autre image de la guerre. Beaucoup de gens \u00e0 Hollywood \u00e9taient au Parti Communiste dans les ann\u00e9es 30, ils cesseront tous de travailler ou prendront des pseudonymes victimes d\u2019une vaste chasse au sorci\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s la fin de la guerre, le pouvoir strat\u00e9gique va utiliser Hollywood dans la cr\u00e9ation de menaces et le cin\u00e9ma devient un dispositif essentiel de l\u2019\u00e9ducation des masses \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et \u00ab\u00a0<em>c\u2019est dans cet \u00e9trange monde parall\u00e8le cr\u00e9\u00e9 par l\u2019industrie de l\u2019image que l\u2019invasion des USA par les extraterrestres commence<\/em>\u00a0\u00bb. Le premier film est <strong>Destination Lune <\/strong>(de Irving Pichel, 1950) dans lequel des scientifiques am\u00e9ricains \u00e9tablissent une base sur la Lune pour emp\u00eacher les autres d\u2019y installer des missiles. Dans cette \u00e9poque de parano\u00efa totale, l\u2019Air Force commence \u00e0 faire pression pour obtenir plus de moyens, ainsi que le monopole sur l\u2019arme atomique. A partir des ann\u00e9es 50 les doctrines de la d\u00e9fense civile visent \u00e0 unir la collectivit\u00e9 sous la coupe d\u2019une menace commune\u00a0: l\u2019attaque atomique. Les sc\u00e9naristes surfent sur l\u2019ambiance : <strong>La chose d\u2019un autre monde<\/strong>, <strong>Le jour o\u00f9 la Terre s\u2019arr\u00eatera<\/strong>, <strong>Le choc des mondes<\/strong>, ces films pr\u00e9parent les gens \u00e0 un risque imminent d\u2019an\u00e9antissement. Il en r\u00e9sulte un consensus national autour de la politique de strat\u00e9gie de d\u00e9fense nationale. <strong>Le Village des Damn\u00e9s<\/strong>, <strong>L\u2019invasion des Profanateurs<\/strong> sont de lourdes m\u00e9taphores de la subversion communiste. L\u2019ennemi est peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 parmi nous, les enfants du premier film finiront dans le b\u00fbcher comme des sorci\u00e8res, des non chr\u00e9tiens, des incroyants. Alors culminante, cette folie parano\u00efaque va finir par s\u2019estomper et ne resurgira que bien des ann\u00e9es plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 50 le pouvoir politique pousse Hollywood \u00e0 fabriquer et d\u00e9noncer la menace sovi\u00e9tique \u00e0 tour de manivelles, mais le cin\u00e9ma restant une entreprise priv\u00e9e, et ne pouvant pas se couper de l\u2019opinion publique, celle ci va l\u2019obliger \u00e0 certaine une remise en question par l\u2019ampleur globale de la menace nucl\u00e9aire. La \u00ab\u00a0<em>crudit\u00e9 g\u00e9nocidaire\u00a0<\/em>\u00bb que repr\u00e9sente l\u2019atome d\u00e9passe le cadre strict d\u2019une agression par les Russes. A partir de 1954 la menace n\u2019est pas seulement l\u2019ennemi ext\u00e9rieur mais devient \u00e9galement la dissuasion nucl\u00e9aire. D\u2019abord \u00ab\u00a0<em>doctrine de repr\u00e9sailles massives\u00a0<\/em>\u00bb, la dissuasion va devenir \u00ab\u00a0<em>assurance de destruction mutuelle\u00a0<\/em>\u00bb lorsqu\u2019en 1953 l\u2019URSS teste sa premi\u00e8re bombe H. Cette nouvelle \u00e8re de dissuasion ne sera bien s\u00fbr jamais tr\u00e8s populaire dans l\u2019opinion publique qui la consid\u00e9rera comme une menace en soi. Moins d\u2019un an apr\u00e8s en 1954 le premier film d\u00e9veloppant cette id\u00e9e est <strong>Des monstres attaquent la ville<\/strong> dans lequel des fourmis g\u00e9antes irradi\u00e9es d\u00e9truisent une ville. Au Japon c\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que les premiers <strong>Godzilla<\/strong> arrivent. Alors que les premiers articulent leur peur de voir le drame arriver, les seconds en sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 revenir sur leur traumatisme. C\u2019est alors un encha\u00eenement de 20 ans avec des films sur ce th\u00e8me\u00a0: <strong>Le Dernier Rivage<\/strong> en 1959 parle d\u2019un monde en ruine ravag\u00e9 par les radiations, en 1964 \u00e0 cause d\u2019une erreur le monde explose dans <strong>Dr Folamour<\/strong> et dans <strong>Fail Safe<\/strong> le Pr\u00e9sident doit sacrifier New York, on voit le r\u00e9sultat d\u2019une attaque dans <strong>La Bombe <\/strong>de Watkins en 65 et en 1968 dans <strong>La Plan\u00e8te des singes<\/strong> Charlton Heston s\u2019\u00e9poumone\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ah les fous, les fous, ils les ont lanc\u00e9es, leurs bombes\u00a0!!<\/em>\u00a0\u00bb Dans les ann\u00e9es 70 jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, quelques films vont insister sur le c\u00f4t\u00e9 fasciste de soci\u00e9t\u00e9 qui se reconstruiraient sur la bombe\u00a0: <strong>Rollerball<\/strong> en 1975,\u00a0<strong>l\u2019Age de cristal<\/strong> en 1976\u2026 Jusqu'au retour \u00e0 la barbarie de <strong>Mad Max 2<\/strong> en 1982. A cette p\u00e9riode on va assister \u00e0 un retour du film apocalyptique typique des ann\u00e9es 60 avec divers films qui arrivent alors que la lutte contre l\u2019URSS reprendra men\u00e9e par l\u2019administration Reagan (en 1983 <strong>Testament<\/strong> et <strong>Le jour d\u2019apr\u00e8s<\/strong>, <strong>Threads<\/strong> en 1984, <strong>When the wind blows<\/strong> en 1986)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sujet du nucl\u00e9aire dans les ann\u00e9es 60 est une exception, sur les autres points l\u2019alignement d\u2019Hollywood sur le pouvoir politique est parfait. En 1962 c\u2019est la mega-production de Daryl Zanuck\u00a0: <strong>Le Jour le Plus long<\/strong>. Coop\u00e9ration gigantesque entre Hollywood, l\u2019Army et la Navy, le film a un but politique \u00e9vident, la promotion et la l\u00e9gitimation de la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine en Europe, 10 ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l\u2019OTAN. Cette production va enclencher la mise en chantier de nombreux films de guerre se d\u00e9roulant pendant la seconde Guerre Mondiale et qui insisteront sur la justesse de l\u2019intervention am\u00e9ricaine destin\u00e9e \u00e0 contrer un imp\u00e9rialisme belliqueux. L\u2019institution militaire est le prolongement de la nation am\u00e9ricaine, le citoyen s\u2019accomplit en tant que soldat. Durant ces ann\u00e9es 60, on va c\u00e9l\u00e9brer les faits d\u2019armes et l\u2019h\u00e9ro\u00efsme de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine au cours de la seconde guerre mondiale, la \u00ab\u00a0guerre juste\u00a0\u00bb par excellence. <strong>La Bataille des Ardennes<\/strong> (1965) <strong>Quand les aigles attaquent<\/strong> (1969) <strong>Tora Tora Tora<\/strong> (1970) <strong>Patton<\/strong> (1970) ou <strong>La Bataille de Midway<\/strong> (1976). Cette \u00e9poque triomphante des ann\u00e9es 60 s\u2019ach\u00e8vera au fur et \u00e0 mesure que le bourbier vietnamien viendra jeter le trouble dans la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. A partir de 1964 l\u2019embourbement ne laisse plus gu\u00e8re d\u2019espoirs sur la victoire alors en 1966 le tr\u00e8s r\u00e9actionnaire John Wayne \u00e9crit au Pr\u00e9sident Johnson il veut \u00ab\u00a0<em>raconter l\u2019histoire de nos combattants avec raison, \u00e9motion, avec des personnages forts et de l\u2019action. Nous voulons le faire de fa\u00e7on telle que nous inspirerons une attitude patriotique aux am\u00e9ricains, un sentiment qui nous a toujours anim\u00e9s dans ce pays, dans les p\u00e9riodes de tension et de crise<\/em>. Johnson incite alors le Pentagone \u00e0 fournir du mat\u00e9riel et des conseillers \u00e0 Wayne \u00e0 un niveau de plusieurs millions de dollars (tout le mat\u00e9riel militaire pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019\u00e9cran, les centaines de figurants, tout est mis \u00e0 disposition gratuitement par l\u2019arm\u00e9e). <strong>Les B\u00e9rets Verts<\/strong> sort en 1968, ce film de propagande au \u00ab\u00a0militarisme flamboyant\u00a0\u00bb est une apologie caricaturale de la guerre du Vietnam (le seul film de ce genre) qui d\u00e9marre par une vingtaine de minutes expliquant les raisons sacr\u00e9es pour lesquelles les U.S.A. doivent mener ce conflit. L\u2019accroche publicitaire sur l\u2019affiche tente de culpabiliser les spectateurs\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Alors comme \u00e7a vous ne croyez pas dans la gloire. Et les h\u00e9ros sont d\u00e9mod\u00e9s. On n\u2019entend plus le clairon. Alors jetez un nouvel \u0153il aux forces sp\u00e9ciales dans un enfer tr\u00e8s sp\u00e9cial.<\/em>\u00a0\u00bb Sous entendant qu\u2019il ne faut pas \u00e9couter la rumeur et qu\u2019il faut tr\u00e8s vite retrouver un bellicisme enthousiaste, d\u00e9coulant de l\u2019esprit patriotique qui devrait animer chaque am\u00e9ricain. A l'\u00e9poque ce film est l\u2019un des premiers \u00e0 filmer le conflit, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s le premier film sur le sujet, <strong>Commando Au Vietnam<\/strong>, sorti en 1964. Le film de John Wayne sort sur les \u00e9crans juste apr\u00e8s la cuisante d\u00e9faite am\u00e9ricaine de la bataille du T\u00eat et est tr\u00e8s mal per\u00e7u un peu partout dans le monde, provoquant de nombreuses manifestations. Un membre du congr\u00e8s ira jusqu\u2019\u00e0 demander des comptes \u00e0 l\u2019arm\u00e9e sur cette utilisation de l\u2019argent du contribuable \u00e0 des fins propagandistes. L\u2019arm\u00e9e niera \u00eatre \u00e0 l\u2019origine du film, ce qui est vrai, mais mentira en expliquant qu\u2019elle n\u2019a rien \u00e0 voir avec le contenu du film, alors qu\u2019elle a tr\u00e8s \u00e9troitement collabor\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture du sc\u00e9nario.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux ans apr\u00e8s la 20th Century Fox sort le dernier film de cette p\u00e9riode \u00e0 recevoir une aide du Pentagone, une superproduction \u00e9l\u00e9phantesque nantie de moyens consid\u00e9rables, l\u2019hagiographie d\u2019un g\u00e9n\u00e9ral controvers\u00e9, <strong>Patton<\/strong>. Le ton ultra patriotique du film est donn\u00e9 d\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique, la premi\u00e8re image est une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre en plan fixe, de face, avec un effet trompe l\u2019oeil o\u00f9 le spectateur semble faire partie du film (on entend les soldats r\u00e9agir comme les gens pourraient r\u00e9agir dans la salle). Patton arrive sur sc\u00e8ne tout petit devant ce gigantesque drapeau et s\u2019adresse \u00e0 l\u2019audience, \u00e0 la fois celle des soldats partant se battre contre l\u2019Allemagne nazie, \u00e0 la fois celle des spectateurs <em>pouvant<\/em> aller se battre au Vietnam. Je mets ici le monologue (6 minutes sur fond de stars &amp; stripes donc) d\u00e9clam\u00e9 par l\u2019acteur George C. Scott, tellement\u00a0cet authentique discours destin\u00e9 aux soldats des ann\u00e9es 40 r\u00e9sonne d\u2019un \u00e9chos tout particulier pour les spectateurs de 1970\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je veux que vous vous souveniez... que pas un connard n'a jamais gagn\u00e9 une guerre en mourant pour sa patrie. Il l'a gagn\u00e9e en faisant mourir un autre connard pour sa patrie. Soldats, ces bruits sur l'Am\u00e9rique ne voulant pas se battre, ne voulant pas se m\u00ealer de la guerre, ce n'est que du baratin. Les Am\u00e9ricains de tous temps, ont aim\u00e9 se battre. Les vrais Am\u00e9ricains aiment le c\u00f4t\u00e9 cinglant de la bataille. Quand vous \u00e9tiez enfants vous admiriez celui qui \u00e9tait le meilleur aux billes, Ie plus rapide coureur, le meilleur joueur de base-ball. Les Am\u00e9ricains aiment les gagnants et ne tol\u00e8rent pas les perdants. Les Am\u00e9ricains jouent pour gagner. Je ne l\u00e8verais pas le petit doigt pour quelqu'un qui perd, et en rit. C'est pourquoi les Am\u00e9ricains n'ont jamais perdu, et ne perdront jamais. Parce que la simple pens\u00e9e de perdre leur est intol\u00e9rable. Une arm\u00e9e, c'est une \u00e9quipe. Elle vit, mange, dort, combat comme une \u00e9quipe. Ces histoires d'individualit\u00e9, \u00e7a ne tient pas debout. Les cons qui ont \u00e9crit ces machins sur l'individualit\u00e9 pour le Saturday Evening Post n'en savent pas plus sur les batailles que sur la fornication. Nous avons la meilleure nourriture, le meilleur \u00e9quipement, un bon moral et les meilleures troupes du monde. Vous savez j'ai de la peine pour ces fils de pute qui nous affronteront. Mon Dieu, oui. On va pas simplement leur tirer dessus, on va leur arracher les tripes et les utiliser pour graisser les chenilles de nos chars. On va tuer ces pauvres cons par milliers. Quelques uns d'entre vous je sais, se demandent s'ils ne vont pas craquer sous les fusillades. Vous inqui\u00e9tez pas Je vous assure que vous ferez tous votre devoir. Les Nazis sont nos ennemis. Rentrez-leur dedans ! Faites-leur pisser le sang ! Tirez-leur dans le ventre ! Quand vous mettrez votre main dans un tas de charpie qui, peu avant, \u00e9tait la figure de votre meilleur ami, vous saurez quoi faire. Encore une chose \u00e0 vous rappeler. Je ne veux pas de messages disant : \"On tient sur notre position\". On ne s'attarde nulle part. On laisse \u00e7a aux Boches. On va de l'avant. On ne tient, ni ne d\u00e9tient, rien ni personne sauf nos ennemis. On va les tenir par le nez et leur botter le cul. Vous n'allez jamais les l\u00e2cher. On va leur passer au travers comme un couteau dans du beurre. Il y a une chose que vous pourrez dire en rentrant chez vous. Et vous pouvez en remercier Dieu. Dans trente ans, assis pr\u00e8s de votre feu de bois avec votre petit-fils sur les genoux quand il vous demandera : \"Qu'as-tu fait durant la seconde guerre mondiale ?\" Vous n'aurez pas \u00e0 dire : \"H\u00e9 bien\u2026 j'ai charri\u00e9 de la merde en Louisiane. \" Bon, maintenant, fils de pute... vous savez ce que je pense. Je serai fier de vous guider vers un champ de bataille, n'importe quand n'importe o\u00f9. C'est tout.\u00a0\u00bb <\/em>Nul besoin d\u2019expliciter plus en avant l\u2019aspect particuli\u00e8rement va t\u2019en guerre de cette introduction. Ca ne suffira pourtant pas, et ce cin\u00e9ma qui grille ses derni\u00e8res cartouches avant de dispara\u00eetre devra attendre une dizaine d\u2019ann\u00e9es avant de revenir sur les \u00e9crans. Les gens comprennent que la guerre est sans issue et l\u2019industrie hollywoodienne ne va pas prendre le risque de se mettre en porte \u00e0 faux avec l\u2019opinion publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une fracture profonde entre Hollywood qui suit de mani\u00e8re int\u00e9ress\u00e9e l'opinion publique et le pouvoir politico militaire. Jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, le Pentagone est tout sauf d\u00e9sir\u00e9 \u00e0 Hollywood qui va encha\u00eener des films sur le Vietnam particuli\u00e8rement d\u00e9primants (<strong>M.A.S.H.<\/strong> de Altman en 72, <strong>Le retour<\/strong> de Asby en 78, <strong>Les Boys de la compagnie C<\/strong> de S.J. Furie en 78).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un an avant la d\u00e9faite finale de 1975, Universal lance la production d\u2019un film de guerre de tr\u00e8s grande envergure qui pour la premi\u00e8re fois se fera sans le soutien de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine\u00a0: c\u2019est <strong>Apocalypse Now<\/strong>. Il est r\u00e9alis\u00e9 par Coppola qui l\u2019a \u00e9galement en partie financ\u00e9 avec l\u2019argent qu\u2019il a gagn\u00e9 avec <strong>Le Parrain<\/strong> et il est tourn\u00e9 en grande partie avec l\u2019aide du mat\u00e9riel de l\u2019arm\u00e9e philippine. Je reprends ici la pertinente analyse que Ronai fait dans le film qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9 avec Emilio Pacull\u00a0: \u00ab<em>\u00a0<strong>Apocalypse Now<\/strong> narre le voyage d\u2019un officier am\u00e9ricain qui a pour mission de remonter le M\u00e9kong pour ex\u00e9cuter un Colonel devenu hors la loi. Durant le voyage le capitaine Willard est le t\u00e9moin de la destruction de la soci\u00e9t\u00e9 vietnamienne tandis que l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine s\u2019enfonce collectivement dans le d\u00e9lire, l\u2019absurde et l\u2019horreur. Cette exp\u00e9rience va lui r\u00e9v\u00e9ler les raisons de l\u2019\u00e9chec am\u00e9ricain. Un ennemi dot\u00e9 d\u2019un esprit de sacrifice tel que toute tentative de le briser n\u00e9cessite de faire le mal et d\u2019accepter pour soi l\u2019horreur et la souffrance. <strong>Apocalypse Now<\/strong> fait de la guerre du Vietnam l\u2019exp\u00e9rience collective du mal au nom de la grande strat\u00e9gie de la lutte contre le communisme<\/em>\u00a0\u00bb. Le film dans son montage original rappelle qu\u2019il faut \u00e9viter la guerre \u00e0 tous prix, on discerne un peu mieux l\u2019influence guerri\u00e8re du sc\u00e9nariste John Milius (dont nous reparlerons plus tard) dans la version <strong>Redux<\/strong> qui sortira dans les ann\u00e9es 90. Ce film s\u2019est vu refus\u00e9 toute aide de l\u2019arm\u00e9e \u00e0 cause du mot \u00ab\u00a0ex\u00e9cuter\u00a0\u00bb, dans ce film un marine doit ex\u00e9cuter un autre marine. \u00ab\u00a0<em>Totalement ill\u00e9gal pour ne pas dire ridicule (\u2026) Dans ce genre de film \u00e7a n\u2019est pas tr\u00e8s int\u00e9ressant de faire remarquer que les m\u00e9dailles ne sont pas les bonnes ou que les coupes de cheveux ne sont\u00a0 pas r\u00e9glementaires<\/em>\u00a0\u00bb Ce genre d\u2019histoire d\u00e9plait fortement au Pentagone, le conseiller militaire Dyle soutient Strub\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Phil Strub est l\u00e0 pour soutenir la politique du gouvernement, du commandant en chef, du pr\u00e9sident des Etats Unis (\u2026)son r\u00f4le est de soutenir leur mission<\/em>\u00a0\u00bb L\u2019arm\u00e9e choisit donc ce qui est bien de raconter, et ce qui ne l\u2019est pas. Elle choisit qu\u2019un film comme <strong>Top Gun<\/strong> ou <strong>L\u2019Aube Rouge<\/strong> ne sont pas des films ridicules. R\u00e9futer les horreurs de la guerre, mentir et r\u00e9\u00e9crire l\u2019histoire n\u2019est bien s\u00fbr pas ill\u00e9gal. David Robb pense qu\u2019\u00ab\u00a0<em>Un bon film est un film qui montre que la guerre n\u2019est pas la bonne solution. Tous les films qui ont re\u00e7us l\u2019aide de l\u2019arm\u00e9e affirment le contraire. Les films sont meilleurs quand l\u2019arm\u00e9e n\u2019y participent pas, par ce qu\u2019ils refl\u00e8tent le point de vue de l\u2019auteur et non celui de l\u2019arm\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Apocalypse Now <\/strong>sort en 1979 alors que depuis quelques ann\u00e9es le Vietnam a fait exploser le complexe militaro cin\u00e9matographique en deux. Un p\u00f4le conservateur, la majorit\u00e9 silencieuse d\u00e9finie par Nixon qui devra attendre quelques ann\u00e9es pour prendre sa revanche, et un p\u00f4le lib\u00e9ral qui d\u00e9nonce avec vigueur la guerre du Vietnam et l\u2019appareil politique et strat\u00e9gique qui l\u2019a soutenu. C\u2019est la position dominante apparue au cours des ann\u00e9es 70 et qui vaudra jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de Ronald Reagan au pouvoir. Ces quelques ann\u00e9es sont t\u00e9moins de grandes tensions (affaire du Watergate, espion \u00e0 la Maison Blanche d\u00e9couvert par la Navy, coup d\u2019Etat de Pinochet organis\u00e9 par la CIA, impossibilit\u00e9 de dissuader l\u2019URSS d\u2019envahir l\u2019Afghanistan\u2026) et toutes ces tensions vont \u00e9clater dans la production hollywoodienne qui produira dans cette d\u00e9cennie des films conscients de la rupture entre le peuple et ses institutions. <strong>Les Trois jours du condor<\/strong> (1975) est un thriller politique qui justement articule ce divorce entre l\u2019opinion publique et la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Le \u00ab mal \u00bb n'est plus l'\u00e9tranger mais il est engendr\u00e9 par une bonne famille (<strong>Le monstre est vivant<\/strong> 1974) dans la maison, (<strong>Damien<\/strong> 1976, <strong>L\u2019Exorciste<\/strong> 1973), au c\u0153ur des campagnes (<strong>Deliverance<\/strong> 1972, <strong>The Texas Chainsaw Massacre<\/strong> 1974). Le cin\u00e9ma se fait porte parole d\u2019une contestation sociale dans des films \u00e0 budgets modestes (<strong>Dawn of the dead<\/strong> 1978) mais aussi dans des plus gros budgets comme <strong>Taxi Driver<\/strong> (1976) ou <strong>Voyage au bout de l\u2019Enfer<\/strong> (1978), des \u0153uvres nihilistes s\u2019appuyant sur la disqualification du syst\u00e8me strat\u00e9gique am\u00e9ricain. M\u00eame les superproductions chorales sur la seconde guerre mondiale h\u00e9rit\u00e9es du <strong>Jour le Plus long<\/strong> finissent dans le d\u00e9faitisme avec en 1977 <strong>Un pont trop loin<\/strong> qui, ce coup ci, narrera les d\u00e9boires de la mission Market Garden, une op\u00e9ration am\u00e9ricaine rat\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette \u00e9poque ne durera pas et tr\u00e8s rapidement l\u2019arriv\u00e9e de Ronald Reagan au pouvoir va, au tournant des ann\u00e9es 80, compl\u00e8tement changer la donne et retourner la situation. L\u2019historien am\u00e9ricain Lawrence H. Suid le r\u00e9sume parfaitement\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Hollywood a attendu que la guerre (du Vietnam) soit finie pour redemander l'aide du Pentagone. Parce que ce qui int\u00e9resse Hollywood, c'est de faire des films qui rapportent et la guerre ne rapportait plus puisqu'elle \u00e9tait devenue controvers\u00e9e\u00a0\u00bb. <\/em>De d\u00e9primants, les films \u00e9taient devenus plus intrigants avec ceux de Coppola et Cimino, ils passeront bient\u00f4t du rejet au refus de l\u2019oublis, puis \u00e0 sa glorification.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"1981-%C2%AB-America-is-back-%C2%BB\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>1981\u00a0: \u00ab\u00a0America is back\u00a0!\u00a0\u00bb<\/strong><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\"><strong><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/span>C\u2019est lorsque Ronald Reagan arrive au pouvoir en 1981 que l\u2019on conna\u00eet alors un retour \u00e0 la bonne vieille entente d\u2019antan. Les m\u00eames m\u00e9thodes pour les m\u00eames buts. Avec le retour en force des faucons qui proclam\u00e8rent comme slogan de campagne \u00ab\u00a0America is back\u00a0!\u00a0\u00bb, <em>l\u2019Am\u00e9rique est de retour<\/em>, on retourne \u00e0 une posture tr\u00e8s offensive contre l\u2019URSS et contre l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u00a0d\u00e9clin\u00a0\u00bb de l\u2019empire am\u00e9ricain amorc\u00e9 dans les ann\u00e9es 70.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce d\u00e9but de d\u00e9cennie c\u2019est aussi le choc provoqu\u00e9 par la sortie du premier <strong>Rambo <\/strong>encore aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab\u00a0beau\u00a0\u00bb film \u00ab\u00a0\u00e9mouvant\u00a0\u00bb. Ce film montre un soldat incompris, errant sans but, rejet\u00e9 de partout qui se r\u00e9voltera contre une soci\u00e9t\u00e9 dont il se sent victime, rejet\u00e9. La morale d\u00e9fendue par le film explique que la soci\u00e9t\u00e9 fait une erreur lorsqu\u2019elle tourne le dos \u00e0 son arm\u00e9e, lorsque celle ci \u00e0 ob\u00e9it aux ordres du pouvoir \u00e9lu. Rambo transporte la guerre du Vietnam au territoire des USA car son ennemi, finalement est chez lui, ce sont ceux qui l\u2019ont appel\u00e9 \u00ab\u00a0<em>boucher<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019a\u00e9roport. \u00ab\u00a0<em>Ils nous jugent, ils ne savent pas de quoi ils parlent\u2026\u00a0<\/em>\u00bb La dimension christique est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente d\u00e8s ce premier opus\u00a0: Jean Ungaro voit le rejet du peuple contre ses soldats comme les Sadduc\u00e9ens et les Philistins rejetant le Christ. Rambo, ne parlant quasiment pas, est comme une ic\u00f4ne vivante s\u2019exprimant avec son corps magnifi\u00e9. De plus, contrairement au roman dont il s\u2019inspire, Rambo ne meurt pas \u00e0 la fin, il reste vivant. Et cette r\u00e9\u00e9criture est l\u2019amorce d\u2019une plus vaste r\u00e9\u00e9criture qui va alors se mettre en place. Depuis la mort de Kennedy l\u2019Am\u00e9rique n\u2019a v\u00e9cu que des d\u00e9faites et subit une profonde perte de l\u00e9gitimit\u00e9. Le cin\u00e9ma va alors se mobiliser avec le pouvoir politique pour produire une \u00ab\u00a0histoire r\u00eav\u00e9e\u00a0\u00bb et restaurer la puissance alors effrit\u00e9e de ses mythes. En effet, le traumatisme vietnamien interroge l\u2019opinion publique sur la justesse de cette guerre et provoque un r\u00e9el trouble identitaire. Depuis le d\u00e9but de son histoire, l\u2019Am\u00e9rique est berc\u00e9e par son mythe de la Destin\u00e9e Manifeste, si cette guerre est injuste, les USA ne sont donc plus cette nation messianique et deviennent une \u00ab\u00a0simple\u00a0\u00bb superpuissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voyant l\u00e0 un risque pour la coh\u00e9sion de l\u2019identit\u00e9 collective, Hollywood va inverser ce rapport n\u00e9gatif \u00e0 l\u2019Histoire en reprenant la guerre l\u00e0 o\u00f9 l\u2019avaient laiss\u00e9 les militaires pour l\u2019achever dans la victoire. Suivent alors juste apr\u00e8s le premier Rambo en 1983 <strong>Retour vers l\u2019enfer<\/strong>, dans lequel il s\u2019agit d\u2019aller chercher des prisonniers et o\u00f9 l\u2019on voit que pour l\u2019Am\u00e9rique la guerre n\u2019est pas finie, qu\u2019elle est juste suspendue. \u00ab\u00a0<em>Le Vietnam on l\u2019a quitt\u00e9 \u00e0 cause des politiciens, on y retournera pour y chercher les n\u00f4tres et y sauver notre honneur<\/em>\u00a0\u00bb, c\u2019est le th\u00e8me central de ce qui va donner naissance aux \u00ab\u00a0<em>Missing in action movies<\/em>\u00a0\u00bb (M.I.A.). Ce film obligera Clint Eastwood qui voulait produire un film similaire \u00e0 se rabattre sur un autre sujet.\u00a0: <strong>Firefox, l\u2019arme absolue<\/strong>, qui marquera le d\u00e9but des films \u00e0 la gloire de l\u2019Air Force, rapidement suivi de <strong>L\u2019Etoffe des H\u00e9ros<\/strong> de Kaufman flamboyante ode patriotique sublimant la conqu\u00eate du ciel, puis de l\u2019espace. et pr\u00e9parant au succ\u00e8s de <strong>Top Gun<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1984 pour les films M.I.A., c\u2019est un cran au dessus avec l\u2019impayable <strong>Port\u00e9s Disparus<\/strong> de J. Zito dans lequel Chuck Norris va retourner au Vietnam. Lui aussi veut r\u00e9cup\u00e9rer des prisonniers oubli\u00e9s et en profite pour cr\u00e9er une r\u00e9alit\u00e9 alternative dans laquelle l\u2019Am\u00e9rique prend sa revanche sur le Vietcongs et s\u2019\u00e9panouit dans une victoire militaire r\u00eav\u00e9e. \u00ab\u00a0<strong><em>Port\u00e9s Disparus<\/em><\/strong><em> valide la strat\u00e9gie guerri\u00e8re du h\u00e9ros x\u00e9nophobe dans une sc\u00e8ne triomphaliste qui le montre interrompant, prisonniers de guerre au bras, une r\u00e9union diplomatique d\u00e9nonc\u00e9e comme inefficace et hypocrite<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9crit M. Kac-Vergne dans Le cin\u00e9ma des ann\u00e9es Reagan. Mais ce n\u2019est rien par rapport \u00e0 ce que <strong>Rambo II La Mission<\/strong> sorti un an plus tard en 1985 va offrir au public am\u00e9ricain. Lui aussi retourne donc au Vietnam rechercher encore des prisonniers, et il interroge le pouvoir politique d\u00e8s le d\u00e9but du film\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Cette fois on nous laissera gagner\u00a0?\u00a0\u00bb \u00e9tant \u00e9vident que la hi\u00e9rarchie militaire, les m\u00e9dias et les pacifistes furent responsables de la d\u00e9faite\u00a0! Il est alors bien s\u00fbr trahi par le pouvoir politique et se fait capturer. Commence alors pour lui, et pour le public am\u00e9ricain, un chemin de r\u00e9demption fait de trahisons, de chagrin, de tortures et de survie, il se sublime dans un parcours christique qui l\u2019emm\u00e8ne dans l\u2019eau, sur la terre et dans les airs pour finalement triompher de ses ennemis dans un v\u00e9ritable d\u00e9luge de feu et d\u2019acier, anim\u00e9 d\u2019une col\u00e8re quasi divine. \u00ab<em>\u00a0Il finira par clamer son d\u00e9sir de justice pour ceux qui ont sacrifi\u00e9 leur vie par amour pour une nation qui nie l\u2019immensit\u00e9 de leur sacrifice\u00a0<\/em>\u00bb. Amen. Pour le critique Yannick Dahan, \u00ab\u00a0<em>En proposant, par une id\u00e9alisation de la force militaire et du patriotisme, de corriger l\u2019histoire, Rambo 2 se pr\u00e9sente donc clairement comme un film r\u00e9visionniste<\/em>\u00a0\u00bb. G\u00e9rard Lenne \u00e9crit dans sa critique du film dans le Lib\u00e9ration du 18 Octobre 1985\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Bon, maintenant tout le monde est au courant de la d\u00e9claration muscl\u00e9e que fit Reagan \u00e0 la sortie de Rambo II\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Je saurai quoi faire lors de la prochaine prise d\u2019otages\u00a0\u00bb. Et comme la r\u00e9alit\u00e9 (\u2026) d\u00e9passe toujours la fiction, le 11 Octobre dernier Ronald a effectivement montr\u00e9 ce dont il \u00e9tait capable, l\u00e2chant ses F14 sur un Boeing de pirates palestiniens pour le forcer \u00e0 atterrir en Sicile sur une base de l\u2019OTAN.\u00a0<\/em>\u00bb Ce recours \u00e0 la force exp\u00e9ditive a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent dans le cin\u00e9ma am\u00e9ricain, mais avec l\u2019arriv\u00e9e de Reagan au pouvoir, c\u2019est un v\u00e9ritable d\u00e9cha\u00eenement de justice aveugle qui s\u2019abat sur le monde du cin\u00e9ma. Des caricaturistes vont dessiner le visage de Reagan sur le corps de John Rambo, ce dessin sera utilis\u00e9 par le parti r\u00e9publicain en poster, badges, t-shirts pour assurer s\u00e9rieusement la promotion du pr\u00e9sident.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans<strong> Cobra<\/strong> (de George Pan Cosmatos - 1986) Stallone qui incarne le flic ultra brutal Marion Cobretti dit \u00e0 un journaliste qui le questionne sur ses m\u00e9thodes exp\u00e9ditives d\u2019aller poser ces questions aux familles des victimes avant d\u2019ajouter \u00ab\u00a0<em>je ne traite pas avec les criminels, je les supprime<\/em> \u00bb. Au moins les choses sont claires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1986 le tr\u00e8s prolifique Chuck Norris est une nouvelle fois de plus \u00e0 l\u2019\u00e9cran dans <strong>Delta Force<\/strong> (r\u00e9alis\u00e9 ce coup ci par Menahem Golam, un des deux c\u00e9l\u00e8bres patrons de la Cannon) pour mettre en \u00e9chec un groupe de terroristes arabes inscrivant ce film dans cette s\u00e9rie d\u2019\u0153uvres cin\u00e9matographiques qui offrent aux Am\u00e9ricains une image plus forte de leur pays en montrant notamment que la victoire contre le terrorisme permet de dig\u00e9rer les d\u00e9faites ant\u00e9rieures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cin\u00e9ma de s\u00e9curit\u00e9 nationale clairement engag\u00e9 dans le processus de gu\u00e9rison de la m\u00e9moire et de l\u2019identit\u00e9 strat\u00e9gique am\u00e9ricaine va donc cr\u00e9er une r\u00e9alit\u00e9 virtuelle servant de socle \u00e0 la reconstruction reaganienne. C\u2019est la grande r\u00e9conciliation entre le cin\u00e9ma et l\u2019appareil strat\u00e9gique, on ressort donc les vieilles recettes et c\u2019est l\u00e0 que la menace sovi\u00e9tique resurgit, la lutte \u00ab\u00a0<em>anti-rouge<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9tant la v\u00e9ritable matrice du discours am\u00e9ricain, sur le plan strat\u00e9gique ou cin\u00e9matographique depuis 1945.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour permettre de d\u00e9velopper son effarant appareil de s\u00e9curit\u00e9 Reagan a besoin d\u2019une menace sym\u00e9trique, ils vont donc faire du neuf avec du vieux et se mettre \u00e0 raconter n\u2019importe quoi. Les discours de Reagan \u00e9voquent des alliances multinationales qui voient Castro, Kadhafi, Arafat, les Ayatollahs et les Russes man\u0153uvrer tous autour d\u2019une table tels les responsables du SPECTRE (l\u2019organisation criminelle dans les James Bond) cherchant \u00e0 d\u00e9truire l\u2019Am\u00e9rique. C\u2019est la th\u00e9orie du complot mondial o\u00f9 les USA se feraient encercler par une menace qui peut venir de partout. La seconde partie du discours reaganien insiste donc sur la n\u00e9cessit\u00e9, sur le besoin absolu, sur la mission d\u2019ordre divine donc faisant que le peuple am\u00e9ricain a de contrecarrer cet ennemi qui s\u2019attaque \u00e0 la Nouvelle J\u00e9rusalem. C\u2019est en 1984 que sort le film le plus embl\u00e9matique de cette \u00e9poque\u00a0: <strong>L\u2019aube Rouge<\/strong>, un film de J. Milius qui raconte l\u2019invasion des USA par des arm\u00e9es communistes sud am\u00e9ricaine t\u00e9l\u00e9guid\u00e9es par l\u2019URSS. Sc\u00e9nariste sur <strong>Apocalypse Now<\/strong> (\u00ab\u00a0<em>J\u2019aime l\u2019odeur du napalm le matin<\/em>\u00a0\u00bb c\u2019est lui) <strong>Les Dents de la Mer<\/strong> (toute l\u2019anecdote de l\u2019USS Indianapolis c\u2019est lui aussi) et \u00e9galement le controvers\u00e9 <strong>Inspecteur Harry<\/strong> (le \u00ab\u00a0<em>make my day<\/em>\u00a0\u00bb de Harry repris en slogan par Reagan c\u2019est lui aussi) et r\u00e9alisateur \u00e9galement de <strong>Conan le Barbare<\/strong>, John Milius se d\u00e9finit lui m\u00eame comme \u00ab\u00a0<em>un grand gaillard, amateur de flingues, belliciste, de droite et se voit comme un\u00a0fasciste zen<\/em>\u00a0\u00bb. Au d\u00e9but du film, qui se passe dans un proche futur, on apprend que les Verts en arrivant au pouvoir en Allemagne d\u00e9mant\u00e8lent les rampes de missiles am\u00e9ricains pr\u00e9sentes sur leur sol, que la France (dirig\u00e9e alors par les socialos communistes) regarde ailleurs et que donc les USA sont seuls, face \u00e0 leur destin. Le film suit un groupe de lyc\u00e9ens qui vont prendre le maquis et qui vont mener des actions de gu\u00e9rilla contre l\u2019occupant. Symbolisant l\u2019Am\u00e9rique des colons, ils se r\u00e9approprient leur identit\u00e9 dans la lutte farouche contre l\u2019envahisseur communiste. On constate que personne dans le film n\u2019est surpris de l\u2019invasion soudaine du pays tant cette menace semble \u00eatre pr\u00e9sente et la r\u00e9ponse ultra brutale (les jeunes n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 ex\u00e9cuter leurs prisonniers ou leur camarde qui les a trahis \u00ab\u00a0<em>Nooon si tu les tues, quelle est la diff\u00e9rence entre nous et ces types ?<\/em>\u00a0\u00bb chouine l\u2019un des partisans \u00ab\u00a0<em>La diff\u00e9rence c\u2019est que nous c\u2019est notre pays !\u00a0\u00bb<\/em> r\u00e9torque s\u00e8chement le h\u00e9ros. Cette logique impr\u00e8gne le discours reaganien. Le plus fou c\u2019est qu\u2019il ne s\u2019agit pas l\u00e0 \u00e0 proprement parler de films de propagande. Ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 command\u00e9s par le pouvoir politique ou par le Pentagone, ils participent juste \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019une id\u00e9ologie qui puise sa source aux racines m\u00eames de l\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1986 <strong>Aliens<\/strong> et exploite de nouveau la figure du pionnier et de la fronti\u00e8re. De mani\u00e8re syst\u00e9matique \u00e0 partir de cette \u00e9poque, la r\u00e9ponse \u00e0 tout probl\u00e8me, toute agression r\u00e9side dans une r\u00e9ponse militaire. Alors que l\u2019arm\u00e9e \u00ab\u00a0r\u00e9guli\u00e8re\u00a0\u00bb n\u2019est pas assez puissante pour venir \u00e0 bout des aliens, Sigourney Weaver va incarner la figure h\u00e9ro\u00efque trahie par le politique qui va par son astuce et son courage vaincre de mani\u00e8re ultra violente la menace. Eric Leguebe voit dans l\u2019apparition du Marine Colonial Corps \u00ab<em>\u00a0le premier film de soutien psychologique \u00e0 la strat\u00e9gie de Guerre des Etoiles<\/em>\u00a0\u00bb dont nous allons parler plus loin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des plaines du Texas au confins de la Galaxie, <em>America is Back<\/em>\u00a0! La menace est si puissante qu\u2019elle n\u00e9cessite de s\u2019y pr\u00e9parer et les avertissements pleuvent sur les \u00e9crans. \u00ab\u00a0<em>L\u2019Am\u00e9rique n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate, lui, si<\/em>\u00a0\u00bb peut on lire sur l\u2019affiche de <strong>Invasion USA<\/strong>. \u00ab\u00a0Lui\u00a0\u00bb, c\u2019est bien s\u00fbr Chuck Norris une nouvelle fois dans un film du besogneur de la Cannon Joseph Zito, qui, un an apr\u00e8s le film de Milius, lutte contre une nouvelle invasion sovi\u00e9tique sur le sol am\u00e9ricain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1986 toujours, Tom Cruise fait des pirouettes dans un avion et des pilotes am\u00e9ricains font des doigts d\u2019honneur \u00e0 des pilotes sovi\u00e9tiques. <strong>Top Gun<\/strong>, dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 est \u00ab\u00a0\u2026<em>le film qui d'une certaine mani\u00e8re a raviv\u00e9 l'affection qui existait \u00e0 l'\u00e9tat latent entre le Pentagone et Hollywood. Et si le film a eu cet effet l\u00e0, c'est avant tout parce que <strong>Top Gun<\/strong> \u00e9tait une superbe affiche de recrutement pour l'arm\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb d\u00e9clare Jim Hoberman, l\u2019un des critiques de cin\u00e9ma les plus influent aux Etats-Unis. L\u2019arm\u00e9e investit dans la technologie parce qu\u2019elle pense que c\u2019est ce qui tactiquement fera la diff\u00e9rence avec ses ennemis, cette nouvelle technologie militaire fournit \u00e0 l\u2019arm\u00e9e de nouvelles choses excitantes \u00e0 filmer. Top Gun est bien plus glamour avec ses appareils compliqu\u00e9s, sa technologie \u00ab\u00a0propre\u00a0\u00bb et son rock\u2019n\u2019roll que des soldats qui pataugent dans la boue. Phil Strub est tout \u00e0 fait d\u2019accord\u00a0: \u00ab\u00a0<em>ce film r\u00e9habilitait l\u2019arm\u00e9e en la rendant de nouveau respectable et digne d\u2019int\u00e9r\u00eat. Ce film a d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019on pouvait produire un film qui pr\u00e9sentait l\u2019arm\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re positive et gagner beaucoup d\u2019argent sans pour autant devenir un paria \u00e0 Hollywood (\u2026) celui qui symbolise le mieux ce changement dans l\u2019opinion publique\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent contre cette glorification du patriotisme et de l\u2019argent roi qui r\u00e8gne pendant ces ann\u00e9es. Contre cette vision particuli\u00e8rement brutale des rapports humains (de Chuck Norris \u00e0 l\u2019Harrison Ford du pro yuppie <strong>Wall Street <\/strong>de 1988) John Carpenter sort quelques ann\u00e9es apr\u00e8s l\u2019ultra cynique<strong> New York 1997<\/strong> (dans lequel un homme doit sauver le pr\u00e9sident des USA parce qu\u2019il y ait contrait pour finalement refuser de sauver le monde) un film d\u2019action d\u2019apparence tr\u00e8s reaganien dans la forme (et dans le th\u00e8me de la d\u00e9nonciation des \u00e9lites politiques) et particuli\u00e8rement critique dans le fond. Le h\u00e9ros de <strong>They Live<\/strong> (le titre original) est un hobbo, un vagabond qui va d\u00e9couvrir un complot et qui va le mettre \u00e0 bas. Ce complot est stup\u00e9fiant\u00a0: en effet chauss\u00e9 de lunettes sp\u00e9ciales, toutes les publicit\u00e9s deviennent ternes et les slogans \u00ab\u00a0mariez vous, faites des enfants, tu dois v\u00e9n\u00e9rer l\u2019argent\u00a0\u00bb apparaissent un peu partout. Les yuppies, les capitalistes, les flics sont en fait des extra-terrestres qui asservissent le peuple. John Carpenter l\u2019a dit\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0<em>They live<\/em><\/strong><em> est un documentaire, pas une fiction<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la m\u00eame \u00e9poque Verhoeven r\u00e9alise <strong>Robocop<\/strong>, film au propos apparemment lui aussi critique, mais qui se r\u00e9v\u00e9lera n\u2019\u00eatre pas loin des probl\u00e9matiques de ses petits camarades. La critique du monde de l\u2019entreprise est \u00e9vidente mais elle participe \u00e0 la m\u00e9fiance habituelle envers la collusion entre les puissances politiques, financi\u00e8res et polici\u00e8res. De plus le film ne remet pas en cause l\u2019existence de ces trusts mais plut\u00f4t leur absence de contr\u00f4le interne. Le personnage de Robocop est plut\u00f4t int\u00e9ressant, car c\u2019est en devenant invincible qu\u2019il perd tout humanit\u00e9. Il se montre incapable de compassion face \u00e0 une femme qu\u2019il vient de sauver. En s\u2019humanisant le h\u00e9ros revient dans les rails du h\u00e9ros classique qui utilise la force pour accomplir sa mission et s\u2019accomplir, reprenant sa place au sein des \u00ab\u00a0h\u00e9ros reaganien\u00a0\u00bb selon l\u2019expression de Pascal Fauvet. Le h\u00e9ros reaganien c\u2019est d\u2019abord un self made man individualiste parti de rien et qui deviendra \u00e0 force d\u2019\u00e9preuves <em>quelqu\u2019un<\/em>. Cette premi\u00e8re particularit\u00e9 est au centre de film comme <strong>Rocky<\/strong>, <strong>Karat\u00e9 Kid<\/strong>, <strong>Conan<\/strong>\u2026 Le second point est que ces sont invuln\u00e9rables, tout en restant humains (ils saignent, souffrent beaucoup\u2026), pensez \u00e0 Sarah Connor (<strong>Terminator<\/strong>) Conan, John McClane (<strong>Die Hard<\/strong>) ou Ripley (<strong>Aliens<\/strong>). Ces deux points sont ceux qui d\u00e9finissent le mieux l\u2019image de Reagan, self made man qui parti d\u2019un statut d\u2019acteur de s\u00e9rie B est arriv\u00e9 au plus haut poste mais c\u2019est aussi lui qui a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un attentat en 1981, au cancer en 1985 et qui conservera dans la maladie d\u2019Alzheimer contract\u00e9e en 1990 une image d\u2019homme indestructible. Ce h\u00e9ros ne donne le meilleur de lui m\u00eame que lorsqu\u2019il est confront\u00e9 \u00e0 un son double antagoniste, la lutte contre cet antagonisme est n\u00e9cessaire pour que le h\u00e9ros se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 lui m\u00eame et prenne conscience de qui il est. Sur le m\u00eame sch\u00e9ma, Reagan a reconstruit la menace sovi\u00e9tique pour avoir un ennemi cr\u00e9dible \u00e0 mettre en face, ce principe de guerre perp\u00e9tuelle dont parle Orwell dans son classique <strong>1984 <\/strong>est plus que jamais une des strat\u00e9gies principales de l\u2019appareil politico-militaire am\u00e9ricain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette \u00e9poque, lorsque le pr\u00e9sident d\u00e9clare vouloir lutter contre \u00ab\u00a0<em>l\u2019Empire du Mal<\/em>\u00a0\u00bb (dans un discours de Mars 1983), les r\u00e9alisateurs qui ont le vent en poupe sont James Cameron (<strong>Terminator<\/strong>), John Milius (<strong>L\u2019aube Rouge<\/strong>), John Mac Tiernan (<strong>Die Hard<\/strong>), Richard Donner (<strong>L\u2019arme fatale<\/strong>), c\u2019est l\u2019av\u00e8nement d\u2019acteurs comme Stallone, Schwarzenegger, Chuck Norris, Bruce Willis, Mel Gibson, Sigourney Weaver, Denzel Washington\u2026 Tout ce beau monde ayant comme particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre sp\u00e9cialis\u00e9 dans le cin\u00e9ma de S\u00e9curit\u00e9 Nationale.\u00a0 C\u2019est l\u2019affirmation de la puissance d\u2019un nouveau type de cin\u00e9ma, souvent d\u00fb \u00e0 des productions ind\u00e9pendantes comme celles de la Cannon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>A partir de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 80, la Destin\u00e9e am\u00e9ricaine s\u2019accomplit triomphalement dans le d\u00e9litement de l\u2019URSS de Gorbatchev. En 1985 <strong>Rocky IV<\/strong> montre le boxeur Rocky Balboa porter l\u2019estocade au c\u0153ur m\u00eame de la Russie et propose un final pacifiste devenu possible par la d\u00e9faite symbolique du r\u00e9gime communiste. Pour pouvoir vaincre il faut \u00e9galement que l\u2019Am\u00e9rique veille \u00e0 ne pas \u00eatre trop pr\u00e9tentieuse. Perdu dans les strass et les paillettes, Apollo Creed affronte de mani\u00e8re d\u00e9sinvolte le Russe au d\u00e9but du film et se fait massacrer, l\u2019Am\u00e9rique est un colosse au pied d\u2019argile et risque la destruction si, perdue dans le tourbillon de l\u2019argent facile, elle pense que la victoire est acquise. Le conseil de Rocky\u00a0: retourner \u00e0 la Terre et couper du bois\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <strong>Double D\u00e9tente<\/strong> en 1989, le policier russe jou\u00e9 par Arnold Schwarzenegger vient prendre des le\u00e7ons aux Etats Unis pour aider les flics am\u00e9ricains \u00e0 lutter contre la nouvelle menace qui va remplacer ce qui \u00e9tait il n\u2019y a pas si longtemps le terrible bloc sovi\u00e9tique par ce que l\u2019on appellera bient\u00f4t la \u00ab\u00a0Mafia Russe\u00a0\u00bb et qui deviendra le nouveau cheval de bataille strat\u00e9gique au tournant des ann\u00e9es 90. On assiste \u00e0 l\u2019opposition du syst\u00e8me am\u00e9ricain qui parvient \u00e0 r\u00e9guler le d\u00e9sordre contre celui du syst\u00e8me sovi\u00e9tique qui vacille sur ses fondations. Ce processus de d\u00e9litement de l\u2019URSS est magnifi\u00e9 en 1988 dans le film <strong>La B\u00eate de Guerre<\/strong> o\u00f9 l\u2019on voit un soldat russe se mutiner et comprendre que sa mission et donc que les choix des sovi\u00e9tique sombre dans un \u00e9chec total, strat\u00e9gique, politique, id\u00e9ologique et humain. \u00ab<em>\u00a0La fiction de la d\u00e9fait est monopolis\u00e9e par le syst\u00e8me am\u00e9ricain, qui la diffuse dans le syst\u00e8me des images, vecteur essentiel de l\u2019influence am\u00e9ricaine dans la sph\u00e8re mondiale des repr\u00e9sentations et des id\u00e9es<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9crit Valantin. Cette id\u00e9e est \u00e9galement pr\u00e9sente dans le truculent <strong>Rambo III<\/strong> la m\u00eame ann\u00e9e. Rambo parti ce coup ci en Afghanistan lutter contre les russes \u00e0 la t\u00eate d\u2019une troupe de moudjahidins. Il explique finalement que ce n\u2019est <em>pas sa guerre<\/em> et rentre chez lui devan\u00e7ant de quelques ann\u00e9es l\u2019attitude strat\u00e9gique des USA sur ce dossier. Ce film participe \u00e0 ce qu\u2019on appelle la \u00ab\u00a0doctrine Weinberger\u00a0\u00bb de l\u2019escalade horizontale. Ca consiste \u00e0 opposer une r\u00e9ponse conventionnelle directe ou indirecte partout o\u00f9 le r\u00e9gime sovi\u00e9tique op\u00e8re dans le monde. Cette soudaine revivification de la menace sovi\u00e9tique observ\u00e9e dans le cin\u00e9ma am\u00e9ricain des ann\u00e9es 80 est pourtant sans aucun rapport avec la r\u00e9alit\u00e9. Alors que le processus d\u2019implosion de l\u2019URSS est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s avanc\u00e9, elle ne sert finalement qu\u2019\u00e0 l\u00e9gitimer l\u2019expansion de la puissance strat\u00e9gique au nom de la s\u00e9curit\u00e9 des USA. Cette menace communiste est aussi utilis\u00e9e pour mettre en sc\u00e8ne la m\u00e9fiance naturelle qu\u2019\u00e9prouve l\u2019opinion publique face au pouvoir politique. Cette contestation va prendre forme dans deux films d\u2019Oliver Stone\u00a0sortis en 1986\u00a0: <strong>Salvador<\/strong> et <strong>Platoon<\/strong>. Dans le premier film, tr\u00e8s ambigu, on suit un reporter plut\u00f4t gauchiste qui va suivre les op\u00e9rations militaires men\u00e9es par la CIA. Lorsque les paysans se mettent \u00e0 ex\u00e9cuter des prisonniers am\u00e9ricains, il leur hurle \u00ab\u00a0vous \u00eates devenus comme eux\u00a0!\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab\u00a0<em>comme si c\u2019\u00e9tait la question majeure. Il brouille ainsi la diff\u00e9rence entre des paysans indiens qui luttent pour ne pas \u00eatre extermin\u00e9s et des militaires g\u00e9nocidaires\u00a0<\/em>\u00bb.\u00a0Dans ce film, Oliver Stone ne remet pas en cause l\u2019intervention des USA au Salvador, il en critique juste les modalit\u00e9s regrettant que cette intervention semble avoir \u00e9chapp\u00e9e \u00e0 la r\u00e9gulation offerte par le pouvoir politique ayant pour devoir de contr\u00f4ler le pouvoir militaire. Dans <strong>Platoon<\/strong> (film avec lequel l\u2019arm\u00e9e a pourtant refus\u00e9 de coop\u00e9rer) qui se d\u00e9roule lui au Vietnam, une section br\u00fble un village mais escorte gentiment les habitants, les Vietcongs ne sont que des ombres et le v\u00e9ritable enjeu du film est dans la lutte qui oppose un jeune id\u00e9aliste \u00e0 une brute incontr\u00f4l\u00e9e. L\u2019intervention am\u00e9ricaine n\u2019est absolument pas remise en cause, elle est valid\u00e9e et reste une op\u00e9ration non critiquable. L\u00e0 aussi ce sont les modalit\u00e9s d\u2019action qui sont point\u00e9es du doigt. Ce film qui semble pourtant v\u00e9hiculer un point de vue en apparence pacifiste appelle \u00e0 une violence r\u00e9gul\u00e9e qui doit savoir rester \u00ab\u00a0\u00e9thique\u00a0\u00bb pour ne pas mettre en danger les fondations id\u00e9ologiques am\u00e9ricaines. \u00ab\u00a0<em>Ce qu\u2019il advient des soci\u00e9t\u00e9s qui sont le th\u00e9\u00e2tre des conflits politiques et \u00e9thiques propres au syst\u00e8me strat\u00e9gique am\u00e9ricain n\u2019est qu\u2019entraper\u00e7u\u00a0\u00bb <\/em>(J.M. Valantin)<em>. <\/em>On retrouve cette analyse illustr\u00e9e cyniquement dans<strong> Full Metal Jacket <\/strong>de Stanley Kubrick (1987, film avec lequel l\u2019arm\u00e9e \u00e0 \u00e9galement refus\u00e9 de coop\u00e9rer), lorsqu\u2019un journaliste interviewe l\u2019engag\u00e9 Joker qui d\u00e9clare\u00a0en substance :\u00a0\u00ab <em>Je voulais voir le Vietnam exotique, perle de l'Asie du Sud-Est. Je voulais rencontrer...des gens int\u00e9ressants, de culture ancestrale, et les tuer\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb. J.M. Valantin conclue que \u00ab<em>\u00a0ces films fabriquent une image de la guerre froide et des affrontements indirects entre les 2 blocs dans le tiers monde comme autant de guerre am\u00e9ricaines justes. Ils participent \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une histoire virtuelle qui entre en concurrence avec la m\u00e9moire strat\u00e9gique traumatis\u00e9e, afin de commencer \u00e0 la gu\u00e9rir, et entament un processus de r\u00e9identification de la nation \u00e0 son appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale.\u00a0<\/em>\u00bb Les sources divergent pour Valantin <strong>Platoon<\/strong> est consid\u00e9r\u00e9 comme une aubaine par les faucons du Pentagone, pour Robb, ils ont d\u00e9test\u00e9. Au del\u00e0 de \u00e7a, l\u2019impact du film est incontestable. \u00ab\u00a0<em>Je pense que <strong>Platoon<\/strong> est devenu, (\u2026) un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne sociologique. Je ne sais pas si cela tient juste au fait que la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine \u00e9tait alors pr\u00eate \u00e0 une r\u00e9conciliation entre les v\u00e9t\u00e9rans du Vietnam et le reste des Am\u00e9ricains qui pour la plupart les d\u00e9nigraient et ne s'\u00e9taient gu\u00e8re souci\u00e9s de leur sort \u00e0 notre retour, ou que le film \u00e9tait tellement g\u00e9nial que les gens sont sortis de leur r\u00e9serve et qu'il a permis de faire fondre la glace\u00a0\u00bb <\/em>d\u00e9clare le Capitaine Dale Dye, ancien Marine, v\u00e9t\u00e9ran du Vietnam et consultant depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 80 aupr\u00e8s de cin\u00e9astes soucieux d\u2019authenticit\u00e9 militaire. \u00ab\u00a0<em>Le fait est l\u00e0. Gr\u00e2ce \u00e0 Ronald Reagan, de sujet tabou, la guerre du Vietnam r\u00e9habilit\u00e9e, a donn\u00e9 naissance \u00e0 un genre nouveau\u00a0<\/em>\u00bb \u00e9crit Eric Leguebe. La guerre ainsi r\u00e9habilit\u00e9e, Hollywood se permet de donner au cin\u00e9ma de guerre vietnamien une articulation nouvelle,\u00a0comique cette fois ci. En 1987 Barry Levinson sort ainsi \u00ab\u00a0<strong>Good Morning Vietnam<\/strong>\u00a0\u00bb narrant les turpitudes d\u2019un DJ de la radio militaire jou\u00e9 par Robin Williams.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les ann\u00e9es 80 c\u2019est aussi aux USA une augmentation consid\u00e9rable des budgets militaires. Le spectre de la menace nucl\u00e9aire, de LA guerre, la derni\u00e8re qui laisserai le monde d\u00e9sol\u00e9 refait surface. En 1982 ce sont 500.000 personnes qui manifestent \u00e0 Central Park pour le \u00ab\u00a0Nuclear Freeze\u00a0\u00bb ne remettant pas en cause la menace sovi\u00e9tique mais pensant que la menace nucl\u00e9aire est bien pire encore. Le cr\u00e9dit pour le programme militaire n\u2019est sauv\u00e9 que de deux voix au Congr\u00e8s. Un an plus tard, en 1983, le canadien David Cronenberg adapte Stephen King et montre le pouvoir pr\u00e9sidentiel comme potentiellement destructeur dans le thriller fantastique <strong>Dead Zone<\/strong>. La nature m\u00eame de la prise de d\u00e9cision de frappe nucl\u00e9aire emp\u00eache toute m\u00e9diation politique. Ce pouvoir inou\u00ef de destruction totale est laiss\u00e9 \u00e0 une poign\u00e9e de personnes incontr\u00f4lables. Le fant\u00f4me du Dr Folamour plane de nouveau et la peur que le pouvoir pr\u00e9sidentiel h\u00e9rit\u00e9 des p\u00e8res fondateurs s\u2019isole du syst\u00e8me et de ses rouages de contre pouvoir est particuli\u00e8rement pr\u00e9sent dans les esprits. Toujours en 1983 John \u00ab\u00a0Badaboum\u00a0\u00bb Badham sous entend qu\u2019un gamin peut hacker les syst\u00e8mes informatiques du Pentagone et d\u00e9clencher par insouciance une guerre thermonucl\u00e9aire. En 1984, dans <strong>Terminator<\/strong>, on nous raconte que dans un proche futur l\u2019ordinateur central du Pentagone va devenir incontr\u00f4lable et va se r\u00e9volter contre ses cr\u00e9ateurs d\u00e9cha\u00eenant un feu d\u00e9vastateur et une guerre sans fin. C\u2019est aussi \u00e0 cette \u00e9poque, comme nous l\u2019avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, que refleurissent des films sur le th\u00e8me strict de la destruction nucl\u00e9aire (<strong>Le jour d\u2019apr\u00e8s<\/strong>, <strong>Testament<\/strong>\u2026). Mais contre ces films sombres, il y a une parade\u00a0: les Chevaliers Jedi\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ronald Reagan a toujours \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t frileux vis \u00e0 vis du nucl\u00e9aire, pour des raisons essentiellement religieuse. Il y voit l\u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019instrument du d\u00e9mon\u00a0\u00bb, mais dans ce contexte de m\u00e9fiance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, il propose l\u2019Initiative de D\u00e9fense Strat\u00e9gique (I.D.S.), programme rapidement baptis\u00e9 sous le nom \u00e9vocateur de \u00ab\u00a0<em>Star Wars<\/em>\u00a0\u00bb. Le principe est d\u00e9lirant\u00a0: il s\u2019agit d\u2019un maillage de satellites \u00e9quip\u00e9s de lasers pr\u00e9vus pour d\u00e9truire tout missile envoy\u00e9 vers le territoire des U.S.A. La strat\u00e9gie passe de l\u2019offensif au d\u00e9fensif, l\u2019\u00e9ventuelle offensive restant de la responsabilit\u00e9 des russes. Dans le premier <strong>Star Wars<\/strong>, on voit l\u2019Empire (du mal) d\u00e9truire une plan\u00e8te enti\u00e8re, face \u00e0 eux, on trouve les Chevaliers Jedi, repr\u00e9sentant du Bien, arm\u00e9s d\u2019un sabre laser, arme propre et spirituellement h\u00e9riti\u00e8re du glaive de la justice. L\u2019administration Reagan se jette dans cette symbolique pour d\u00e9fendre un programme co\u00fbteux qui selon elle doit rendre obsol\u00e8te l\u2019utilisation du nucl\u00e9aire. Fin 1983, Ronald Reagan d\u00e9clare dans un discours surr\u00e9aliste\u00a0: <em>\u00ab\u00a0L\u2019I.D.S. a \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9e Star Wars, mais ce n\u2019est pas \u00e0 propos de guerre. C\u2019est \u00e0 propos de paix. Cela ne parle pas de repr\u00e9sailles, cela parle de pr\u00e9vention. Cela ne concerne pas la peur, cela concerne l\u2019espoir. Et dans cette lutte, si vous me pardonnez de voler une r\u00e9plique du film, la Force est avec nous\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb. La m\u00eame ann\u00e9e il parle de lutter contre \u00ab\u00a0<em>l\u2019Empire du mal<\/em>\u00a0\u00bb. Alors que le pouvoir nucl\u00e9aire devient ill\u00e9gitime (surtout \u00e0 partir de 1985, de la d\u00e9cision bilat\u00e9rale de r\u00e9duction des armes et du d\u00e9gel des relations gr\u00e2ce au retournement op\u00e9r\u00e9 par Gorbatchev) un nouveau pouvoir s\u2019installe (militarisation de l\u2019espace et des nouvelles technologies). De toutes fa\u00e7ons, tout est bon pour que le public ne puisse pas se dire qu\u2019une alternative pacifiste existe et tout est fait pour qu\u2019il se sente enthousiaste devant le vote de budgets bellicistes et r\u00e9actionnaires. Le message politique et strat\u00e9gique inspir\u00e9 par un souffle spirituel et pour un usage mesur\u00e9 de la technologie dans la guerre est au centre des deux suites du premier <strong>Star Wars<\/strong>\u00a0: <strong>L\u2019empire Contre Attaque<\/strong> en 1980 et <strong>Le retour du Jedi<\/strong> en 1983. Ces films qui pr\u00e9parent, malgr\u00e9 eux, l\u2019opinion publique \u00e0 une juste militarisation de l\u2019espace sont bien s\u00fbrs libres de toutes pr\u00e9occupations propagandistes, mais ils fournissent un nouveau langage sur lequel s\u2019appuiera la Maison Blanche et le Pentagone.\u00a0M\u00eame si le programme I.D.S. est une pure fumisterie dont la r\u00e9alit\u00e9 technique n\u2019a rien \u00e0 envier aux vaisseaux de la trilogie de George Lucas\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette enrichissante collaboration mutuelle entre \u00ab\u00a0l\u2019usine \u00e0 r\u00eaves\u00a0\u00bb, le pouvoir politique et l\u2019arm\u00e9e n\u2019enthousiaste pas tout le monde, et aux Etats Unis quelques voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent pour d\u00e9noncer ce mariage contre nature o\u00f9 la culture se retrouve p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e par des puissances agissant au nom d\u2019int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques. Bernard Gordon, un sc\u00e9nariste qui fut mis au ban d\u2019Hollywood durant le maccarthysme reproche le c\u00f4t\u00e9 partisan de la collaboration entre Hollywood et le Pentagone\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J'ai toujours dit que les navires n'appartenaient pas \u00e0 la marine, que les tanks n'appartenaient pas \u00e0 l'arm\u00e9e de terre, que les avions n'appartenaient pas \u00e0 l'arm\u00e9e de l'air ; tout \u00e7a appartient au peuple am\u00e9ricain et devrait \u00eatre mis \u00e0 la disposition de toutes les soci\u00e9t\u00e9s de production qui en ont besoin. Elles ne devraient pas d\u00e9pendre du bon vouloir de l'arm\u00e9e de terre, de l'arm\u00e9e de l'air et de la marine pour pouvoir les utiliser.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais chez beaucoup de professionnels, les ann\u00e9es Reagan sont per\u00e7ues comme une b\u00e9n\u00e9diction.\u00a0Michael Winner (r\u00e9alisateur de <strong>Un Justicier dans la ville<\/strong> avec Bronson) \u00ab<em>\u00a0Les Am\u00e9ricains ont combattu le communisme pour la premi\u00e8re fois pendant la Guerre du Vietnam mais alors les studios (\u2026) penchaient du c\u00f4t\u00e9 de la culpabilit\u00e9. (\u2026) Puis est arriv\u00e9 Reagan qui, de ses bagages allait ressortir le sentiment de patriotisme et de fiert\u00e9. C\u2019est lui qui a permis au cin\u00e9ma antimarxiste de s\u2019exprimer<\/em>\u00a0\u00bb, Chuck Norris\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je suis tr\u00e8s fier d\u2019avoir Reagan comme Pr\u00e9sident de mon pays<\/em>\u00a0\u00bb, Scott Glen (acteur dans <strong>L\u2019Etoffe des H\u00e9ros<\/strong>)\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Toute nation,\u00a0toute culture doit \u00eatre orgueilleuse d\u2019elle m\u00eame. Ce sentiment indispensable est revenu avec Reagan. Les \u00eatres d\u2019o\u00f9 qu\u2019ils soient (\u2026) ont le devoir d\u2019\u00eatre forts. Avoir honte de soi, de son pays, de ses convictions, des siens est \u00e0 la fois stupide, inutile et p\u00e9rilleux.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A partir de la fin des ann\u00e9es 80, le sch\u00e9ma va \u00e9voluer. Reagan est d\u00e9sormais le chantre de la paix et s\u2019affiche avec Gorbatchev, la menace sovi\u00e9tique s\u2019efface dans le d\u00e9litement du pays. De nouveaux antagonismes vont na\u00eetre, principalement autour des cartels de la drogue, des mafias russes ou des r\u00e9seaux terroristes transnationaux, mais restant toujours dans le cadre des mythes fondateurs et des mythes politiques que nous avons \u00e9voqu\u00e9 dans l\u2019introduction. L\u2019\u00e9poque surr\u00e9aliste des Joseph Zito \/ Chuck Norris va tomber en d\u00e9su\u00e9tude en m\u00eame temps que la boite de production Cannon (des in\u00e9narrables cousins Menahem Golan et Yoram Globus) s\u2019\u00e9croule en 1988. Les budgets explosent et le format \u00ab\u00a0blockbuster\u00a0\u00bb va devenir la norme de ces films. Suite au prochain num\u00e9ro avec la s\u00e9rie des Die Hards, l\u2019oublis de la Guerre du Golfe, le d\u00e9veloppement de nouvelles menaces jusqu\u2019au retour vers les films r\u00e9cents sur la guerre en Irak.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ffffff;\"><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/span>Bibliographie :<\/strong><\/p>\n<p><em>-Ronald Reagan acteur et le cin\u00e9ma reaganien<\/em> de Eric Leguebe. Ed. France Empire.\u00a01987<\/p>\n<p>-<em>Hollywood et le Pentagone coop\u00e8rent dans les effets sp\u00e9ciaux et les techniques de simulation<\/em> dans<em> Le D\u00e9bat Strat\u00e9gique n\u00b046 <\/em>de Maurice Ronai. Septembre 1999<\/p>\n<p><em>-Guts and Glory\u00a0: The Making of American Military Image in Film<\/em> de Lawrence H. Suid. Ed. The University Press of Kentucky). 2002<\/p>\n<p>-<em>Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois acteurs d\u2019une strat\u00e9gie globale<\/em> de J.M. Valantin. Ed. Autrement. 2003<\/p>\n<p>-<em>Le cin\u00e9ma des ann\u00e9es Reagan, un mod\u00e8le hollywoodien\u00a0?<\/em> sous la direction de F. Gimello-Mesplomb. Ed. Nouveau monde. 2007<\/p>\n<p>-<em>Operation Hollywood : How the pentagon shapes and censors the movies<\/em> de David Robb. Ed. Prometheus Books. 2004<\/p>\n<p>-<em>Star wars, le c\u00f4t\u00e9 obscur de l'Am\u00e9rique<\/em> de Thomas Sn\u00e9garoff. Ed. Armand Colin. 2018<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ffffff;\"><em>.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/span>Documentaire<\/strong> :<\/p>\n<p>-<em>Op\u00e9ration Hollywood<\/em> de Emilio Pacull et Maurice Ronai. Arte Prod. 2004<\/p>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Donald-Trump-est-le-rejeton-caricatural-de-la-culture-americaine\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline; font-size: 20px;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><strong>Donald Trump est le rejeton caricatural de la culture am\u00e9ricaine<\/strong><\/span><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<pre><span style=\"color: #0000ff; font-size: 14px;\"><em>Le Figaro - Jean-Pierre Robin \u2013 03 sep 2018 (Extraits)<\/em><\/span><\/pre>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Tout au long de cet \u00e9t\u00e9 torride 2018, Donald Trump nous a fait vivre des moments inou\u00efs, bien plus palpitants que la s\u00e9rie <em>The West Wing<\/em> (\u00c0 la Maison-Blanche) et ses 155 \u00e9pisodes. La r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9passe la fiction, dira-t-on. En m\u00eame temps, les films constituent la meilleure prop\u00e9deutique pour comprendre \u00ab\u00a0la vie r\u00e9elle\u00a0\u00bb. Si le 45e pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis peut nous \u00e9tonner par la brutalit\u00e9 de ses propos et de ses actes, il ne saurait surprendre les fans du cin\u00e9ma am\u00e9ricain qui les a accoutum\u00e9s \u00e0 de telles violences.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> \u2026 L\u2019industrie cin\u00e9matographique de Hollywood regorge depuis des lustres de \u2026 stigmatisations des \u00e9trangers. \u00ab\u00a0<em>Hollywood est une usine \u00e0 r\u00eaves, certes, mais aussi une formidable machine \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de l\u2019ennemi<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e9crit l\u2019expert militaire Pierre Conesa dans un livre au titre \u00e9vocateur (<em>Hollywar, Hollywood arme de propagande massive<\/em>, \u00c9d. Robert Laffont).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Cela a commenc\u00e9 \u00ab\u00a0<em>avec le western\u00a0; plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de spectateurs ont consid\u00e9r\u00e9 les cow-boys comme les bons et les Indiens comme les m\u00e9chants<\/em>\u00a0\u00bb. Le cin\u00e9ma hollywoodien n\u2019a de cesse de \u00ab\u00a0<em>v\u00e9hi\u00adculer des st\u00e9r\u00e9otypes quand il traite de l\u2019Autre, le non-Am\u00e9ricain, le Noir, le (Peau-)Rouge, le Jaune, le basan\u00e9, le Blanc nazi ou le communiste\u00a0<\/em>\u00bb. Et Pierre Conesa d\u2019ajouter, \u00ab\u00a0<em>avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de George\u00a0\u00a0W.\u00a0Bush, puis de Donald Trump, de nouveaux ennemis sont apparus, dont le petit Fran\u00e7ais et l\u2019Arabo-Irano-musulmano-terroriste<\/em>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Cette vindicte obsessionnelle d\u00e9coule de l\u2019Histoire comme l\u2019a bien d\u00e9crit Tocqueville en 1835 (<em>La D\u00e9mocratie en Am\u00e9rique<\/em>) \u00e0 propos des Blancs, des Noirs et des Indiens qui se partagent le m\u00eame territoire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>On d\u00e9couvre en eux, d\u00e8s le premier abord, trois races naturellement distinctes, et je pourrais presque dire ennemies.\u00a0<\/em>\u00bb Or quand on a des ennemis, il faut se d\u00e9fendre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">\u2026 Le climat de violence est entretenu \u00e0 l\u2019envi par Hollywood. \u00ab\u00a0<em>La violence fait partie de la culture. Je suis un grand fan de l\u2019action et de la violence au cin\u00e9ma. C\u2019est pour cela que Thomas Edison a invent\u00e9 la cam\u00e9ra\u00a0<\/em>\u00bb, a pu d\u00e9clarer le r\u00e9alisateur Quentin Tarantino. L\u2019actuel chef de la Maison-Blanche baigne dans ce culte qui guide tous ses faits et gestes, y compris en \u00e9conomie.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois acteurs d\u2019une strat\u00e9gie globaleJean-Michel Valantin..\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Hollywood et le Pentagone\u2026 D\u2019un c\u00f4t\u00e9 la fabrication des \u00ab r\u00eaves \u00bb, mais [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8381,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"post-templates\/post_full.php","format":"standard","meta":{"two_page_speed":[],"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-8380","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-only-in-the-usa"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 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