{"id":6835,"date":"2017-12-18T19:18:52","date_gmt":"2017-12-18T18:18:52","guid":{"rendered":"http:\/\/jumelage.org\/francais\/?p=6835"},"modified":"2018-02-16T13:49:45","modified_gmt":"2018-02-16T12:49:45","slug":"le-western-classique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jumelage.org\/francais\/le-western-classique\/","title":{"rendered":"Le western classique"},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-custom ez-toc-container-direction\">\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/le-western-classique\/#Un-genre-liberal\" >Un genre lib\u00e9ral ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/le-western-classique\/#Mort-et-transfiguration\" >Mort et transfiguration<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/le-western-classique\/#Le-western-serait-il-du-genre-feminin\" >Le western serait-il du genre f\u00e9minin ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/le-western-classique\/#LIndien-une-figure-ambivalente-du-western\" >L\u2019Indien, une figure ambivalente du western<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong><span style=\"font-size: 28px;\">Le western classique<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<pre><em> Contrepoints - G\u00e9rard-Michel Thermeau \u2013 avril 2015 - nov 2017 - 10\/17\/24 d\u00e9c 2017<\/em><\/pre>\n<h4><\/h4>\n<h4><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Un-genre-liberal\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"font-size: 20px;\"><strong>Un genre lib\u00e9ral ?<\/strong><\/span><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 20px;\"><strong><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"font-size: 16px;\">Il est tentant de voir dans le western un genre lib\u00e9ral. Qu\u2019en est-il vraiment ?<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le western est un genre cin\u00e9matographique am\u00e9ricain par excellence, m\u00eame s\u2019il y eut des westerns fran\u00e7ais (au bon temps du cin\u00e9ma premier), allemands (choucroute familiale \u00e0 l\u2019ouest, pamphlets antiyankees \u00e0 l\u2019est), italiens, h\u00e9las, voire britanniques et m\u00eame australiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En coma avanc\u00e9 depuis 1970, le western ne cesse pourtant pas de survivre voire de rena\u00eetre de ses cendres. La t\u00e9l\u00e9vision a repris le flambeau de la s\u00e9rie B avec ses s\u00e9ries (de Gunsmoke \u00e0 Deadwood) et ses t\u00e9l\u00e9films. Des acteurs de renom continuent \u00e0 vouloir figurer un jour ou l\u2019autre dans un western sur grand \u00e9cran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>La fronti\u00e8re, th\u00e8me r\u00e9current du western<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Selon Pierre Berthomieu, un des meilleurs connaisseurs du cin\u00e9ma hollywoodien, \u00ab <em>le paysage d\u2019abord, et le paysage seul, d\u00e9finit un western. <\/em>\u00bb La plupart des westerns s\u2019ouvrent sur l\u2019image d\u2019un ou de cavaliers s\u2019inscrivant dans le paysage. Ce n\u2019est parfois qu\u2019un point minuscule soulignant ainsi l\u2019\u00e9crasante majest\u00e9 du cadre naturel comme dans le g\u00e9n\u00e9rique de Shane. \u00ab <em>C\u2019est un grand pays. La seule chose plus grande est le ciel.<\/em> \u00bb d\u00e9clare Jim Deakins, le h\u00e9ros de<em> La Captive aux yeux clairs<\/em> (<em>The Big Sky<\/em>, 1952, Howard Hawks). Les h\u00e9ros de l\u2019histoire, inspir\u00e9 par l\u2019exp\u00e9dition de Lewis et Clarke, doivent affronter les rapides, les moustiques, la pluie en remontant la Platte, la Cheyenne et la Yellowstone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le western est un genre g\u00e9ographique par excellence. Il raconte l\u2019avanc\u00e9e inexorable de la fronti\u00e8re, la civilisation mettant fin \u00e0 l\u2019\u00e9tat de nature. Fr\u00e9d\u00e9ric Jackson Turner avait lanc\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se en 1890 : l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis depuis les origines est l\u2019histoire de la fronti\u00e8re, ce point de rencontre entre le monde primitif et la civilisation, aux confins des r\u00e9gions habit\u00e9es. C\u2019est le recul continu d\u2019une zone de terres libres et vacantes. La fronti\u00e8re progresse par faim de terre et soif de libert\u00e9, dit Turner. Peu importe la pertinence de l\u2019hypoth\u00e8se de Turner, qui a subi bien des critiques savantes et argument\u00e9es : le western l\u2019a faite sienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est m\u00eame le titre d\u2019un film d\u2019Anthony Mann : <em>The Last Frontier<\/em> (en fran\u00e7ais <em>La charge des tuniques bleues<\/em>, 1955) o\u00f9 un vieux trappeur, Gus, exprime tout son m\u00e9pris des \u00ab <em>tuniques bleues<\/em> \u00bb, ces \u00e9missaires de la civilisation qui ne seront satisfaits tant qu\u2019ils n\u2019auront pas aval\u00e9 toutes les terres \u00e0 l\u2019ouest du Mississipi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le territoire du western ne se limite d\u2019ailleurs pas \u00e0 celui des actuels \u00c9tats-Unis : le h\u00e9ros de western traverse souvent la fronti\u00e8re mexicaine en g\u00e9n\u00e9ral, le Rio Grande en particulier, et un peu moins souvent le 49e parall\u00e8le. Mais c\u2019est aussi une expression de la \u00ab <em>destin\u00e9e manifeste<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fronti\u00e8re contribue, toujours selon Turner, \u00e0 fa\u00e7onner un nouveau type d\u2019homme qui n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec l\u2019Europ\u00e9en. Le pionnier est vigoureux, \u00e9nergique, d\u2019esprit pratique, et individualiste, m\u00e9fiant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019autorit\u00e9 et du pouvoir. Pour Nicole Gotteri \u00ab<em> libert\u00e9 et individualisme symbolisent en effet, le vieil Ouest mythique <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est donc tentant de voir dans le western, un genre libertarian-friendly. Qu\u2019en est-il exactement ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Les Indiens et le monde sauvage<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> \u00c0 l\u2019image des romans de Fenimore Cooper et de son h\u00e9ros, Natty Bumpo dit Hawkeye, dit Longue Carabine, dit Bas-de-Cuir, source d\u2019inspiration directe ou indirecte de nombreux films, le western ne cesse d\u2019osciller entre une nostalgie du paradis perdu et l\u2019exaltation de la Destin\u00e9e manifeste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du moins a-t-on longtemps fait des westerns ayant pour h\u00e9ros des Indiens. En revanche, les westerns \u00ab r\u00e9visionnistes \u00bb plus r\u00e9cents tant vant\u00e9s pour leur attitude pro-indienne (de L<em>ittle Big Man<\/em> \u00e0 <em>Danse avec les Loups<\/em>) sont centr\u00e9s sur des \u00ab h\u00e9ros \u00bb blancs. <em>Danse avec les loups <\/em>de Kevin Costner perp\u00e9tue d\u2019ailleurs la vision de Fenimore Cooper, opposant les nobles Sioux aux perfides Pawnees, fa\u00e7on de r\u00e9soudre la contradiction entre l\u2019image du Sauvage sanguinaire et celle du Noble Sauvage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conqu\u00eate de l\u2019Ouest implique la disparition de peuples et de modes de vie. Bon ou mauvais, l\u2019Indien est vou\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre. Dans les premiers temps du cin\u00e9ma muet, c\u2019est l\u2019image du bon sauvage victime de la civilisation corruptrice qui l\u2019emporte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, alterneront les films pr\u00e9sentant soit des \u00ab <em>bons Indiens <\/em>\u00bb soit des \u00ab <em>sauvages vicieux et peinturlur\u00e9s<\/em> \u00bb. Nombreux sont en effet les westerns classiques o\u00f9 la paix est menac\u00e9e par les machinations de blancs perfides. Mais comme le d\u00e9clare Luther S. Kelly (<em>Yellowstone Kelly<\/em> ou <em>Le G\u00e9ant du Grand Nord<\/em>, 1959, de Gordon Douglas), l\u2019Indien est comme un animal sauvage qu\u2019on ne peut apprivoiser : il tombe malade, meurt ou tente de s\u2019enfuir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le combat des Indiens est inutile : quoi qu\u2019ils fassent, ils vont perdre leurs terres. Ce message pessimiste est pr\u00e9sent dans de nombreux westerns : de la <em>Porte du Diable<\/em> de Mann \u00e0 <em>Bronco Apache<\/em> de Robert Aldrich.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019\u00e2ge d\u2019or du western, les r\u00f4les importants d\u2019Indiens sont g\u00e9n\u00e9ralement confi\u00e9s \u00e0 des acteurs aussi peu \u00ab indiens \u00bb que possible : Robert Taylor et ses yeux bleus, le rouquin Burt Lancaster, le blond Chuck Connors.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Le western : d\u00e9sert VS ville civilis\u00e9e<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le d\u00e9sert tient une place fondamentale dans le western o\u00f9 les r\u00e9f\u00e9rences bibliques sont l\u00e9gion. L\u2019acc\u00e8s au paradis terrestre passe par la travers\u00e9e d\u2019un interminable d\u00e9sert. Dans cet espace hostile par excellence, l\u2019homme se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame. Il doit y affronter le vent, les nuages de poussi\u00e8re, le manque d\u2019eau : les puits sont ass\u00e9ch\u00e9s, les sources se r\u00e9v\u00e8lent souill\u00e9es ou empoisonn\u00e9es, les gourdes ou les tonneaux cribl\u00e9s de balles voient le pr\u00e9cieux liquide s\u2019\u00e9couler irr\u00e9m\u00e9diablement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La nature est toujours cruelle dans le monde du western. D\u2019autres films ont pour cadre les \u00ab d\u00e9serts blancs \u00bb propres tout autant \u00e0 la folie : nombreux sont les \u00ab m\u00e9chants \u00bb qui y meurent de froid. Mais les \u00ab faibles \u00bb ou \u00ab ceux qui n\u2019ont pas de chance \u00bb sont tout autant condamn\u00e9s \u00e0 p\u00e9rir dans un environnement dur et une nature impitoyable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La civilisation, elle, s\u2019incarne d\u2019abord dans la \u00ab ville \u00bb, nom qui d\u00e9signe ordinairement une tr\u00e8s modeste bourgade, annonc\u00e9e par son linge flottant au vent et ses cochons. Les rues en sont ordinairement boueuses : des passerelles en bois se r\u00e9v\u00e8lent n\u00e9cessaires pour \u00e9viter de s\u2019y noyer (<em>La Diablesse en collant rose<\/em> de Cukor, 1960 ; <em>Le Grand Sam<\/em> de Hathaway, 1960).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle comporte un certain nombre de commerces traditionnels : le saloon, l\u2019h\u00f4tel, l\u2019atelier du mar\u00e9chal-ferrant, l\u2019\u00e9picerie, l\u2019\u00e9choppe du barbier (endroit dangereux propice aux attaques sournoises). En arrivant dans la petite ville, le premier geste des protagonistes est d\u2019entrer au saloon pour se rafra\u00eechir le gosier. Cette ville pionni\u00e8re voit aussi le d\u00e9cha\u00eenement de la violence : des cavaliers ivres passent au galop en tirant en l\u2019air.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu \u00e0 peu, la ville s\u2019\u00e9toffe. Une \u00e9glise est construite, des rues se cr\u00e9ent, des immeubles de belle allure s\u2019\u00e9difient, le centre-ville s\u2019oppose aux faubourgs, diverses activit\u00e9s se d\u00e9veloppent et de nouveaux services plus raffin\u00e9s : le journal, la bijouterie, le magasin de modes et l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette \u00e9volution n\u2019est pas toujours accept\u00e9e de gaiet\u00e9 de c\u0153ur. Dans <em>Young Billy Young<\/em> (Burt Kennedy, 1969), le patron du saloon de Lordsburg d\u00e9clare : \u00ab <em>Notre ville n\u2019a pas besoin de trottoirs, de messes et de lois<\/em> \u00bb. L\u2019entra\u00eeneuse de saloon dans <em>Frontier Marshall<\/em> d\u2019Allan Dwan voyant l\u2019ouverture d\u2019une caisse d\u2019\u00e9pargne comprend qu\u2019elle n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 faire ses bagages : quand les hommes commencent \u00e0 \u00e9conomiser, c\u2019en est fini pour elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La civilisation progresse aussi par l\u2019abandon des pendaisons publiques : autant ne plus pendre du tout, constate m\u00e9lancolique le juge Bean dans Roy Bean de John Huston.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Le cowboy est rarement un cowboy<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le combat entre pass\u00e9 et avenir s\u2019incarne aussi dans de nombreux westerns dans l\u2019affrontement entre \u00e9leveurs et fermiers. C\u2019est le combat des \u00ab gros \u00bb contre les \u00ab petits \u00bb, du b\u00e9tail contre la culture, de l\u2019espace ouvert contre le fil barbel\u00e9, de la grande propri\u00e9t\u00e9 \u00ab aristocratique \u00bb \u00e0 la communaut\u00e9 \u00ab d\u00e9mocratique \u00bb. Le \u00ab Land Baron \u00bb ou \u00ab Cattle Baron \u00bb, homme dur qui a su cr\u00e9er un vaste domaine contre les Indiens et les Mexicains et imposer sa loi au pays, n\u2019est pas toujours pr\u00e9sent\u00e9 n\u00e9gativement : c\u2019est un self made-man. Mais le ou les fils du grand \u00e9leveur se r\u00e9v\u00e8lent inf\u00e9rieurs, voire d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, trop g\u00e2t\u00e9s par leur paternel, dont ils n\u2019ont aucune des qualit\u00e9s, si ce n\u2019est l\u2019orgueil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le western prend toujours parti pour les petits fermiers contre les gros \u00e9leveurs qui s\u2019efforcent d\u2019accaparer l\u2019espace \u00e0 leur seul b\u00e9n\u00e9fice et s\u2019opposent au mouvement continu qui caract\u00e9rise la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. Le ma\u00eetre de la prairie s\u2019oppose en vain aux nouveaux venus qui, eux aussi, viennent r\u00e9aliser leur r\u00eave d\u2019ind\u00e9pendance. La d\u00e9faite des grands \u00e9leveurs marque aussi la fin de la loi de l\u2019Ouest au profit de l\u2019ordre l\u00e9gal venu de l\u2019Est.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le h\u00e9ros de la plupart des westerns est donc rarement un \u00ab cow-boy \u00bb au sens technique du terme : il est \u00e0 cheval, porte un chapeau et une arme mais l\u00e0 s\u2019arr\u00eate la ressemblance. Incarn\u00e9 par Gary Cooper, Randolph Scott ou John Wayne, il est cet homme rude, laconique, habit\u00e9 par le sens de l\u2019honneur et du devoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, le h\u00e9ros de western est un personnage plus complexe qu\u2019on ne l\u2019imagine. Sa morale est souvent particuli\u00e8re. Il ne s\u2019agit pas d\u2019\u00eatre juste, il s\u2019agit de rester en vie, comme le d\u00e9clare Yellowstone Kelly au jeune Ase Harper (dans <em>Le G\u00e9ant du grand Nord<\/em>, ndlr). Ce rude chasseur conna\u00eet bien la nature mais moins bien les gens. Il vit seul et la solitude n\u2019est pas une bonne chose lui apprend le jeune Ase Harper, qui ne conna\u00eet rien \u00e0 l\u2019ouest mais apporte son regard sensible de \u00ab pied tendre \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cow-boys \u00e0 proprement parler sont les employ\u00e9s des grands propri\u00e9taires de ranchs dans le cadre de l\u2019\u00e9levage extensif. <em>Red River<\/em> de Hawks ou <em>Cow-boy<\/em> de Delmer Daves donnent une image assez r\u00e9aliste d\u2019une activit\u00e9 aussi dure que monotone. Le d\u00e9placement du troupeau se d\u00e9roule selon un sch\u00e9ma immuable : travers\u00e9e du d\u00e9sert, temp\u00eate de sable, attaque de voleurs de chevaux et\/ou attaque d\u2019Indiens. Arrivant \u00e0 destination, le cow-boy s\u2019empresse de dilapider sa paye au saloon et dans les bras des prostitu\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cow-boy de western est souvent un personnage solitaire, sans le sou, illettr\u00e9, sale et incapable d\u2019exercer une autre activit\u00e9. La profession de foi de Rick (Joel McCrea) dans <em>The San Francisco Story<\/em> (<em>La Madone du d\u00e9sir <\/em>de Robert Parrish) exprime un individualisme farouche : \u00ab <em>Je ne suis \u00e0 personne, je vais droit devant moi au milieu des bagarres<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Le western pose la question fondamentale de la loi<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le h\u00e9ros de western est l\u2019homme libre, qui refuse les entraves (<em>The Big Sky<\/em>), qui se guide \u00e0 l\u2019aide d\u2019une \u00e9toile, se sent nu sans son arme et fuit les barbel\u00e9s (<em>L\u2019homme qui n\u2019a pas d\u2019\u00e9toile<\/em> de King Vidor) mais les progr\u00e8s de la civilisation le rendent obsol\u00e8te et font de lui un \u00e9ternel d\u00e9racin\u00e9. Dans <em>The Kentuckian <\/em>(B. Lancaster, 1955), l\u2019acteur r\u00e9alisateur incarne Eli qui, errant avec son jeune fils, est farouchement attach\u00e9 \u00e0 son ind\u00e9pendance et n\u2019est gu\u00e8re appr\u00e9ci\u00e9 dans les petites villes qu\u2019il traverse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00e0 l\u2019image de Natty Bumpo fuyant la civilisation, l\u2019homme de l\u2019Ouest contribue cependant \u00e0 sa progression toujours plus loin, \u00e0 l\u2019image de <em>Buffalo Bill<\/em> (Joel McCrea), ami des Indiens, qui participe \u00e0 leur extermination dans le film de W. Wellman en 1944.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rapport \u00e0 la loi n\u2019est pas simple dans les westerns. \u00ab<em> Individualistes par nature, mais solidaires par n\u00e9cessit\u00e9, les pionniers forment d\u00e9j\u00e0 une sorte de communaut\u00e9 ambulante qui a ses lois non \u00e9crites pour la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats vitaux <\/em>\u00bb (Nicole Gotteri). Notons le grand nombre d\u2019\u0153uvres qui reposent sur le th\u00e8me de la vengeance : c\u2019est, par exemple, le sch\u00e9ma de tous les westerns d\u2019Anthony Mann avec James Stewart. \u00ab <em>\u00c0 l\u2019Est, la loi se trouve dans les livres, \u00e0 l\u2019Ouest elle se porte \u00e0 la ceinture<\/em> \u00bb, d\u00e9clare au pied-tendre Willie Duggan, Liam (Rod Cameron), devenu hors-la-loi apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 spoli\u00e9 l\u00e9galement, (<em>Le Chasseur de primes<\/em>, <em>The Bounty Killer<\/em>, Gordon Bennet, 1965).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em> La loi c\u2019est comme l\u2019alcool,<\/em> d\u00e9clare le juge dans Run for Cover (\u00c0 l\u2019ombre des potences, 1955, Nicholas Ray)<em>, il ne faut pas en abuser la premi\u00e8re fois<\/em> \u00bb. Aussi, tend-il \u00e0 rel\u00e2cher les lyncheurs contre une faible amende. Le juge Prescott (<em>Frontier Gal<\/em>) trempe son doigt dans l\u2019alcool pour tourner les pages de son code de loi : il est vrai qu\u2019il a \u00e9lu domicile au saloon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pittoresque mais dangereux Roy Bean (1825-1903), \u00ab<em> la seule loi \u00e0 l\u2019ouest du Pecos<\/em> \u00bb, est incarn\u00e9 successivement par les talentueux Walter Brennan (<em>The Westerner<\/em>, William Wyler, 1940), Victor Jory (<em>A Time for dying <\/em>de Boetticher, 1969) et Paul Newman (<em>The Life and the Times of Judge Roy Bean<\/em> de John Huston, 1972) est le type m\u00eame du Hanging Judge. Edgar Buchanan a \u00e9galement camp\u00e9 le personnage dans la s\u00e9rie <em>Judge Roy Bean<\/em> (1956-1957) et Ned Beatty dans la minis\u00e9rie <em>Lonesome Dove<\/em>. En fait, Bean a \u00e9t\u00e9 plus ou moins confondu avec le terrible juge Parker de Fort Smith (<em>True Grit<\/em>, Henry Hathaway, 1969).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La loi peut prendre la figure douteuse du chasseur de primes, rarement sympathique dans le western. Les primes attach\u00e9es \u00e0 la t\u00eate des hors-la-loi refl\u00e8tent la logique du march\u00e9 : mais c\u2019est le plus mauvais produit qui est le plus cher remarque Willie Duggan (Dan Duryea) dans <em>The Bounty Killer<\/em>, de Spencer G. Bennet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019homme de la loi est parfois le \u00ab Town Tamer \u00bb, le redresseur de profession (<em>The Man with the Gun<\/em> de R. Wilson, 1955), parfois un comit\u00e9 de citoyens, des Vigilantes comme dans la Madone du plaisir : au capitaine J. Martin, le propri\u00e9taire du SF Journal qui exprime son d\u00e9sir de nettoyer la ville, l\u2019ancien milicien Rick (Joel McCrea) r\u00e9plique : peut-\u00eatre que les gens ne veulent pas d\u2019une ville propre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la loi est incarn\u00e9e le plus souvent dans les westerns par le sh\u00e9rif ou le marshal, traduit souvent par sheriff dans les versions fran\u00e7aises qui amalgament et m\u00e9langent all\u00e8grement marshal de ville, sh\u00e9rif du comt\u00e9 et marshal f\u00e9d\u00e9ral. Mais il n\u2019est pas toujours \u00e0 la hauteur de sa t\u00e2che : nombreux sont les repr\u00e9sentants de l\u2019ordre trop \u00e2g\u00e9s, corrompus, l\u00e2ches, incomp\u00e9tents. Gary Cooper, au physique creus\u00e9 par la maladie, campe la figure fragile d\u2019un repr\u00e9sentant de la loi abandonn\u00e9 de tous (<em>High Noon<\/em>, Fred Zinneman 1952) auquel r\u00e9pond l\u2019assurance un peu trop appuy\u00e9e de John Wayne dans <em>Rio Bravo <\/em>de Howard Hawks (1959).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis, on passe facilement d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre de la loi : les Dalton n\u2019ont-ils pas \u00e9t\u00e9 marshals avant d\u2019\u00eatre bandits ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Western cr\u00e9pusculaire<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> La d\u00e9gradation des h\u00e9ros de western est \u00e0 l\u2019image d\u2019un genre qui a perdu son innocence, <em>Little Big Man <\/em>(Arthur Penn, 1970), grand film mais f\u00e9roce satire des mythes westerniens, est pass\u00e9 par l\u00e0. D\u00e9sormais le ton du western sera cr\u00e9pusculaire m\u00eame si un Clint Eastwood poursuivra une certaine tradition lib\u00e9rale du western. Mais c\u2019est un autre sujet pour un autre article.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le western a privil\u00e9gi\u00e9 le personnage historique de Wyatt Earp. John Ford en a dessin\u00e9 la silhouette id\u00e9ale dans <em>My Darling Clementine<\/em> (1946). Henry Fonda, aussi adroit au revolver qu\u2019il est gauche avec les dames, est un h\u00e9ros modeste au service de la communaut\u00e9. Dans <em>Washita<\/em> (Jacques Tourneur), Joel McCrea campe un h\u00e9ros discret devenu marshal par hasard, ayant assomm\u00e9 un cowboy trop violent. Randolph Scott (<em>Du sang sur la piste<\/em>, Ray Enright) est un Earp bien habill\u00e9 et flegmatique, qui r\u00eave d\u2019\u00eatre \u00e9crivain et finit par se lancer dans le journalisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>R\u00e8glement de comptes \u00e0 OK Corral<\/em> (1957, John Sturges), montre les fr\u00e8res Earp comme des entrepreneurs de la justice : ils sont sh\u00e9rifs \u00e0 Dodge City, Tombstone et Deadwood. D\u00e9j\u00e0 le mythe se ternit : <em>OK Corral <\/em>tourne au r\u00e8glement de comptes personnel. L\u2019orgueil familial passe avant la loi. L\u2019affrontement tourne \u00e0 la boucherie r\u00e9pugnante. Dans le long et morne <em>Wyatt Earp<\/em> (Laurence Kasdan, 1994), Kevin Costner campe un homme froid, misogyne et brutal qui tente, vainement, d\u2019\u00e9chapper \u00e0 un destin de policier et de tenancier.<\/p>\n<h4><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Mort-et-transfiguration\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><span style=\"font-size: 20px;\"><strong>Mort et transfiguration<\/strong><\/span><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> <span style=\"font-size: 16px;\">\u00c0 l\u2019\u00e2ge d\u2019or du western, de la fin des ann\u00e9es 1930 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, succ\u00e8de une p\u00e9riode de doutes et de remise en question dans les ann\u00e9es 1960-1970. Mort et transfiguration pour un genre qui ne devait plus cesser de mourir pour rena\u00eetre de temps \u00e0 autre.<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><strong>Le western entre r\u00e9visionnisme et nostalgie<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Little Big Man<\/em> (Arthur Penn, 1970) marque une date fondamentale dans l\u2019histoire du western. Dans une des plus fameuses s\u00e9quences du film, le 7e de cavalerie attaque au petit matin un campement cheyenne sur les bords de la Washita au son de Gary Owen.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Le massacre \u00e9voqu\u00e9 renvoyait de fa\u00e7on explicite pour les spectateurs de 1970 au massacre des civils vietnamiens par des soldats am\u00e9ricains \u00e0 My Lai. La guerre du Viet-Nam voyait sombrer une certaine image que l\u2019Am\u00e9rique s\u2019\u00e9tait faite d\u2019elle-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Le western, de la c\u00e9l\u00e9bration de la conqu\u00eate d\u2019un espace, devenait le lieu de la d\u00e9nonciation d\u2019une conqu\u00eate brutale et sans piti\u00e9 entra\u00eenant l\u2019extermination des populations am\u00e9rindiennes. Le western devenait r\u00e9visionniste, reflet de la mauvaise conscience de l\u2019Am\u00e9rique de la part d\u2019artistes et intellectuels progressistes (de Soldat bleu \u00e0 Danse avec les loups) creusant ainsi sa tombe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">On est frapp\u00e9 par la nostalgie qui impr\u00e8gne de nombreux westerns r\u00e9alis\u00e9s entre la fin des ann\u00e9es 60 et le milieu des ann\u00e9es 70. La mode des g\u00e9n\u00e9riques constitu\u00e9s de photographies renforce ce caract\u00e8re, confrontant les images de l\u2019ouest authentique \u00e0 celles du western finissant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les acteurs de western encore vivants ont pris un terrible coup de vieux. Dans un petit film de s\u00e9rie B assez fauch\u00e9, un des derniers du genre (<em>The Bounty Killer<\/em>, Spencer Gordon Bennet, 1965), l\u2019Ouest ne para\u00eet plus peupl\u00e9 que de repr\u00e9sentants du troisi\u00e8me \u00e2ge.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Broncho Billy Anderson, ex star du muet, a m\u00eame quelques lignes de dialogue pour regretter la maladresse au lancer de couteau du malfrat jou\u00e9 par Buster Crabbe, ex gloire du serial des ann\u00e9es 30. Rod Cameron, h\u00e9ros de s\u00e9ries B des ann\u00e9es 40-50, joue un bandit au grand c\u0153ur. Et Dan Duryea, \u00e2g\u00e9 de 58 ans, a du mal \u00e0 nous persuader qu\u2019il est un jeune et na\u00eff pied-tendre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Surtout nombre de ces westerns se situent apr\u00e8s 1890. La fronti\u00e8re a disparu, c\u2019est le r\u00e8gne des premi\u00e8res automobiles et de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Dans<em> Dead of a Gunfighter<\/em> (<em>Une poign\u00e9e de plombs<\/em>, Don Siegel, 1969) Richard Widmark campe un sh\u00e9rif vieillissant qui doit prendre ses lunettes pour lire la lettre qui le r\u00e9voque. Dans une chaleur \u00e9touffante, les notables de la ville, qui transpirent surtout de l\u00e2chet\u00e9, vont tout faire pour se d\u00e9barrasser de ce repr\u00e9sentant encombrant de l\u2019ancien temps qui sait trop de choses sur trop de monde. Apr\u00e8s de multiples \u00e9checs, les habitants vont devoir se r\u00e9soudre \u00e0 faire le sale boulot eux-m\u00eames en criblant de balles leur sh\u00e9rif.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Mais les derniers westerns de John Wayne sont sans doute encore plus symboliques. Le grand gaillard juv\u00e9nile et gauche conduisant les pionniers vers un avenir meilleur de <em>The Big Trail <\/em>(Raoul Walsh, 1930) est devenu un vieux sh\u00e9rif grognon, borgne et bedonnant dans <em>True Grit<\/em> (Henry Hathaway, 1969). Il est tu\u00e9 aux 2\/3 du film <em>The cowboys<\/em> (Mark Rydell, 1972, titr\u00e9 en fran\u00e7ais <em>John Wayne et les cow-boys<\/em> !!) et ce sont les jeunes adolescents qu\u2019il a form\u00e9s qui vont le venger.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>The shootist<\/em> de Don Siegel (1976), magnifiquement titr\u00e9 en fran\u00e7ais, <em>Le Dernier des g\u00e9ants<\/em>, met en sc\u00e8ne la mort cin\u00e9matographique et mythique de l\u2019acteur peu avant sa mort r\u00e9elle : le film ne s\u2019ouvre-t-il pas par l\u2019annonce de la mort de Victoria, symbole de toute une \u00e9poque ? Hommage \u00e0 John Ford, Wayne arbore moustache et mouche comme dans Rio Grande. James Stewart, John Carradine et Richard Boone l\u2019entourent pour cette ultime prestation sous le regard \u00e9merveill\u00e9 de la jeune g\u00e9n\u00e9ration incarn\u00e9e par Ron Howard.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><strong>Sergio Leone et le western spaghetti<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Les Italiens \u00e9tant les rois europ\u00e9ens de la contrefa\u00e7on cin\u00e9matographique ne pouvaient manquer de se pencher sur le western. Sergio Leone devait commencer de fa\u00e7on curieuse en plagiant sans vergogne un film de Kurosawa. <em>Le Garde du corps<\/em>, chambara avec Toshiro Mifune (1961), devint, \u00e0 peine modifi\u00e9, <em>Pour une poign\u00e9e de dollars<\/em> (1965) avec Clint Eastwood. Le ma\u00eetre japonais avait, il est vrai, plac\u00e9 son film sous le signe du western.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Leone ne se contentait pas de copier une bonne histoire, qui d\u00e9veloppait l\u2019id\u00e9e d\u2019un relativisme moral<span style=\"text-decoration: underline;\">,<\/span> il devait largement s\u2019inspirer du style kurosawien qui opposait de longs moments contemplatifs \u00e0 des explosions de violence sauvage.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il \u00e9tait une fois dans l\u2019ouest<\/em> (1968), dont le titre traduisait toute l\u2019ambition, croisait deux th\u00e8mes classiques du western, la vengeance et l\u2019avanc\u00e9e in\u00e9luctable de la civilisation, dans le d\u00e9cor majestueux de Monument Valley, car c\u2019est bien de d\u00e9cor qu\u2019il s\u2019agissait. Dans <em>Le bon, la brute et le truand<\/em> (1966), le d\u00e9cor \u00e9tait fourni par la Guerre civile dont des \u00e9pisodes guerriers \u00e9taient plac\u00e9s de fa\u00e7on fantaisiste dans le sud-ouest.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les longues sc\u00e8nes purement statiques soutenues par la musique, avec les fameux tr\u00e8s gros plans sur les yeux, g\u00e9n\u00e9ralement bleus, des personnages, soulignent la <u>dimension op\u00e9ratique<\/u>, et donc profond\u00e9ment italienne, de la mise en sc\u00e8ne chez Leone. L\u2019affrontement final dans <em>Le Bon, la Brute et le Truand <\/em>en est le meilleur t\u00e9moignage.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">\u00c0 la diff\u00e9rence d\u2019un western classique comme<em> Winchester 73<\/em> (Anthony Mann, 1950), par exemple, ancr\u00e9 dans un cadre historique tr\u00e8s pr\u00e9cis (le centenaire de l\u2019Ind\u00e9pendance, Little Big Horn) et o\u00f9 la qu\u00eate du h\u00e9ros s\u2019inscrivait dans un itin\u00e9raire g\u00e9ographique non moins coh\u00e9rent (de Dodge City \u00e0 Tascosa), l\u2019Ouest chez Leone est un espace purement exotique. Il peint l\u2019Ouest comme Bizet l\u2019\u00eele de Ceylan dans <em>Les p\u00eacheurs de perles <\/em>ou Delibes l\u2019Inde dans <em>Lakm\u00e9<\/em>, d\u2019o\u00f9 l\u2019importance primordiale de la musique d\u2019Ennio Morricone, \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de la r\u00e9ussite de ces films.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">La guerre civile am\u00e9ricaine, au c\u0153ur de l\u2019histoire am\u00e9ricaine comme la nouvelle \u00ab Naissance d\u2019une nation \u00bb (titre du c\u00e9l\u00e8bre film de Griffith, 1915), est d\u00e9pourvue de signification pour des Europ\u00e9ens. Leone ne pense pas \u00e0 Gettysburgh quand il peint l\u2019extraordinaire s\u00e9quence du pont, mais \u00e0 Caporetto. C\u2019est l\u2019ombre des deux guerres mondiales qui plane sur <em>Le Bon, la Brute et le Truand<\/em>, introduisant une r\u00e9flexion, certes int\u00e9ressante, mais qui n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec celle du western classique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">La gratuit\u00e9 et l\u2019arbitraire des situations, l\u2019irr\u00e9alisme profond des sc\u00e8nes d\u2019affrontement, qui devait sombrer dans la surench\u00e8re et le n\u2019importe quoi chez ces \u00e9pigones, le s\u00e9parent fondamentalement du western classique : dans ce dernier, le h\u00e9ros a beau \u00eatre plus fort que ses adversaires (sinon, il ne serait pas le h\u00e9ros), il est n\u00e9anmoins un \u00eatre humain avec ces limites et ses faiblesses, non cette figure impassible et surhumaine dessin\u00e9e par Clint Eastwood et repris jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement parodique par la suite dans tant de productions italiennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Phil Hardy, dans sa bible sur le western, souligne que le western spaghetti repose sur une formule tr\u00e8s st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e combinant film d\u2019espionnage et p\u00e9plum qu\u2019il r\u00e9sume par la formule : James Bond + Hercule = l\u2019Homme sans nom.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les westerns spaghettis, tourn\u00e9s en Espagne (si l\u2019on excepte<em> Il \u00e9tait une fois<\/em>), avec des acteurs italiens, espagnols et fran\u00e7ais ou des acteurs am\u00e9ricains, souvent de troisi\u00e8me ordre (Lee Van Cleef), mettent en sc\u00e8ne des arch\u00e9types (les Django, Sabata et autres h\u00e9ros anonymes) dans un Sud-Ouest tr\u00e8s mexicanis\u00e9, voient se multiplier avalanches de cadavres, jets d\u2019h\u00e9moglobines et tr\u00e8s vite tournent \u00e0 la parodie, au point qu\u2019un Terence Hill fera carri\u00e8re sur ce seul registre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les seuls westerns italiens qui d\u00e9livrent un message le font dans une approche antilib\u00e9rale. Venant de l\u2019extr\u00eame gauche, les r\u00e9alisateurs projettent sur leurs histoires, situ\u00e9es dans un Mexique de convention, leurs fantasmes tiers-mondistes : Tomas Milian, acteur d\u2019origine cubaine, barbu, \u00e9ventuellement coiff\u00e9 du b\u00e9ret, est un Che Guevara prol\u00e9taris\u00e9 et id\u00e9alis\u00e9, dans une optique r\u00e9volutionnaire qui annonce le cr\u00e9puscule des Gringos.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><strong>La spaghettisation du western am\u00e9ricain, v\u00e9rification de la loi de Gresham<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Les westerns am\u00e9ricains, de plus en plus souvent tourn\u00e9s en Espagne, vont adopter notamment la <u>surench\u00e8re de violence<\/u> : l\u2019exemple le plus r\u00e9ussi \u00e9tant sans doute <em>La Horde sauvage<\/em> de Peckinpah, cin\u00e9aste original mais \u00e0 la narration ordinairement confuse, dont le film s\u2019ach\u00e8ve dans un massacre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">L\u2019exemple le plus ridicule de ces westerns spaghettis\u00e9s est donn\u00e9 par <em>L\u2019or de McKenna<\/em> (Jack Lee Thompson, 1969). Le sc\u00e9nario pourrait d\u2019ailleurs \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 avec profit dans les \u00e9coles de cin\u00e9ma comme l\u2019exemple de ce qu\u2019il ne faut surtout pas faire : interminable introduction verbeuse, improbable commentaire en voix off qui essaie de nous faire comprendre ce qui se passe, accumulation de personnages dont on ne sait quoi faire et que l\u2019on fait tuer en masse un quart d\u2019heure plus tard, apparition et disparition al\u00e9atoire des Apaches et de la cavalerie, final d\u2019une b\u00eatise rarement atteinte. \u00c0 moins que le film n\u2019ait servi \u00e0 financer l\u2019hospice des vieux acteurs hollywoodiens, on ne comprend gu\u00e8re l\u2019int\u00e9r\u00eat de rassembler Burgess Meredith, Lee J. Cobb, Edward G. Robinson pour les r\u00e9duire \u00e0 la condition de figurants hagards.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Ainsi \u00e9tait v\u00e9rifi\u00e9e une fois de plus la loi de Gresham : la mauvaise monnaie chasse la bonne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Mais le western spaghetti n\u2019a eu un effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re que dans la mesure o\u00f9 <u>le western am\u00e9ricain \u00e9tait moribond<\/u>. Pas plus que les barbares n\u2019ont d\u00e9truit Rome, les Italiens n\u2019ont d\u00e9truit le western am\u00e9ricain. En fait, la fin des ann\u00e9es 60 voit la mort du syst\u00e8me traditionnel des studios. La t\u00e9l\u00e9vision contribuait \u00e0 faire dispara\u00eetre la s\u00e9rie B dont Audie Murphy fut la derni\u00e8re star. La production de masse laissait d\u00e9sormais la place \u00e0 un nombre de films plus co\u00fbteux et moins nombreux. Le western, genre identifi\u00e9 \u00e0 la s\u00e9rie B, migrait donc essentiellement vers le nouveau m\u00e9dia o\u00f9 se multipliaient les s\u00e9ries dans lesquelles seconds r\u00f4les vieillissants (Ward Bond) et petits jeunes ambitieux (Steve McQueen) se c\u00f4toyaient. Les go\u00fbts du public des salles obscures, d\u00e9sormais majoritairement juv\u00e9nile, avaient chang\u00e9 : <u>l<\/u>e western paraissait ringard tandis que montaient en puissance le film policier, le film d\u2019horreur et la science-fiction. La disparition du Code Hays, qui avait longtemps \u00e9dulcor\u00e9 la repr\u00e9sentation de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9cran, a jou\u00e9 aussi son r\u00f4le.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><strong>Et Clint Eastwood vint<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le principal titre de gloire de Leone est peut-\u00eatre d\u2019avoir lanc\u00e9 la carri\u00e8re de Eastwood. Il appartenait \u00e0 cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration venue au cin\u00e9ma par la t\u00e9l\u00e9vision. Clint Eastwood avait \u00e9t\u00e9 le h\u00e9ros d\u2019une s\u00e9rie TV western, <em>Rawhide<\/em> (1959) avant d\u2019\u00eatre appel\u00e9 par Leone. Sa carri\u00e8re am\u00e9ricaine \u00e9tait lanc\u00e9e et il devait \u00eatre le dernier acteur de premier plan associ\u00e9 au western, genre auquel il est rest\u00e9 fid\u00e8le jusqu\u2019\u00e0 une date avanc\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">L\u2019acteur va vite se faire r\u00e9alisateur. Si les westerns d\u2019Eastwood subissent l\u2019influence du western spaghetti et du western r\u00e9visionniste, ils s\u2019inscrivent de nouveau fermement dans une <u>mythologie am\u00e9ricaine<\/u>. <em>The Outlaw Josey Wales<\/em> est peut-\u00eatre le plus repr\u00e9sentatif : tourn\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e que le dernier western de John Wayne, il ne respire ni la nostalgie ni la d\u00e9rision.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">L\u2019histoire commence au Missouri et s\u2019ach\u00e8ve au Texas, pendant et apr\u00e8s la guerre civile, la g\u00e9ographie et l\u2019histoire imprimant leur marque \u00e0 l\u2019action. Paisible fermier, Wales voit sa ferme br\u00fbl\u00e9e, sa femme et son fils tu\u00e9s, lui-m\u00eame laiss\u00e9 pour mort par les Redlegs du Kansas, francs-tireurs pillards qui se r\u00e9clament de l\u2019Union. Il s\u2019engage dans la sinistre milice d\u2019Anderson dit Bloody Bill qui joue le m\u00eame r\u00f4le pour le compte de la Conf\u00e9d\u00e9ration. Avec la d\u00e9faite du Sud, Josey Wales refuse de se soumettre, d\u00e9but d\u2019une longue errance.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">S\u2019il reprend la figure taciturne et invincible de sa p\u00e9riode italienne, Josey Wales appartient cependant \u00e0 la tradition westernienne : h\u00e9ros individualiste qui refuse de se soumettre, ne vivant plus que pour la vengeance, il finit par trouver l\u2019amiti\u00e9 et l\u2019amour avec une fille de l\u2019autre camp apr\u00e8s une longue qu\u00eate sanglante. Le monde politique est pr\u00e9sent\u00e9 sous un angle peu rago\u00fbtant au travers du personnage de l\u2019ignoble s\u00e9nateur qui fait massacrer les francs-tireurs du Missouri, du drolatique r\u00e9cit du voyage de Lone Watie \u00e0 Washington ou du dialogue entre Wales et le chef indien.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Le h\u00e9ros s\u2019entend mieux avec les Indiens qu\u2019avec les Blancs : il tue beaucoup tout au long du film mais aucun peau-rouge ne figure dans le nombre. Chief Dan George campe, par ailleurs, la pittoresque figure d\u2019un indien civilis\u00e9 qui apporte une note comique dans un film assez sombre. La petite communaut\u00e9 qui se constitue \u00e0 la fin du film m\u00ealant jeunes et vieux, Blancs, Indiens et Mexicains, marque enfin le triomphe de la vie sur la mort. La solitude du h\u00e9ros \u00e9tait le fruit des circonstances et, sans l\u2019avoir cherch\u00e9 mais sans la refuser non plus, il finit par accepter la compagnie de ceux qu\u2019il a sauv\u00e9s et qui l\u2019aident \u00e0 leur tour dans le r\u00e8glement de comptes final. <\/span><\/p>\n<h4><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le-western-serait-il-du-genre-feminin\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><span style=\"font-size: 20px;\"><strong>Le western serait-il du genre f\u00e9minin ?<\/strong><\/span><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>En d\u00e9pit de l\u2019imagerie virile associ\u00e9e au western, ce genre donne souvent la part belle au deuxi\u00e8me sexe. Le western f\u00e9minin n\u2019est pas une vue de l\u2019esprit.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Les deux antagonistes sont face \u00e0 face, l\u2019arme au poing, pr\u00eats \u00e0 faire feu. Le gunfight final, indispensable \u00e0 tout western. Seulement il s\u2019agit ici non de rudes cow-boys mais de deux femmes. Cette s\u00e9quence ne sort pas d\u2019un obscur nanar mais d\u2019un classique du western, <em>Johnny Guitar<\/em> (1954) de Nicholas Ray. En d\u00e9pit de l\u2019imagerie virile associ\u00e9e au western, ce genre donne souvent la part belle au deuxi\u00e8me sexe. Le western f\u00e9minin n\u2019est pas une vue de l\u2019esprit.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Dans <em>Red River<\/em> (<em>La rivi\u00e8re rouge<\/em>) d\u2019Howard Hawks n\u2019est-ce pas la douce h\u00e9ro\u00efne qui vient, \u00e0 coups de revolver, calmer l\u2019humeur belliqueuse de John Wayne et Montgomery Clift se battant comme des chiffonniers ? Histoire de rappeler sans doute que le plus souvent le cale\u00e7on s\u2019incline devant le jupon. Le western serait-il donc du genre f\u00e9minin ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Voici en tout cas un libre parcours dans l\u2019univers du western classique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Fianc\u00e9e, \u00e9pouse ou m\u00e8re, la destin\u00e9e de la femme dans le western ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Chez John Ford, le grand ma\u00eetre du western, la femme est, \u00e0 n\u2019en pas douter, cantonn\u00e9e \u00e0 son r\u00f4le traditionnel. Pilier de la communaut\u00e9 mais pilier discret, elle est indispensable au bal, ce moment r\u00e9conciliateur. Jeune fille, elle tourne la t\u00eate des jeunes officiers (<em>She wore a yellow ribbon, La charge h\u00e9ro\u00efque<\/em>, 1949), \u00e9pouse, elle regarde les hommes partir se battre ou revenir du combat. Elle assure avant tout la douceur du foyer, douceur interdite \u00e0 Ethan, le h\u00e9ros solitaire qui ne fait que passer (<em>The Searchers, La Prisonni\u00e8re du d\u00e9sert,<\/em> 1956).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Cette vision n\u2019est pas propre \u00e0 Ford. Ainsi apparait-elle \u00e9galement sous les traits de Kati Jurado (<em>Broken Lance, La lance bris\u00e9e<\/em>, 1954, Edward Dmytryk) ou de Lilian Gish (<em>Unforgiven, Le Vent de la Plaine<\/em>, 1960, John Huston). Elle est la m\u00e8re v\u00e9n\u00e9r\u00e9e. Les \u00e9pouses ou fianc\u00e9es sont souvent encore plus effac\u00e9es. Elles se tiennent toujours \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan m\u00eame si elles motivent les actions des protagonistes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">La femme peut se voir ainsi comme accessoire, moins importante qu\u2019un cheval selon l\u2019interpr\u00e9tation d\u00e9lirante donn\u00e9e au sujet par Jean-Louis Bory. Le western confirmerait son statut de genre macho et misogyne d\u00e9crit par tant de critiques qui red\u00e9couvrent la lune tous les six mois. Les choses ne sont pas si simples.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Entra\u00eeneuse ou institutrice ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Il y a deux m\u00e9tiers possibles pour une femme dans l\u2019Ouest fait remarquer tante Abigail (<em>Frontier Gal, La Taverne du Cheval Rouge<\/em>, Charles Lamont, 1945) : l\u2019un respectable, institutrice, l\u2019autre non respectable, entra\u00eeneuse de saloon. Le h\u00e9ros, le fade Rod Cameron, est partag\u00e9 entre la blonde et insignifiante institutrice et la brune et volcanique Lorena Dumont (Yvonne de Carlo). Le sc\u00e9nario s\u2019inspire de La M\u00e9g\u00e8re apprivois\u00e9e : le mariage de Johnny et Lena \u00e9tant suivi d\u2019affrontements o\u00f9 la moindre porcelaine sert de projectile \u00e0 l\u2019irascible \u00e9pouse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Au d\u00e9but de <em>Winchester 73<\/em>, l\u2019entraineuse est expuls\u00e9e de Dodge City par Wyatt Earp \u00e0 la demande des dames respectables de la cit\u00e9. Ce personnage, v\u00e9ritable clich\u00e9 westernien, se retrouve chez Ford (Stagecoach) comme chez Preminger (<em>Rivi\u00e8re sans retour <\/em>avec Marylin Monroe). La prostitu\u00e9e au grand c\u0153ur aidant l\u2019accouchement de la respectable \u00e9pouse ou s\u2019occupant du jeune orphelin est la figure f\u00e9minine par excellence du western. Duel dans la boue (<em>These Thousand Hills<\/em>, Richard Fleischer, 1959), voit Callie, l\u2019entra\u00eeneuse amoureuse sans espoir, contribuer \u00e0 l\u2019ascension sociale de l\u2019ambition cow-boy Lat Evans (Don Murray).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Le Code Hays s\u2019effa\u00e7ant, l\u2019entra\u00eeneuse se transforme plus explicitement en patronne de bordel. Le sh\u00e9riff vieillissant de <em>Dead of a Gunfighter (Une poign\u00e9e de plomb,<\/em> 1969) de Don Siegel ne vit-il pas avec une dame exer\u00e7ant cette ancienne profession ? Le fait qu\u2019elle soit noire de surcro\u00eet n\u2019am\u00e9liore pas la faible cote de popularit\u00e9 du h\u00e9ros.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><strong>L<\/strong><strong>es com\u00e9diennes<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Les com\u00e9diennes sont des personnages proches, par leur mauvaise r\u00e9putation, des entra\u00eeneuses. Lily Langtry, comme le savent tous les lecteurs de Lucky Luke, fit fantasmer le fameux juge Roy Bean. Elle n\u2019est d\u2019ailleurs gu\u00e8re plus qu\u2019un fantasme dans les westerns. Chez Wyler (<em>The Westerner<\/em>, 1940), elle le conduit \u00e0 sa perte et \u00e0 la mort. Dans le film de John Huston, le juge se contente de couvrir les murs des affiches de sa bien-aim\u00e9e dont il suit la carri\u00e8re par la lecture du New York Times.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Une autre fameuse com\u00e9dienne peut \u00eatre signal\u00e9e. Lola Montes (Yvonne de Carlo), en tourn\u00e9e dans l\u2019ouest, s\u2019arr\u00eate \u00e0 Sacramento. Elle fascine le distingu\u00e9 Black Bart de George Sherman (1948), interpr\u00e9t\u00e9 par Dan Duryea. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 coiffer le haut de forme pour montrer qu\u2019il est homme du monde, du moins quand il ne d\u00e9valise pas les diligences.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses figures historiques, \u00e9voquons un personnage de fiction mais dont Sofia Loren donne une interpr\u00e9tation toute charnelle. La diablesse en collant rose de George Cukor (<em>Heller in pink tights,<\/em> 1960) suit ainsi une petite troupe itin\u00e9rante dans l\u2019Ouest. Le film, m\u00ealant la com\u00e9die au western, est enti\u00e8rement centr\u00e9e sur son personnage f\u00e9minin.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><strong>Des personnages \u00e0 part enti\u00e8re<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Raoul Walsh, cin\u00e9aste viril associ\u00e9 au film d\u2019aventures, a toujours r\u00e9serv\u00e9 une place de choix \u00e0 ses personnages f\u00e9minins. Dans <em>Colorado Territory (La Fille du d\u00e9sert,<\/em> 1949), le hors-la-loi Wes McQueen (Joel McCrea) s\u2019illusionne un moment en esp\u00e9rant conna\u00eetre l\u2019amour avec une jeune fille bien sous tout rapport. Mais il va trouver son destin avec Colorado (Virginia Mayo) en qui il reconna\u00eet la partenaire absolue. Superbe avec sa chevelure d\u00e9bordante, son corsage qui d\u00e9couvre une \u00e9paule nue, elle n\u2019est pas simplement un fantasme masculin. Refusant de trahir celui qu\u2019elle aime, elle crache au visage du sh\u00e9riff et tombe, l\u2019arme \u00e0 la main, cribl\u00e9e de balles. Le plan des mains enlac\u00e9es des deux amants dans le sable du d\u00e9sert conclut ce western flamboyant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><em>Duel in the Sun<\/em> (1946) de King Vidor, mais davantage de son producteur David O. Selznick, offre par son c\u00e9l\u00e8bre final des \u00e9l\u00e9ments de comparaison. Pearl (Jennifer Jones), objet du d\u00e9sir, porte malheur \u00e0 tous les hommes qui l\u2019entourent. Ce western baroque ou kitsch, question de point de vue, tourne autour des rapports tourment\u00e9s de son h\u00e9ro\u00efne avec les autres. Elle finit par tirer sur le vil Lewt (Gregory Peck) mais, agonisante, rampe pour mourir \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><strong>Des westerns f\u00e9minins<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Convoi de femmes (Westward the Women<\/em>, 1951) de Wellman a innov\u00e9 en son temps. En compagnie de son boss, un vieil homme, et d\u2019un cuisinier japonais minuscule, Robert Taylor doit convoyer 150 femmes jusqu\u2019\u00e0 une vall\u00e9e californienne peupl\u00e9e uniquement d\u2019hommes. Le film s\u2019inscrit dans la tradition du convoi de pionniers. Il n\u2019y manque ni la descente de chariot le long d\u2019une pente raide \u00e0 l\u2019aide d\u2019un treuil, ni l\u2019orage torrentiel, ni la travers\u00e9e du d\u00e9sert. Mais l\u2019attaque indienne est habilement \u00e9lud\u00e9e : apr\u00e8s une premi\u00e8re tentative qui tourne court, les Indiens attendent que le h\u00e9ros soit ailleurs pour faire leur seconde tentative. Occup\u00e9 \u00e0 rattraper une Fran\u00e7aise qui s\u2019est enfuie et ne lui est pas indiff\u00e9rent, il revient trop tard et d\u00e9couvre, impuissant, les r\u00e9sultats du combat.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Ce sont donc avant tout les forces de la nature que doivent affronter ces femmes qui se d\u00e9pouillent peu \u00e0 peu de leurs \u00ab froufrous \u00bb f\u00e9minins pour adopter une allure toujours plus masculine. Elles sont amen\u00e9es \u00e0 conduire les attelages, encadrer le troupeau, faire le coup de feu. \u00c0 ce jeu, l\u2019impressionnante Hope Emerson d\u00e9passe tout le monde d\u2019une t\u00eate. Vers la fin du film, une petite troupe de cavaliers r\u00e9solus se dirige vers R. Taylor qui conduit une voiture pleine de tissus. Aussit\u00f4t ces rudes cowboys se rappellent de leur \u00ab sexe \u00bb. Ils se m\u00e9tamorphosent en femmes se disputant les chiffons comme au premier jour des soldes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Le th\u00e8me est repris en mineur par <em>The Guns of Fort Petticoat (Le fort de la derni\u00e8re chance<\/em>, 1957) de George Marshall avec Audie Murphy. Officier d\u00e9serteur, il entraine des Texanes pour r\u00e9sister \u00e0 une r\u00e9volte indienne alors que les hommes sont \u00e0 la guerre : nous sommes \u00e0 la fin de la Guerre civile en 1864.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Une autre variation constitue le sujet de <em>The Secret of Convict Lake (L\u2019\u00e9nigme du lac noir<\/em>, Michael Gordon, 1951). Un groupe de femmes se trouvent confront\u00e9 \u00e0 des bagnards \u00e9vad\u00e9s. Les maris, mineurs partis extraire de l\u2019argent, ont laiss\u00e9 leurs \u00e9pouses et filles dans ce hameau perdu dans les montagnes du Nevada. Le groupe sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019une matriarche paralys\u00e9e (Ethel Barrymore) devra surmonter ce d\u00e9fi.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><strong>Le gar\u00e7on manqu\u00e9 ou la femme \u00e9mancip\u00e9e de l\u2019Ouest<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Dans <em>West of the Pecos<\/em> (Edward Killy, 1945), Rill (Barbara Hale), fille du colonel Lambeth, arrivant de Chicago habill\u00e9e comme une dame est prise pour une entra\u00eeneuse. Elle d\u00e9cide donc de s\u2019habiller en homme. Le brave Pecos (Robert Mitchum) s\u2019imagine qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un adolescent (quelque peu troublant) dans une variation mineure du Sylvia Scarlett de Cukor.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Bref, la jeune femme prend souvent des allures de gar\u00e7on manqu\u00e9 qui m\u00e8ne la vie des cowboys : Missy (<em>El Perdido<\/em>), Juanita (<em>Manhunt<\/em>), Tess (<em>L\u2019homme qui n\u2019a pas d\u2019\u00e9toile<\/em>) qui dresse les chevaux. ou Tonia <em>(Passion,<\/em> 1954) qui monte \u00e0 cru, manie le lasso et marque le b\u00e9tail en opposition \u00e0 sa s\u0153ur jumelle, tout en f\u00e9minit\u00e9 traditionnelle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Le personnage trouve son origine historique avec Calamity Jane. Elle sait faire claquer son fouet, instrument qui la caract\u00e9rise de <em>The Plainsman<\/em> (1936) \u00e0 <em>Wild Bill<\/em> (1995). Cette femme rude a souvent \u00e9t\u00e9 incarn\u00e9e par des interpr\u00e8tes tr\u00e8s f\u00e9minines \u00e0 l\u2019\u00e9cran : Jean Arthur, Yvonne de Carlo ou Jane Russell.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Le gar\u00e7on manqu\u00e9, toujours connot\u00e9 positivement, s\u2019oppose syst\u00e9matiquement \u00e0 la belle aux fanfreluches : telle la brave Dusty et la dangereuse Opale de <em>Duel at Silver Creek (Duel sans merci,<\/em> Don Siegel, 1952).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><strong>Les serpents \u00e0 sonnette et les autres<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Les femmes trop belles et trop bien habill\u00e9es sont en effet rarement fiables. La capiteuse Adela\u00efde (Yvonne de Carlo) \u00ab dame et amie du peuple \u00bb, se r\u00e9v\u00e8le un serpent \u00e0 sonnette (<em>The Francisco Story,<\/em> 1952). Elle se d\u00e9place en cal\u00e8che et vit dans une superbe maison au d\u00e9cor charg\u00e9 et luxueux, \u00e0 l\u2019image de la cr\u00e9ole de<em> Iron Mistress (La ma\u00eetresse de fer<\/em>, Gordon Douglas, 1952) et de l\u2019aventuri\u00e8re originaire de la Nouvelle Orl\u00e9ans (Heddy Lamar dans <em>Copper Canyon<\/em>, John Farrow, 1950) qui porte des robes non moins somptueuses et dirige le grand \u00e9tablissement de divertissement de la ville.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Mais le \u00ab gar\u00e7on manqu\u00e9 \u00bb peut se m\u00e9tamorphoser \u00e0 tout instant en \u00ab vraie femme \u00bb : Tonia, amoureuse secr\u00e8tement de Juan, rev\u00eat une robe quand celui-ci vient \u00e0 l\u2019hacienda du grand propri\u00e9taire ; Tess rev\u00eat une robe pour servir \u00e0 table les invit\u00e9s de son p\u00e8re ; Missy utilise la robe des 16 ans de sa m\u00e8re et Juanita rev\u00eat \u00e9galement une robe \u00e0 la fin de <em>Manhunt (La Fureur des hommes<\/em>, Henry Hathaway, 1958) pour exprimer son amour pour Lohman (Don Murray) qui va enfin d\u00e9cider de cesser de fuir.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><strong>B<\/strong><strong>arbara Stanwyck, reine de la Prairie<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>Barbara Stanwyck est sans doute la plus remarquable interpr\u00e8te du western classique. Elle campe des femmes fortes, portant aussi bien la robe que le pantalon (<em>la Reine de la prairie, Cattle Queen of Montana<\/em>, Allan Dwan 1954). Elle est capable tout autant d\u2019abattre un homme (<em>McCord <\/em>dans le m\u00eame film) ou de mener un ranch (<em>Les Quarante tueurs, Forty Guns <\/em>de Samuel Fuller, 1957). Il faut la voir, v\u00eatue de noir, chevauchant \u00e0 la t\u00eate de quarante m\u00e2les redoutables mais soumis \u00e0 son pouvoir. La baronne du b\u00e9tail, figure assez fr\u00e9quente dans les westerns classiques, manifeste toujours une \u00e9nergie toute virile.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Femme de caract\u00e8re, elle reste femme n\u00e9anmoins : elle se baigne au moment de sa rencontre avec Ronald Reagan (<em>Cattle Queen<\/em>). Le caract\u00e8re \u00e9rotique de cet \u00e9quipement hygi\u00e9nique n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. Elle est celle que tous d\u00e9sirent dans le film de Fuller mais que nul ne peut dompter.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Elle incarne \u00e9galement une autre figure f\u00e9minine de l\u2019ouest : la femme blanche devenue paria pour avoir partag\u00e9 la couche d\u2019un indien. Squaw du dangereux Nanchez, elle suscite le m\u00e9pris des honn\u00eates gens dans <em>Femme d\u2019Apache (Trooper Hook<\/em>) de Charles Marquis Warren (1957). Une femme blanche ne doit pas tomber vivante entre les mains des Indiens. Le h\u00e9ros pr\u00e9venant lui remet d\u2019ailleurs une arme au cas o\u00f9 (<em>Winchester 73, Last of the Comanches<\/em>). Mais Cora est un personnage r\u00e9solu \u00e0 vivre \u00e0 n\u2019importe quelle condition tout en \u00e9tant d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 ne pas abandonner son fils n\u00e9 de son \u00ab union \u00bb avec le chef apache. Barbara Stanwyck ici retrouve son ancien partenaire d\u2019Union Pacific, Jo\u00ebl Mc Crea en sous-officier vieillissant et compr\u00e9hensif.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #ff0000;\"><strong>Le dernier mot reste au personnage f\u00e9minin<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> J\u2019avais \u00e9voqu\u00e9 <em>Red Rive<\/em>r en introduction. Les femmes interviennent souvent \u00e0 la fin des r\u00e9cits pour d\u00e9nouer la situation. M\u00eame Amy (Grace Kelly) toute quakeresse qu\u2019elle est, encore v\u00eatue de sa robe de noces, d\u00e9croche un fusil et sauve son mari (Gary Cooper) en abattant un des criminels (<em>High Noon, Le Train sifflera trois fois<\/em>, Fred Zinnemann, 1952).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Dans <em>Heaven with a gun (Au paradis \u00e0 coups de revolvers<\/em>, 1959) de Lee H. Katzin, ce sont les femmes qui vont obliger \u00e9leveurs de bovins et \u00e9leveurs de moutons \u00e0 cesser leur conflit. Sans leur assistance, jamais l\u2019ancien gunfighter devenu preacher (Glenn Ford) ne serait parvenu \u00e0 ses fins. Les hommes peuvent fanfaronner, ce sont bien ces dames qui ont le dernier mot. Une vision attentive de nombreux westerns classiques devrait convaincre les plus sceptiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Les exemples pourraient \u00eatre multipli\u00e9s sans \u00e9puiser le sujet. La femme r\u00e9v\u00e8le bien des surprises dans l\u2019univers westernien de l\u2019\u00e2ge classique. <\/span><\/p>\n<h4><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"LIndien-une-figure-ambivalente-du-western\"><\/span><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><span style=\"font-size: 20px;\"><strong>L\u2019Indien, une figure ambivalente du western<\/strong><\/span><\/span><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><strong><em><span style=\"background-color: #ffffff; color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>La peinture plut\u00f4t n\u00e9gative que le cin\u00e9ma a faite de l\u2019Indien se modifie dans les ann\u00e9es 50 avec des westerns pro-Indiens. Panorama du genre.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Si le terme am\u00e9rindien ou <em>Native American<\/em> s\u2019est impos\u00e9 pour d\u00e9signer les populations occupant l\u2019actuel territoire des \u00c9tats-Unis avant l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019homme blanc, dans le western, le \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb est l\u2019Indien. Dans sa marche vers l\u2019ouest pour faire reculer la fronti\u00e8re, le pionnier se heurte sans cesse aux Indiens.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Pour les enfants pendant des d\u00e9cennies, le western \u00e9tait un genre mettant en sc\u00e8ne des \u00ab\u00a0cowboys\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0indiens\u00a0\u00bb. Pour les adultes, le western pr\u00e9sente la conqu\u00eate d\u2019un espace, conqu\u00eate qui passe par la disparition de peuples et de modes de vie. Dans l\u2019accomplissement de la <em>Destin\u00e9e Manifeste<\/em> (selon laquelle la nation am\u00e9ricaine avait pour mission divine de r\u00e9pandre la d\u00e9mocratie et la civilisation vers l&rsquo;Ouest), l\u2019Indien est la victime. Bon ou mauvais, il est vou\u00e9 \u00e0 s\u2019effacer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Obstacle \u00e0 la marche irr\u00e9sistible de la civilisation, l\u2019Indien est-il montr\u00e9 comme un sauvage f\u00e9roce et assoiff\u00e9 de sang\u00a0? On attribue au g\u00e9n\u00e9ral Sheridan la formule\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Un bon Indien est un Indien mort\u00a0\u00bb<\/em>. Il aurait plus exactement d\u00e9clar\u00e9\u00a0: <em>\u00ab Les seuls bons Indiens que je connaisse sont morts\u00a0\u00bb<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Les ann\u00e9es 50 voient pourtant l\u2019essor d\u2019un grand nombre de films pro-Indiens dans le sillage de <em>La Fl\u00e8che bris\u00e9e<\/em> de Delmer Daves. Ces westerns seraient en rupture avec une peinture n\u00e9gative dominante dans les ann\u00e9es 30 et 40. Qu\u2019en est-il exactement\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>La fl\u00e8che bris\u00e9e\u00a0: enfin Delmer Daves vint\u00a0?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> La Fl\u00e8che bris\u00e9e<\/em> (<em>Broken Arrow<\/em>) a \u00e9t\u00e9 un film \u00e9v\u00e9nement en 1950. Le film, comme la plupart des bons westerns, repose sur des faits historiques. Au lendemain de la guerre civile, Tom Jeffords (James Stewart) devenu responsable des postes de l\u2019Arizona cherche \u00e0 joindre le chef Cochise (Jeff Chandler) pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des courriers. Une relation amicale s\u2019\u00e9tablit entre les deux hommes. Un trait\u00e9 n\u00e9goci\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Howard va permettre aux Apaches Chiricahuas d\u2019obtenir un territoire garanti par le gouvernement am\u00e9ricain.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Une idylle amoureuse se noue parall\u00e8lement entre Jeffords et une jeune Apache, Sonseehray (Debra Paget). Cette relation d\u00e9bouche sur un mariage mais la jeune femme est victime des Blancs. Ce rapprochement suscite en effet bien des oppositions. Les Blancs de Tucson voient dans les Indiens des sauvages sanguinaires. Au sein de son peuple, Cochise se heurte \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 d\u2019un Geronimo.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Delmer Daves, qui connaissait bien les Pueblos et les Apaches, s\u2019attache \u00e0 montrer le mode de vie et les rites de la communaut\u00e9 apache. Le point de vue vise ainsi \u00e0 faire de l\u2019Apache un \u00eatre humain aux yeux du spectateur. Mais il montre aussi la sup\u00e9riorit\u00e9 de la \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb. En brisant la fl\u00e8che pour accepter le trait\u00e9, Cochise renonce au \u00ab\u00a0langage des fl\u00e8ches\u00a0\u00bb au profit du \u00ab\u00a0langage des papiers\u00a0\u00bb pour reprendre l\u2019analyse de Philippe Sabot.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le succ\u00e8s du film va susciter une v\u00e9ritable mode dans les ann\u00e9es 50.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>La trilogie de Cochise<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Une trilogie de Cochise se constitue avec <em>Au m\u00e9pris des lois<\/em> (<em>Battle at Apache Pass<\/em>) de Sherman (1952) puis <em>Taza, son of Cochise<\/em> de Douglas Sirk (1954, tourn\u00e9 en 3 D). <em>Apache Pass<\/em> se situe une dizaine d\u2019ann\u00e9e avant <em>Broken Arrow,<\/em> au d\u00e9but de la Guerre Civile, tandis que <em>Taza<\/em> s\u2019ouvre sur la mort de Cochise en 1875, avec une br\u00e8ve apparition de Jeff Chandler non cr\u00e9dit\u00e9 au g\u00e9n\u00e9rique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>Apache Pass<\/em> d\u00e9marque sans vergogne <em>Fort Apache<\/em> de John Ford dans plusieurs s\u00e9quences. N\u00e9anmoins la mise en sc\u00e8ne de Sherman utilise bien les d\u00e9cors naturels, notamment dans la bataille qui donne son titre au film. Le film s\u2019inspire de l\u2019affaire Bascom qui a d\u00e9clench\u00e9 une guerre de 25 ans entre Apaches et Am\u00e9ricains.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Cet officier avait arr\u00eat\u00e9 Cochise le 5 f\u00e9vrier 1861 \u00e0 la suite de l\u2019enl\u00e8vement d\u2019un jeune gar\u00e7on. Le chef apache r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019\u00e9vader et les otages pris de part et d\u2019autre (dont le fr\u00e8re et les neveux de Cochise) sont ex\u00e9cut\u00e9s. La sc\u00e8ne ne manque pas d\u2019intensit\u00e9 dans le film. L\u2019otage blanc est entra\u00een\u00e9 et meurt hors champ, les Indiens sont pendus mais on ne voit que l\u2019ombre des corps oscillant dans le vide.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Les 15 et 16 juillet 1862, et non quelques jours apr\u00e8s comme peut le faire penser le film, a lieu un affrontement li\u00e9 \u00e0 l\u2019origine \u00e0 la Guerre Civile. Une colonne de l\u2019arm\u00e9e nordiste s\u2019appr\u00eatait \u00e0 passer d\u2019Arizona au Nouveau-Mexique pour \u00e9liminer toute pr\u00e9sence conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e. Une avant-garde, compos\u00e9e essentiellement de fantassins avec quelques cavaliers et deux pi\u00e8ces d\u2019artillerie avec chariots et train de mules est attaqu\u00e9e dans Apache Pass par 500 guerriers apaches. Dans le film, seule la cavalerie joue un r\u00f4le. Mais les canons des Blancs montrent leur sup\u00e9riorit\u00e9 technique et effraient les Apaches.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Si <em>Apache Pass<\/em> s\u2019appuyait sur des faits historiques, <em>Taza<\/em> est beaucoup plus fantaisiste et reprend le sch\u00e9ma des films pr\u00e9c\u00e9dents. Le fils de Cochise tente de maintenir la paix et se heurte \u00e0 Geronimo mais aussi \u00e0 son propre fr\u00e8re, Naiche. N\u00e9anmoins, avec le temps, la situation des Apaches s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e. Ils sont d\u00e9sormais contraints de vivre dans la r\u00e9serve de San Carlos et de d\u00e9pendre de l\u2019assistanat des Blancs. La mise en sc\u00e8ne de Sirk et l\u2019interpr\u00e9tation de Rock Hudson et Barbara Rush sauvent n\u00e9anmoins le film de la banalit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>Les westerns pro-indiens de Universal<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Broken Arrow<\/em> a inspir\u00e9 d\u2019autres films dont de nombreux westerns <em>Universal<\/em> dirig\u00e9 par George Sherman. L\u2019assez m\u00e9diocre <em>Comanche Territory<\/em> (1950), s\u00e9rie B poussive situ\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque plus ancienne, o\u00f9 Jim Bowie, \u00e9gar\u00e9 \u00e0 l\u2019Ouest et jou\u00e9 par l\u2019insignifiant Macdonald Carey, s\u2019efforce de maintenir la paix entre Blancs et Indiens en d\u00e9pit des machinations d\u2019un Blanc perfide.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le m\u00eame r\u00e9alisateur r\u00e9cidive avec le tout aussi peu exaltant <em>Comanche<\/em> (1956) o\u00f9 Quanah Parker en sage leader, l\u2019\u00e9claireur Jim Read, le g\u00e9n\u00e9ral Miles et Nuage Noir remplissent la m\u00eame fonction dramatique que Cochise, Tom Jeffords, Howard et Geronimo dans <em>Broken Arrow<\/em>. Le format scope et quelques sc\u00e8nes de combat rach\u00e8tent mal une interpr\u00e9tation tr\u00e8s fade et une reconstitution approximative. Le poupin Ken Smith avec sa coiffure de bison bat tous les records de ridicule.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>Tomahawk<\/em> est plus inspir\u00e9, en raison aussi d\u2019une interpr\u00e9tation plus convaincante\u00a0: Jim Bridger (Van Heflin) cherche \u00e0 venger le meurtre de son \u00e9pouse cheyenne et de son enfant lors du massacre de Sand Creek. Il tente aussi de maintenir la paix entre les Sioux de Nuage Rouge et la cavalerie au moment de la mise en place de la piste Bozeman suite au<em> trait\u00e9 de Laramie<\/em>. Le d\u00e9but du film donne \u00e0 entendre le point de vue des Indiens\u00a0: Bridger rappelle tous les trait\u00e9s sign\u00e9s et bafou\u00e9s par les Blancs refoulant chaque fois les Indiens plus \u00e0 l\u2019Ouest. Le chef Nuage Rouge y est exceptionnellement interpr\u00e9t\u00e9 par un acteur am\u00e9rindien (John War Eagle).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>Des biopics mettant en sc\u00e8ne des chefs indiens<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Dans cette veine pro-Indienne, plusieurs chefs historiques vont faire l\u2019objet de biopics. Dans <em>Conquest of Cochise<\/em> (1953), John Hodiak reprend le r\u00f4le\u00a0de Chandler. Cochise y appara\u00eet comme un chef soucieux de paix mais qui souligne combien la volont\u00e9 du peuple peut \u00eatre plus forte que la volont\u00e9 de son chef.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">L\u2019infatigable George Sherman s\u2019attelle \u00e0 un <em>Crazy Horse<\/em> (1955) avec Victor Mature. Little Big Horn est \u00e9cart\u00e9 au profit des succ\u00e8s remport\u00e9s par le chef sioux contre Fetterman (reprenant une s\u00e9quence de <em>Tomahawk<\/em>) et Crook (sur les bords de la Rosebud).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>Sitting Bull <\/em>de Sidney Salkow (1954), m\u00e9diocre production ind\u00e9pendante, repose sur l\u2019opposition entre le sage et pacifique leader (J. Caroll Naish) et un Crazy Horse (Iron Eyes Cody) belliciste. Dans une s\u00e9quence ahurissante, le pr\u00e9sident Grant vient en personne dans l\u2019Ouest pour discuter la paix avec Sitting Bull.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>La transformation de l\u2019image de l\u2019Indien avec Geronimo<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> M\u00eame Geronimo, longtemps figure de l\u2019Indien aussi sanguinaire qu\u2019habile, voit son image se transformer. Le ton change d\u00e8s 1952 avec <em>Les derniers jours de la nation apache<\/em> (<em>Indian Uprising<\/em>) de Ray Nazarro, o\u00f9 les Apaches sont montr\u00e9s comme victime de l\u2019avidit\u00e9 des Blancs\u00a0: on y voit le premier Geronimo sympathique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">En 1962, avec <em>Geronimo<\/em> d\u2019Arnold Laven, le chef est vraiment le h\u00e9ros de l\u2019histoire mais il est interpr\u00e9t\u00e9 par Chuck Connors, confirmant l\u2019obstination des producteurs \u00e0 confier les r\u00f4les d\u2019Indiens \u00e0 des acteurs aux yeux bleus\u00a0: il est vrai que le petit budget de ce western de s\u00e9rie ne devait pas permettre d\u2019acheter des lentilles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Remarquablement peu manich\u00e9en, le film pr\u00e9sente un conflit de deux mondes antagonistes o\u00f9 chacun a ses raisons. Il met en lumi\u00e8re, quoique de fa\u00e7on assez fantaisiste, la fameuse guerre men\u00e9e par Geronimo avec une poign\u00e9e de guerriers o\u00f9 il mit en \u00e9chec le g\u00e9n\u00e9ral Crook.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>Un sch\u00e9ma sans cesse r\u00e9p\u00e9t\u00e9<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le m\u00e9diocre <em>Brave Warrior <\/em>(1952) de Spencer Gordon Bennet se situe en Indiana au moment de la guerre de 1812, les Shawnees \u00e9tant sollicit\u00e9s par les Britanniques et les Am\u00e9ricains se disputant le territoire. Le chef Shawnee, Tecumseh<a style=\"color: #993300;\" href=\"https:\/\/www.contrepoints.org\/2017\/12\/17\/305599-indien-figure-ambivalente-western-i?utm_source=Newsletter+Contrepoints&amp;utm_campaign=6265978026-Newsletter_auto_Mailchimp&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_865f2d37b0-6265978026-113545085&amp;mc_cid=6265978026&amp;mc_eid=a9984e486b#fn-305599-2\"><sup>2<\/sup><\/a> s\u2019efforce de pr\u00e9server la paix avec le gouverneur Harrison qui si\u00e8ge \u00e0 Vincennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le chef propose de faire appel \u00e0 Steve Ruddel, agent du pr\u00e9sident Madison qui s\u2019efforce de mettre hors d\u2019\u00e9tat de nuire les agents britanniques\u00a0: le film, tr\u00e8s vaguement inspir\u00e9 d\u2019\u00e9v\u00e9nements historiques, reprend le sch\u00e9ma classique du Blanc d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la paix en d\u00e9pit des man\u0153uvres de m\u00e9chants Anglais et Indiens. Le propre fr\u00e8re du chef, le \u00ab\u00a0proph\u00e8te\u00a0\u00bb, est borgne pour que sa vilenie ne fasse aucun doute. Tecumseh est partisan des \u00c9tats-Unis et de l\u2019assimilation des Indiens mais il aime en vain l\u2019h\u00e9ro\u00efne qui lui pr\u00e9f\u00e8re le fade Ruddel. La bataille de Tippecanoe est film\u00e9e avec l\u2019habituelle d\u00e9sinvolture du cin\u00e9ma pour les \u00e9v\u00e9nements historiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>Amiti\u00e9s entre Indiens et Blancs<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> D\u2019autres westerns d\u00e9veloppent une image positive des Indiens et insistent sur des relations d\u2019amiti\u00e9 entre Blancs et Rouges. Dans <em>New Mexico<\/em> (1951) de Irving Reis, le capitaine Hunt (Lew Ayres) s\u2019efforce d\u2019emp\u00eacher la guerre d\u2019\u00e9clater. Le chef Acona (Ted de Corsia) est pouss\u00e9 au conflit par les intrigues d\u2019un colonel corrompu et d\u2019un juge ambitieux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>Battles of Chief Pontiac<\/em> (1952) de Felix E. Feist, petite production, o\u00f9 l\u2019\u00e9claireur Kent McIntire (Lex Barker) noue amiti\u00e9 avec le chef des Ottawa (Lon Chaney Jr) et s\u2019efforce de d\u00e9jouer les ambitions d\u2019un officier hessois, le colonel von Weber<a style=\"color: #993300;\" href=\"https:\/\/www.contrepoints.org\/2017\/12\/17\/305599-indien-figure-ambivalente-western-i?utm_source=Newsletter+Contrepoints&amp;utm_campaign=6265978026-Newsletter_auto_Mailchimp&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_865f2d37b0-6265978026-113545085&amp;mc_cid=6265978026&amp;mc_eid=a9984e486b#fn-305599-3\"><sup>3<\/sup><\/a> au service de la couronne d\u2019Angleterre. Dans ce film, tr\u00e8s inspir\u00e9 des romans de Fenimore Cooper, les Indiens sont trait\u00e9s avec beaucoup de respect.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le film utilise l\u2019i<em>ncident des couvertures infect\u00e9es de variole<\/em>, une id\u00e9e \u00e9mise par un g\u00e9n\u00e9ral britannique pour se d\u00e9barrasser des Delaware \u00e0 Fort Pitt. Elle est ici attribu\u00e9e au sinistre Teuton et transpos\u00e9e aux Ottawa de Fort Detroit. Les Indiens en couvrent von Weber qui attrape la petite v\u00e9role. Si les \u00ab\u00a0tuniques rouges\u00a0\u00bb doivent se r\u00e9signer \u00e0 n\u00e9gocier la paix, Pontiac dans un discours proph\u00e9tique, pressent la disparition future de son peuple.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>Diables rouges et Indiens christianis\u00e9s<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"background-color: #ffffff; color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span>L\u2019\u00e9trange <em>Pillars of the Sky<\/em> (<em>Les piliers du ciel<\/em>) de George Marshall (1956), souffre d\u2019un sc\u00e9nario in\u00e9gal avec un triangle amoureux qui n\u2019ajoute rien \u00e0 l\u2019histoire mais plombe la narration. Il met en sc\u00e8ne un missionnaire m\u00e9decin Joseph Holden (Ward Bond) et un sergent Emmet Bell (Jeff Chandler), qui vivent en paix avec les tribus \u00e9vang\u00e9lis\u00e9es (C\u0153urs d\u2019Al\u00e8ne, Nez perc\u00e9s). Le gouvernement leur a conc\u00e9d\u00e9 les terres au nord de la Snake River sur le territoire de l\u2019Oregon. Le film b\u00e9n\u00e9ficie des beaux ext\u00e9rieurs de la r\u00e9gion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">S\u2019appuyant sur un article du trait\u00e9 sign\u00e9, l\u2019arm\u00e9e a d\u00e9cid\u00e9 de construire une piste \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la r\u00e9serve. Cette intrusion est mise \u00e0 profit par Kamiakin (Michael Ansara) qui a rejet\u00e9 son nom chr\u00e9tien et pr\u00e9tend revenir aux traditions de ses anc\u00eatres. Un des \u00e9claireurs Indiens, Timothy (Sidney Chaplin) fait remarquer que les Indiens d\u00e9pendent d\u00e9sormais des Blancs pour le bien comme pour le mal et qu\u2019il ne verra pas les hommes blancs et rouges vivre c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te de son vivant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">La colonne du colonel ing\u00e9nieur Stedlow (Willis Bouchey) est d\u00e9cim\u00e9e et n\u2019est sauv\u00e9e de l\u2019extermination que par le sacrifice du pasteur Holden. Blancs et Indiens se r\u00e9concilient au pied de sa d\u00e9pouille. L\u2019image de <em>Native Americans<\/em> s\u2019agenouillant dans une \u00e9glise pour prier rompt de fa\u00e7on int\u00e9ressante avec le clich\u00e9 du \u00ab\u00a0diable rouge\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #993300; text-decoration: underline;\"><strong>Un message pessimiste<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le G\u00e9ant du Grand Nord (<em>Yellowstone Kelly<\/em>) de Gordon Douglas (1959) met en sc\u00e8ne Luther S. Kelly (1849-1928) \u00e9claireur de l\u2019arm\u00e9e, trappeur et guide pour des missions d\u2019exploration de la vall\u00e9e de la Yellowstone.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le film s\u2019inscrit dans la descendance antiraciste de <em>La Fl\u00e8che bris\u00e9e<\/em> mais souffre d\u2019une interpr\u00e9tation un peu p\u00e2le. Kelly a sauv\u00e9 autrefois la vie de Gall (John Russell), devenu chef sioux mais il se heurte au bellicisme du jeune neveu de ce dernier, Sayapi (Ray Danton).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">L\u2019affrontement est provoqu\u00e9 par un major trop ambitieux pr\u00eat \u00e0 briser le trait\u00e9 sign\u00e9. Les Indiens sont impr\u00e9visibles, m\u00eame pour eux-m\u00eames, d\u00e9clare Kelly. Le Sioux est comme un animal sauvage qu\u2019on ne peut apprivoiser\u00a0: il tombe malade, meurt ou tente de s\u2019enfuir. <em>\u00ab\u00a0Cette terre ne sourit plus \u00e0 ton peuple\u00a0\u00bb<\/em> d\u00e9clare Kelly \u00e0 Gall. Le combat des Indiens est inutile\u00a0: quoiqu\u2019ils fassent, ils vont perdre leurs terres.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">C\u2019est le m\u00eame message pessimiste qui impr\u00e8gne <em>Plume Blanche<\/em> (<em>White Feather<\/em>) de Robert D. Webb (1955), western un peu languissant et presque d\u00e9pourvu d\u2019action, sur un sc\u00e9nario de Delmer Daves, qui se situe au Wyoming en 1877. Il reprend la th\u00e9matique de l\u2019amiti\u00e9 entre un Blanc et un Indien et d\u2019une relation amoureuse inter-raciale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais le ton a chang\u00e9. Le temps des Cheyennes est pass\u00e9, constate m\u00e9lancolique le chef Broken Hand (Eduard Franz) qui finit par signer le trait\u00e9 qui d\u00e9porte les Indiens des Plaines (Sioux, Arapahos, Crows, Cheyennes) vers le Sud. Ne pouvant l\u2019accepter, le fils du chef Little Dog (Jeffrey Hunter), avec son ami American Horse, d\u00e9fie la cavalerie. Les deux jeunes guerriers se font tuer en chargeant seuls tout un r\u00e9giment. Le g\u00e9om\u00e8tre Tanner (Robert Wagner) se livre \u00e0 des rites fun\u00e9raires pour son ami Little Dog, symbole de la disparition annonc\u00e9e des Indiens.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais tous ces films des ann\u00e9es 50 et du d\u00e9but des ann\u00e9es 60 ne pr\u00e9sentent pas une image si nouvelle que cela. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019image de l\u2019Indien n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre ambivalente.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Des films tous construits sur le m\u00eame sch\u00e9ma<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Les films des ann\u00e9es 50 reposent sur un sch\u00e9ma narratif qui se r\u00e9p\u00e8te. Deux types d\u2019Indiens s\u2019opposent, l\u2019un gentil, l\u2019autre m\u00e9chant. L\u2019un veut la paix et l\u2019autre la guerre. L\u2019un est pr\u00eat \u00e0 s\u2019entendre avec les Blancs, l\u2019autre s\u2019y refuse absolument. Dans<em> La Reine de la Prairie<\/em>, qui met en sc\u00e8ne des Pieds-Noirs, deux chefs indiens s\u2019opposent classiquement : le m\u00e9chant (Anthony Caruso) parle \u00ab petit indien \u00bb, le gentil Colorados, qui est all\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, a v\u00e9cu avec les Blancs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Du c\u00f4t\u00e9 des pionniers, la situation est la m\u00eame. Beaucoup de Blancs se r\u00e9v\u00e8lent hostiles \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Indiens vus comme des sauvages sanguinaires. La responsabilit\u00e9 du conflit est souvent due \u00e0 un ou des Blancs. Le trappeur Zeb (<em>The Big Sky)<\/em> remarque \u00e0 propos du Blanc : \u00ab ce qu\u2019il lui plait, il le prend, comment les Indiens nous aimeraient-ils ? \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Dans<em> La Reine de la Prairie<\/em>, McCord (Gene Evans), qui r\u00eave de contr\u00f4ler toute la vall\u00e9e, leur livre des armes et incite une partie des Indiens \u00e0 attaquer les Blancs. Dans <em>Warpath<\/em>, \u0153uvre nullement pro-indienne, un chef de convoi l\u00e2che et raciste propose de br\u00fbler un village indien et d\u2019exterminer femmes et enfants. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 abattre un jeune gar\u00e7on et sa m\u00e8re. C\u2019est le massacre de femmes et d\u2019enfants par des Blancs qui poussent les Apaches, \u00e0 an\u00e9antir en repr\u00e9sailles un convoi de pionniers dans <em>The Last Wagon<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais un h\u00e9ros blanc va jouer un r\u00f4le de pacificateur et d\u2019interm\u00e9diaire entre les deux mondes. Il va nouer une relation amicale avec un chef indien et \u00e9ventuellement une relation amoureuse avec une indienne. La plupart du temps cette union interraciale va mal finir : l\u2019Indienne se fait tuer. Cette mort sacrificielle joue souvent un r\u00f4le dans la r\u00e9conciliation finale. Le happy end de ces nombreux westerns masque une triste r\u00e9alit\u00e9. Les Indiens sont malgr\u00e9 tout refoul\u00e9s toujours plus loin et parqu\u00e9s dans des r\u00e9serves.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>L\u2019Indien, noble sauvage dans les premiers temps du western<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le cin\u00e9ma muet, premier \u00e2ge d\u2019or du western, a souvent repr\u00e9sent\u00e9 l\u2019Indien d\u2019une mani\u00e8re positive. Dans les premiers westerns des ann\u00e9es 1910-1912 le noble Indien est le h\u00e9ros plut\u00f4t que le cow-boy. Chez Griffith, l\u2019Indien est par nature loyal : seuls 8 de ses 30 films mettant en sc\u00e8ne des Indiens leur font jouer un r\u00f4le de m\u00e9chant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le th\u00e8me de l\u2019union interraciale a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 par de nombreux cin\u00e9astes, notamment avec <em>The Squaw Man<\/em> (pi\u00e8ce adapt\u00e9e trois fois au cin\u00e9ma) dont l\u2019histoire \u00e9voque celle de Madame Butterfly : abandonn\u00e9e par l\u2019homme blanc qui lui a fait un enfant, la femme se suicide. D\u00e8s 1910-1911 se pose la question de l\u2019interpr\u00e9tation des personnages indiens et de l\u2019exactitude de la repr\u00e9sentation des Indiens. Moving Picture World souligne en 1910 que les acteurs doivent \u00eatre de vrais Indiens.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">De son c\u00f4t\u00e9, Thomas Ince devait r\u00e9aliser avec des Sioux Oglala de la r\u00e9serve de Pine Ridge (Dakota du Sud) plus de 80 westerns \u00e0 deux bobines entre 1912 et 1917. Dans la lign\u00e9e de Fenimore Cooper, les films de Ince ont un ton \u00e9l\u00e9giaque. Dans <em>The Indian Massacre<\/em> (1912), l\u2019influence corruptrice de la civilisation perturbe la vie traditionnelle et tranquille d\u2019un village indien. Cecil B. de Mille dans sa version de <em>The Squaw Man<\/em> (1914) souligne l\u2019incompatibilit\u00e9 entre l\u2019univers des Indiens et le monde des Blancs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Une image d\u00e9grad\u00e9e des Indiens dans les ann\u00e9es 30-40 ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> L\u2019image des Indiens se d\u00e9grade dans les ann\u00e9es 20 avec la mont\u00e9e en puissance des stars cowboys. <em>The Covered Wagon<\/em> (1923) ouvre la vie aux westerns \u00e0 grand spectacle o\u00f9 les Indiens vont jouer le r\u00f4le de m\u00e9chants. Le producteur Lasky avait engag\u00e9 des Arapahos pour la grande attaque du convoi par les Indiens rejouant le th\u00e8me des mauvais Indiens s\u2019opposant \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Ouest.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Apr\u00e8s un passage \u00e0 vide du western dans les d\u00e9buts du parlant qui voit triompher les cowboys chantants, le western \u00e0 grand spectacle refait surface avec <em>The Plainsman <\/em>(1937) de Cecil B. DeMille qui pr\u00e9sente une image tr\u00e8s n\u00e9gative de guerriers br\u00fblant les maisons des pionniers et massacrant les Blancs. Le m\u00eame r\u00e9alisateur en remet une couche dans <em>Les Conqu\u00e9rants du Nouveau Monde<\/em> : le chef indien n\u2019est-il pas jou\u00e9 par Boris Karloff (le plus c\u00e9l\u00e8bre Frankenstein du cin\u00e9ma)?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais l\u2019id\u00e9e d\u2019une peinture n\u00e9gative des Indiens dans les westerns des ann\u00e9es 30-40 doit \u00eatre relativis\u00e9e. Nombreux sont les bons westerns qui rompent avec cette vision.<em> Dodge City<\/em> (1939) met en sc\u00e8ne de m\u00e9chants cowboys tuant des bisons sur le territoire indien. Dans <em>Brigham Young<\/em> (1940) qui \u00e9voque les d\u00e9buts du mormonisme et la migration en Utah, les Indiens sont les seuls \u00e0 accueillir de fa\u00e7on sympathique les disciples pers\u00e9cut\u00e9s de Joseph Smith.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Dans <em>They Died with their Boots On<\/em> (1941) les m\u00e9chants ne sont pas des sauvages vicieux et peinturlur\u00e9s mais les compagnies de l\u2019Est sans scrupules. Un carton \u00e9voque une civilisation impitoyable qui an\u00e9antit l\u2019homme rouge. Crazy Horse est un chef plein de noblesse que respecte Custer. \u00c0 la veille de Little Big Horn, un officier d\u2019origine britannique r\u00e9pond au g\u00e9n\u00e9ral lui faisant remarquer qu\u2019il n\u2019est pas Am\u00e9ricain. \u00ab Les seuls vrais Am\u00e9ricains sont derri\u00e8re cette colline avec des plumes sur la t\u00eate \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>Fort Apache <\/em>de John Ford (1947) rompt avec l\u2019imagerie simpliste pr\u00e9sente jusque l\u00e0 dans son \u0153uvre. Il oppose la muflerie du colonel Thursday \u00e0 la noblesse de Cochise qui exprime de vrais griefs \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019agent des Affaires indiennes. Tous les torts sont attribu\u00e9s aux Blancs dans le conflit.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>William Wellman, un regard sympathique sur les Indiens<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> De m\u00eame William Wellman repr\u00e9sente-t-il les Indiens avec sympathie. Les peu nombreux westerns de ce r\u00e9alisateur sous-estim\u00e9 sont tous de qualit\u00e9. <em>Buffalo Bill <\/em>(1944) met en sc\u00e8ne un \u00e9claireur ami des Indiens qui r\u00e9agit violemment quand on prononce devant lui la phrase : \u00ab Un bon indien est un indien mort \u00bb. Il remarque, amer, en jetant une pi\u00e8ce de monnaie \u00e0 l\u2019effigie d\u2019un Indien : \u00ab C\u2019est le seul indien dont vous vous soyez occup\u00e9. \u00bb H\u00e9ros civilisateur tragique, Cody contribue malgr\u00e9 lui \u00e0 l\u2019an\u00e9antissement des Cheyennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>Au-del\u00e0 du Missouri (Across the Wide Missouri<\/em>, 1951) va plus loin. Remont\u00e9, raccourci et massacr\u00e9 par la MGM, ce film peu connu m\u00e9rite le d\u00e9tour. Il est centr\u00e9 sur le couple mixte form\u00e9 par le trappeur Flint Mitchell et la fille du chef des Blackfoot, Kamiah (Maria Elena Marqu\u00e8s). Le mariage, d\u2019abord vu comme une bonne affaire par le chasseur de castors devient une histoire d\u2019amour avec naissance d\u2019un enfant. Mais l\u2019entente entre Blancs et Indiens ne sera pas durable. Ricardo Montalban campe Iron Short, Indien fier et impressionnant, ennemi jur\u00e9 des Blancs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Une repr\u00e9sentation fantaisiste de l\u2019Indien dans les westerns ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Plusieurs critiques soulignent le caract\u00e8re fantaisiste de la repr\u00e9sentation mat\u00e9rielle des Indiens dans le western classique. Costumes, coiffures, armes, habitat, rien ne convient jamais. Si beaucoup de petits westerns de s\u00e9rie B ne s\u2019encombrent, en effet, gu\u00e8re de vraisemblance, il n\u2019en va pas toujours ainsi.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Pour le reste, la repr\u00e9sentation des Indiens n\u2019est pas plus fantaisiste que celle des cow-boys. Dans les ann\u00e9es 50, le western est d\u2019ailleurs caract\u00e9ris\u00e9 par une certaine standardisation des costumes westerns, qui n\u2019ont qu\u2019un rapport lointain avec la r\u00e9alit\u00e9 vestimentaire de l\u2019Ouest du XIXe si\u00e8cle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">De toute fa\u00e7on, le cin\u00e9ma hollywoodien a toujours repr\u00e9sent\u00e9 les \u00e9poques anciennes de fa\u00e7on approximative. Il suffit de regarder un film cens\u00e9 se d\u00e9rouler dans la France de la m\u00eame \u00e9poque. Cela dit, il faut balayer l\u2019argument avanc\u00e9, selon lequel le western classique ne fait pas de distinction entre les nombreux peuples indig\u00e8nes qui occupaient le territoire am\u00e9ricain.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Qui sont les Indiens repr\u00e9sent\u00e9s ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Les Indiens sont nettement distingu\u00e9s les uns des autres. Certaines tribus tiennent la vedette. Les Apaches, loin devant, puis les Sioux, les Cheyennes et les Comanches sont les plus pr\u00e9sents.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">D\u2019autres peuples apparaissent au fil des westerns : les Kiowas (<em>The Unforgiven ; The scalps Hunters ; Two Flag West ; Last of the Comanches ; The War Wagon ; Nevada Smith<\/em>) ; les S\u00e9minoles (<em>Seminole<\/em>) ; les Arapahos <em>(She Wore a Yellow Ribbon ; Chuka<\/em>) ; les Crows (<em>The Big Sky ; White Feather<\/em>) ; les Yaquis (<em>El Perdido<\/em>), les Ute (<em>Smoke Signa<\/em>l) ; les Crees (<em>Poney Soldier<\/em>) ; les Shawnees (<em>Siege at the Red River<\/em>) etc.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">La plupart des westerns se situant entre 1860 et 1890, il est naturel de trouver avant tout les nations indiennes qui ont affront\u00e9 les Blancs pendant cette p\u00e9riode. Les Apaches, qui seront les derniers \u00e0 se soumettre, sont logiquement privil\u00e9gi\u00e9s. Ils b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement d\u2019un autre atout. Beaucoup de westerns ont pour cadre le Sud-Ouest. Le d\u00e9sert, dont la symbolique biblique n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer, a davantage la faveur des r\u00e9alisateurs que les espaces plus verts du Nord-Ouest.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Comment doivent parler les Indiens ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Deux types de critiques sont d\u00e9velopp\u00e9s. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 on s\u2019indigne du langage \u00ab petit indien \u00bb du type : Visage P\u00e2le, langue fourchue. Cela pourtant correspond \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 historique : les Indiens ma\u00eetrisaient mal la langue de leurs ennemis. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les anglophones -cela touche moins les autres spectateurs-, s\u2019\u00e9tonnent qu\u2019un Indien puisse parler un anglais sans accent et sans faute \u00e0 l\u2019image du Shoshone camp\u00e9 par Robert Taylor dans <em>La Porte du Diable<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Il s\u2019agit pourtant d\u2019une convention qui ne g\u00eane nullement les m\u00eames spectateurs quand le m\u00eame acteur joue Armand Duval aux pieds de Greta Garbo dans<em> Camille<\/em> : depuis quand les Fran\u00e7ais parlent-ils anglais ? Au d\u00e9but de<em> Broken Arrow<\/em> comme de <em>White Feather<\/em>, un commentaire pr\u00e9cise que pour faciliter la compr\u00e9hension, les Indiens s\u2019exprimeront en anglais.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">L\u2019id\u00e9al, bien s\u00fbr, est qu\u2019il s\u2019exprime dans leur langue comme dans <em>Au-del\u00e0 du Missouri<\/em>. Il en va de m\u00eame dans <em>Tomahawk <\/em>(1951) de George Sherman o\u00f9 Jim Bridger parle avec sa ni\u00e8ce cheyenne et avec le chef sioux Nuage Rouge dans leurs langues respectives. Une autre solution est celle adopt\u00e9e par John Ford dans <em>Fort Apache <\/em>: Cochise s\u2019exprime en espagnol pour communiquer avec les soldats.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Qui sont les acteurs qui incarnent des Indiens ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> \u00c0 l\u2019\u00e9poque du muet, l\u2019emploi d\u2019Am\u00e9rindiens est fr\u00e9quent. Avec le parlant, le recours \u00e0 des acteurs blancs devient la norme. Il n\u2019\u00e9tait pas facile de trouver des Indiens authentiques sachant jouer, et le public pouvait davantage s\u2019identifier \u00e0 un personnage jou\u00e9 par un acteur connu.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Iron Eyes Cody, de son vrai nom Corti, \u00e9tait issu d\u2019une famille d\u2019immigr\u00e9s siciliens. Il pr\u00e9tendait \u00eatre un authentique Indien Cherokee. Mais il \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 une authentique Indienne et p\u00e8re adoptif d\u2019Am\u00e9rindiens. Il a beaucoup jou\u00e9 les Indiens. On trouve sa pr\u00e9sence dans plus de cent films, de<em> Big Trail <\/em>(1930) \u00e0 <em>Ernest Goes to Camp<\/em> (1987) en passant par <em>A Man Called Horse<\/em> et <em>Grayeagle<\/em> ainsi que diverses s\u00e9ries TV. Il incarne notamment Crazy Horse dans le <em>Sitting Bull<\/em> de 1954.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Certains acteurs ont \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9s dans les r\u00f4les d\u2019Indiens au d\u00e9but de leur carri\u00e8re. Anthony Quinn, Charles Bronson, Rock Hudson ont d\u00fb porter des plumes avant d\u2019acc\u00e9der au vedettariat. Sur un registre plus mineur, Henry Brandon joue les comanches dans deux westerns en 1956 (pour John Ford et George Sherman).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Dans quelques productions ambitieuses le r\u00f4le est confi\u00e9 \u00e0 une star. Un grand principe semble avoir guid\u00e9 les producteurs et r\u00e9alisateurs am\u00e9ricains. Qu\u2019importe la vraisemblance pourvu qu\u2019on ait le talent. Par une f\u00e2cheuse co\u00efncidence, les Indiens aux yeux bleus se sont ainsi multipli\u00e9s sur les \u00e9crans. Robert Taylor n\u2019avait gu\u00e8re le physique de l\u2019emploi mais le blond Chuck Connors encore moins. C\u2019est cependant le rouquin Burt Lancaster qui r\u00e9ussit l\u2019exploit d\u2019\u00eatre le plus improbable des Apaches dans l\u2019in\u00e9gal mais excitant Bronco Apache de Robert Aldrich (<em>Apache<\/em>, 1954).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Le refus d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 plus complexe<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> La Fl\u00e8che bris\u00e9e<\/em> a plu par ses bons sentiments. D\u2019autres westerns, moins optimistes, n\u2019ont pas connu la m\u00eame faveur aupr\u00e8s du public. La m\u00eame ann\u00e9e que le chef d\u2019\u0153uvre de Delmer Daves sortait <em>La Porte du Diable<\/em> (Devil\u2019s Doorway, 1950) d\u2019un autre ma\u00eetre westernien, Anthony Mann. \u00ab Le meilleur script que j\u2019ai jamais lu \u00bb devait d\u00e9clarer le metteur en sc\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le shoshone Lance Poole (Robert Taylor) a choisi la voie de l\u2019assimilation. Il s\u2019est battu sous l\u2019uniforme nordiste pendant la guerre civile, recevant la mythique m\u00e9daille d\u2019honneur du Congr\u00e8s. Il s\u2019illusionne en pensant vivre paisiblement comme un Blanc en exploitant le domaine paternel dans le Wyoming. Un avocat v\u00e9reux (Louis Calhern) convoite ses terres. Un Indien n\u2019a aucun droit, comprend-il vite. Abandonnant les habits de l\u2019homme blanc, il redevient l\u2019homme rouge impitoyable. Il meurt aux pieds d\u2019un officier en ayant rev\u00eatu pour la derni\u00e8re fois son ancien uniforme. Un tel d\u00e9nouement, sans happy end, ne pouvait que d\u00e9concerter le public.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Un ton plus sombre<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Delmer Daves devait lui-m\u00eame reprendre, sur un ton beaucoup plus sombre, le sch\u00e9ma de <em>La Fl\u00e8che bris\u00e9e.<\/em> Comme son film pr\u00e9c\u00e9dent, <em>L\u2019Aigle solitaire (Drum Beat<\/em>, 1954) s\u2019inspire de faits historiques. Alan Ladd campe un Indian Fighter, Johnny McKay, proche du personnage de Jeffords.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais le redoutable Captain Jack, camp\u00e9 par Charles Bronson, offre un visage moins positif. Vaniteux et cabotin, ce Modoc collectionne les d\u00e9corations militaires et les uniformes vol\u00e9s sur des cadavres. Il se montre violent, menteur et fourbe, rompant ainsi avec une convention qui attribue le double langage aux Blancs. L\u2019Indien, sauvage mais non corrompu, ignore d\u2019ordinaire l\u2019hypocrisie dans le western.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le film met en sc\u00e8ne l\u2019assassinat froidement pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral Canby et du r\u00e9v\u00e9rend Thomas venus parlementer avec les Modocs. Le tableau est n\u00e9anmoins nuanc\u00e9. Le chef est pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019irr\u00e9parable par les siens, alors qu\u2019il h\u00e9site. La rencontre finale entre les deux antagonistes qui se serrent la main donne une certaine grandeur tragique au personnage de Captain Jack. Contrepartie positive de Bronson, Toby (Marisa Pavan) et Manok (Anthony Caruso), enfants de l\u2019ancien chef, incarnent l\u2019aile pacifique des Modocs. Amoureuse sans espoir de McKey, Toby est la victime sacrificielle des bellicistes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>L\u2019Indien est-il naturellement bon ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> L\u2019Indien qui a re\u00e7u une \u00e9ducation occidentale est g\u00e9n\u00e9ralement repr\u00e9sent\u00e9 de fa\u00e7on positive. Il n\u2019en va pas de m\u00eame dans<em> Le sorcier du Rio Grande (Harrowhead<\/em>, 1953) de Charles Marquis Warren. Dans la vague des westerns bien-pensants de l\u2019\u00e9poque, le film a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de racisme alors qu\u2019il refl\u00e8te simplement le point de vue de son h\u00e9ros.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le personnage de Bannon (Charlton Heston) est inspir\u00e9 d\u2019un \u00e9claireur r\u00e9put\u00e9, Al Sieber (1844-1907). \u00c9claireur comp\u00e9tent, il \u00e9prouve une haine f\u00e9roce \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Apaches chez lesquels il a v\u00e9cu. \u00c0 ses yeux, ce sont des animaux, non des humains. Pour les soldats, Bannon est l\u2019Apache blanc.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Toriano (Jack Palance), fils du chef Chiricahua Chattez rentre de l\u2019universit\u00e9 indienne. Habill\u00e9 en costume sombre, il retrouve son fr\u00e8re de sang d\u2019enfance qui est le repr\u00e9sentant de la Wells Fargo. Mais Toriano n\u2019a pas coup\u00e9 ses cheveux, il n\u2019est pas devenu un Blanc.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le gouvernement veut envoyer les Apaches en Floride et les immatricule avec un collier et une plaque. Toriano est venu pour lib\u00e9rer son peuple. La Terre est \u00e0 nous, des cloisons nous emprisonnent. Il faut \u00e9liminer les Blancs, tuer les Grands Yeux. Tel est son message. La Danse de l\u2019esprit lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par des visions. L\u2019assassinat de Johnny Gunther, fr\u00e8re de sang de Toriano, donne le signal des massacres.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Toriano r\u00eave de r\u00e9aliser une proph\u00e9tie : l\u2019Invincible doit venir de l\u2019Est. Voil\u00e0 pourquoi il est all\u00e9 \u00e9tudier chez les Blancs. Bannon r\u00e9ussit \u00e0 pousser Toriano \u00e0 un combat singulier \u00e0 mains nues. En tuant le faux proph\u00e8te, il met fin au soul\u00e8vement indien.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>La crise du western classique : une transformation de l\u2019image de l\u2019Indien ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Dans les ann\u00e9es 1960 le western entre en crise. L\u2019Indien commence \u00e0 devenir de plus en plus inqui\u00e9tant et insaisissable. Dans <em>Tonnerre Apache<\/em>, ils ne laissent que des cadavres sur leur passage. S\u2019agit-il d\u2019ailleurs de Comanches ou d\u2019Apaches se demandent pendant la plus grande partie du film les soldats qui les traquent. Les Arapahos sont des ombres fantomatiques dans Chuka de Gordon Douglas o\u00f9 ils d\u00e9truisent un fort avec toute sa garnison.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>The Stalking Moon (L\u2019homme sauvage<\/em>, 1969) de Robert Mulligan va plus loin. Le redoutable Salvaje veut r\u00e9cup\u00e9rer le fils n\u00e9 de son union avec une blanche captive, Sarah (Eva Marie Saint). Prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019ancien \u00e9claireur, Varner (Gregory Peck), Sarah et son fils trouvent refuge dans le ranch de ce dernier au Nouveau Mexique. La route du terrible Apache, que l\u2019on ne voit pas, est parsem\u00e9e de cadavres. Tel un fant\u00f4me, cet \u00eatre sauvage se venge de la civilisation qui l\u2019a refoul\u00e9. On ne voit de lui finalement qu\u2019une main, un bras, une silhouette en contre- jour. M\u00eame lors du corps \u00e0 corps final, jamais le visage de Salvaje ne nous sera montr\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Cette m\u00eame th\u00e9matique inspirera <em>Chato\u2019s Land<\/em> de Michael Winner o\u00f9 le m\u00e9tis Chato (Charles Bronson), redevenu indien et rejetant sa part blanche, tue l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre les responsables de la mort de sa femme. Mais le western classique a d\u00e9sormais c\u00e9d\u00e9 la place au western r\u00e9visionniste.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le western r\u00e9visionniste a-t-il vraiment modifi\u00e9 l\u2019image des Indiens ? Sa vision est-elle plus r\u00e9aliste et conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 historique ? C\u2019est ce que nous verrons dans le dernier article consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019image ambivalente de l\u2019Indien dans le western.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Qu\u2019on le veuille ou non, les Indiens ont \u00e9t\u00e9 les vaincus de l\u2019histoire. Et les westerns en ont pris acte pour s\u2019en r\u00e9jouir ou le d\u00e9plorer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le d\u00e9clin du western, la remise en cause de la Destin\u00e9e manifeste, les doutes sur les fondements de la civilisation am\u00e9ricaine contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9volution de l\u2019image de l\u2019Indien. L\u2019\u0153uvre de John Ford, le ma\u00eetre incontest\u00e9 du western classique, en porte t\u00e9moignage. Dans<em> Stagecoach<\/em> (1939), les Indiens sont les f\u00e9roces Apaches qui pillent et br\u00fblent et constituent le danger qui plane sur les passagers de la diligence. <em>Fort Apache<\/em> (1948) marque un tournant. Cochise fait entendre la voix et les justes plaintes des Apaches.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Dans <em>La Prisonni\u00e8re du d\u00e9sert (The Searchers,<\/em> 1956), Ethan (le meilleur r\u00f4le de John Wayne) est habit\u00e9 par la haine des Comanches qui ont massacr\u00e9 sa famille. Une longue traque commence et la peinture devient plus nuanc\u00e9e. Les massacres commis par les Indiens renvoient \u00e0 ceux commis par les Blancs. Dans la neige, au son de Garryowen qui prend une tonalit\u00e9 sinistre, les cavaliers de l\u2019arm\u00e9e trainent en captivit\u00e9 les Indiens qu\u2019ils n\u2019ont pas tu\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">L\u2019\u0153uvre westernienne de Ford s\u2019ach\u00e8ve avec<em> Les Cheyennes (Cheyenne Autumn<\/em>, 1964), \u0153uvre cr\u00e9pusculaire mais in\u00e9gale o\u00f9 un sous-officier, qui a fui la Russie et ses cosaques, se demande s\u2019il n\u2019est pas devenu lui aussi un cosaque. La mauvaise conscience l\u2019a emport\u00e9. Le temps est venu pour <em>Little Big Man<\/em> (1970), le film qui va d\u00e9truire le western comme genre. Mais les westerns, d\u00e9sormais peu nombreux qui vont suivre, sont-ils si favorables aux Indiens qu\u2019on l\u2019a dit ? La peinture qu\u2019ils pr\u00e9sentent est-elle plus r\u00e9aliste que dans le pass\u00e9 ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Little Big Man, un western cl\u00e9 ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Ce film est, comme <em>La Fl\u00e8che bris\u00e9e<\/em>, g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme le film qui enfin cesse de montrer les Indiens comme des sauvages. Le m\u00eame discours devait resservir pour <em>Danse avec les loups<\/em>. Il offre au moins l\u2019originalit\u00e9 de donner un r\u00f4le important non \u00e0 un personnage Indien, ce qui a toujours \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 dans le western, mais \u00e0 un acteur am\u00e9rindien, le d\u00e9licieux Chief Dan George, reprenant ainsi la tradition du muet.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Inspir\u00e9 d\u2019un roman de Thomas Berger, vision dr\u00f4latique mais nuanc\u00e9e de l\u2019Ouest, le film est empreint d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre d\u2019un esprit de d\u00e9rision qui n\u2019\u00e9pargne personne, Indiens compris. Le \u00ab h\u00e9ros \u00bb malgr\u00e9 lui, ce grand petit homme du titre, Jack Crabb (Dustin Hoffman, excellent) est tiraill\u00e9 entre deux mondes et deux cultures. Recueilli tout jeune par les Cheyennes apr\u00e8s le massacre de sa famille, il retrouve ensuite le monde des Blancs. Il ne va cesser d\u2019aller et de venir entre les deux communaut\u00e9s sans jamais trouver sa place nulle part. Cette figure n\u2019est pas nouvelle dans le western.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">C\u2019\u00e9tait le sujet m\u00eame de <em>The Savage<\/em> (1952) de George Marshall (le titre fran\u00e7ais est particuli\u00e8rement stupide : <em>Le fils de Geronimo<\/em> !). Orphelin suite au massacre de sa famille par les Crows, recueilli par les Sioux, Jim Ahern (Charlton Heston), a du mal \u00e0 trouver sa place entre Blancs et Indiens, d\u00e9chir\u00e9 entre son affection pour sa famille adoptive et ses \u00ab fr\u00e8res de race \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Devenu fils du chef Aigle Jaune, il re\u00e7oit le nom de Bonnet de Guerre. Sa \u00ab s\u0153ur \u00bb indienne est amoureuse de lui : \u00ab Homme de pierre, homme qui ne voit pas les femmes, homme sans amour, aveugle ! \u00bb Comme \u00e9claireur pour l\u2019arm\u00e9e, il rencontre une charmante jeune femme, s\u0153ur du lieutenant qu\u2019il a secouru contre les Crows. Heston pose des questions d\u00e9rangeantes : \u00ab Est-ce la pigmentation de la peau ? Est-ce la couleur des yeux qui fait d\u2019un homme un Miniconju ? \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Un regard pol\u00e9mique et ironique<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Une des s\u00e9quences les plus fameuses de<em> Little Big Man<\/em> est l\u2019\u00e9pisode de la Washita. Crabb est revenu parmi les Cheyennes, a fond\u00e9 une famille, para\u00eet heureux. Mais il est des jours o\u00f9 l\u2019herbe ne pousse pas, le vent ne souffle pas et le ciel n\u2019est pas bleu. Dans ce froid matin d\u2019hiver, Garryowen retentit et les cavaliers bleus se lancent \u00e0 l\u2019assaut du village endormi pour massacrer tout le monde et plus particuli\u00e8rement femmes et enfants. C\u2019est la guerre du Vietnam, le massacre de My-Lai qui sont \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan. Arthur Penn veut d\u00e9noncer une \u00ab guerre de colonisation \u00bb. Il y r\u00e9ussit tr\u00e8s bien.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais s\u2019il constitue une charge lourde et efficace contre la conqu\u00eate de l\u2019ouest, le film est loin d\u2019\u00eatre l\u2019\u0153uvre \u00ab humaniste \u00bb que certains y voient. Arthur Penn a une vision am\u00e8re et d\u00e9senchant\u00e9e de l\u2019humanit\u00e9 qui n\u2019\u00e9pargne personne. Les Indiens n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 l\u2019esprit caustique du r\u00e9alisateur. Le personnage de l\u2019Indien inverti, Petit Cheval, est digne de la Cage aux folles. M\u00eame le \u00ab Grand P\u00e8re \u00bb n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la d\u00e9rision. Il croit que l\u2019heure est venu pour lui de mourir mais \u00ab parfois la magie marche, parfois non \u00bb. Dans le roman, le vieil Indien mourait r\u00e9ellement.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">L\u2019image id\u00e9alis\u00e9e des Indiens se trouve davantage dans le regard de spectateurs bien intentionn\u00e9s et pleins de bons sentiments. Le terme d\u2019\u00eatres humains que se donnent les Cheyennes a \u00e9t\u00e9 ainsi la source de malentendus. Il est bien le signe que les Cheyennes comme tous les peuples de la Terre ont la f\u00e2cheuse tendance \u00e0 s\u2019attribuer l\u2019exclusivit\u00e9 de l\u2019excellence humaine, non d\u2019une admirable ouverture d\u2019esprit.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Une nouvelle mode pro-indienne ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Little Big Man<\/em>, comme <em>la Fl\u00e8che bris\u00e9e<\/em> en son temps, a lanc\u00e9 une mode pro-indienne, mais plus limit\u00e9e, le western agonisant dans les ann\u00e9es 70. Richard Harris a \u00e9t\u00e9 ainsi la vedette d\u2019une s\u00e9rie de films autour de la figure de l\u2019Homme nomm\u00e9 Cheval (1970, Elliot Silverstein, deux suites en 1976 et 1982). N\u00e9anmoins, le premier film de la s\u00e9rie tout comme Fureur apache de Robert Aldrich et les Collines de la terreur de Michael Winner sont tr\u00e8s loin de pr\u00e9senter une image ir\u00e9nique des Indiens. Ils sont peints comme sauvages et sans piti\u00e9 m\u00eame s\u2019ils ont de bonnes raisons pour cela.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Dans <em>Jeremiah Johnson<\/em> (1972, Sydney Pollack), autre film consid\u00e9r\u00e9 comme pro-indien, le h\u00e9ros \u00e9ponyme (Robert Redford) passe pourtant une bonne partie de son temps \u00e0 tuer des Crows. Il est vrai que ces derniers jouent syst\u00e9matiquement les \u00ab m\u00e9chants \u00bb dans de nombreux westerns. Son union avec la fille du chef des T\u00eates Plates se termine tragiquement : rien de nouveau sous le ciel du western en d\u00e9pit des apparences.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Chief Dan George reprend du service dans <em>Josey Wales <\/em>de Clint Eastwood (1976). Mais il joue ici v\u00eatu d\u2019une redingote et un haut de forme, devenu trop civilis\u00e9 pour surprendre un Blanc. Dans le parcours sanglant du h\u00e9ros taciturne et invincible ne figure aucune victime indienne. Josey Wales r\u00e9ussit ainsi \u00e0 s\u2019entendre avec le chef indien Dix Ours. N\u2019ont-ils pas le m\u00eame ennemi, le gouvernement am\u00e9ricain ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong><em>Soldat Bleu<\/em><\/strong><strong>, un film incoh\u00e9rent<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> L\u2019\u00e9pisode de la Washita de <em>Little Big Man<\/em> s\u2019inspirait beaucoup d\u2019un autre massacre de Cheyennes, celui de Sand Creek pendant la guerre civile. Ce massacre a \u00e9t\u00e9 aussi une source d\u2019inspiration pour <em>Soldat Bleu<\/em>. Une source d\u2019inspiration et non une reconstitution, l\u2019histoire se d\u00e9roulant en 1876, soit douze ans apr\u00e8s Sand Creek. Si <em>Little Big Man<\/em> est un grand film, tr\u00e8s bien r\u00e9alis\u00e9 et admirablement interpr\u00e9t\u00e9, on n\u2019en dira pas autant de <em>Soldat bleu (Soldier Blue<\/em>, 1970) de Ralph Nelson.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le sc\u00e9nario de John Gay souffre d\u2019une grave incoh\u00e9rence. Il emprunte sa situation de d\u00e9part au roman et de Theodore V. Olsen et colle une conclusion postiche inspir\u00e9e des tristes \u00e9v\u00e9nements de 1864. Ainsi, le chef Indien, Spotted Wolf (devenu \u00c9pervier noir en fran\u00e7ais !) est-il, au d\u00e9but du film, un redoutable chef de guerre qui massacre une vingtaine de soldats pour s\u2019emparer de la paie de l\u2019arm\u00e9e et ainsi acheter des armes avant de se muer, sans explication, \u00e0 la fin du film, qui para\u00eet se d\u00e9rouler quelques jours plus tard, en pacifique leader confiant dans la parole des Blancs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le sc\u00e9nario en sort d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment bancal. Une s\u00e9quence d\u2019ouverture classique mais violente est suivie d\u2019une longue errance d\u2019un jeune couple improbable de survivants, constitu\u00e9 par un jeune soldat et la \u00ab fianc\u00e9e \u00bb d\u2019un officier. Le film vire \u00e0 la com\u00e9die sentimentale la plus banale (oppos\u00e9s, ils vont tomber dans les bras l\u2019un de l\u2019autre) m\u00eame dans les rencontres de personnages dangereux (des Kiowas et un improbable trafiquant camp\u00e9 par Donald Sutherland) avant que le film ne s\u2019ach\u00e8ve brutalement par le massacre du village cheyenne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Un film anti guerre du Vietnam<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Film anti-guerre du Vietnam, il met en sc\u00e8ne Candice Bergen qui crache, grimace et gesticule, le tout accompagn\u00e9 d\u2019un vocabulaire ordurier que ne peuvent pourtant pas lui avoir inculqu\u00e9 les Cheyennes. Cette activiste hippie parachut\u00e9e directement de son campus new-yorkais dans le Montana de 1876 para\u00eet bien peu cr\u00e9dible. Le h\u00e9ros \u00e9ponyme (Peter Strauss), afflig\u00e9 d\u2019un nom ridicule, Honus Gent, na\u00eff et prude, n\u2019aurait pas fait long feu perdu dans la nature sans l\u2019habilet\u00e9 redoutable de notre h\u00e9ro\u00efne qui, en deux ans d\u2019un stage intensif chez les Cheyennes, a appris \u00e0 pr\u00e9voir les orages comme \u00e0 tuer les serpents.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">S\u2019il a tout pour satisfaire les progressistes am\u00e9ricains et les anti-am\u00e9ricains du reste de la plan\u00e8te, <em>Soldat bleu<\/em> reste un film probl\u00e9matique. Ce western qui est, para\u00eet-il, pro-Indien, ne nous montre en effet gu\u00e8re ses fameux Indiens, camp\u00e9s, comme dans de nombreux westerns de s\u00e9rie de la belle \u00e9poque, par les habituels mexicains muscl\u00e9s. Aussi leur sort final nous touche peu, ils sont pour nous des \u00e9trangers. Les d\u00e9monstrations tr\u00e8s artificielles d\u2019affection de Candice Bergen \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019enfants dans les derni\u00e8res minutes ne les rendent pas plus proches.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong><em>Soldat Bleu,<\/em><\/strong><strong> film pro-indien ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le massacre choque (il a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 pour cela) mais n\u2019\u00e9meut pas. Les Indiens sont vus de loin, aussi \u00e9trangers que pouvaient l\u2019\u00eatre les Vietnamiens pour les \u00e9tudiants engag\u00e9s des ann\u00e9es 60\/70. Le point de vue des Indiens nous est donn\u00e9 par la voix autoris\u00e9e de l\u2019intellectuelle \u00e9clair\u00e9e qui retourne le malheureux troufion en utilisant au besoin le sexe, vieille technique de manipulation.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le message est d\u2019un manich\u00e9isme d\u00e9solant : les soldats sont des abrutis sanguinaires ou des abrutis conduits par des abrutis sanguinaires. Pour notre h\u00e9ro\u00efne, l\u2019Ouest n\u2019est pas son pays puisqu\u2019elle est de New York. Hum, ne s\u2019agissait-il pas \u00e0 l\u2019origine d\u2019un territoire indien ? Voil\u00e0 une question qu\u2019elle ne para\u00eet pas s\u2019\u00eatre pos\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">La s\u00e9quence finale suscite le malaise si l\u2019on songe que le r\u00e9alisateur a cru devoir utiliser des orphelins amput\u00e9s pour rendre plus r\u00e9alistes les mutilations diverses : des proth\u00e8ses avaient \u00e9t\u00e9 fix\u00e9es sur les parties manquantes. La d\u00e9nonciation de la violence s\u2019allie ici avec le go\u00fbt de l\u2019\u00e9poque et cette surench\u00e8re dans le gore qui ne va cesser de s\u2019amplifier.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Toute cette partie n\u2019est d\u2019ailleurs ni bien film\u00e9e, ni bien mont\u00e9e et se r\u00e9v\u00e8le bien inf\u00e9rieure \u00e0 la s\u00e9quence similaire de Little Big Man, dont le r\u00e9alisateur, il est vrai, \u00e9tait d\u2019une autre classe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong><em>Danse avec les loups<\/em><\/strong><strong>, une fresque ambitieuse<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Dance with Wolves (Danse avec les loups<\/em>) de Kevin Costner (1988) a \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement en son temps. Vaste fresque centr\u00e9e sur les personnages et non sur l\u2019action comme dans tant de produits creux du cin\u00e9ma hollywoodien moderne, le film ne manque ni d\u2019ambition ni d\u2019originalit\u00e9. Un des points forts du film est le souci des personnages secondaires : du major d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 au jeune Indien effondr\u00e9 apr\u00e8s avoir tu\u00e9 son premier homme.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Homme blanc solitaire dans les vastes \u00e9tendues de la prairie du Sud Dakota, le lieutenant Dunbar n\u2019a que deux amis : son cheval Cisco et un loup surnomm\u00e9 Chaussettes (Two Socks). Comme <em>Little Big Man<\/em> et <em>Un homme nomm\u00e9 Cheval<\/em>, il \u00e9voque les relations entre un homme blanc et une tribu indienne, les Lakota (dans le roman, il s\u2019agissait de Comanches) : c\u2019est l\u00e0 le n\u0153ud et le probl\u00e8me de ses films pr\u00e9tendument \u00ab pro indiens \u00bb, le h\u00e9ros est toujours blanc.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le film est beaucoup moins audacieux que nombre de westerns classiques mettant en sc\u00e8ne les amours d\u2019un Blanc et d\u2019une Indienne. Dunbar ne parvient pas en fait \u00e0 devenir un v\u00e9ritable Sioux et il est \u00ab naturel \u00bb qu\u2019il soit attir\u00e9 par quelqu\u2019un de sa \u00ab race \u00bb. Christine, Dress\u00e9e avec le Poing (Mary MacDonnell, peu cr\u00e9dible) une femme blanche recueillie enfant par la tribu.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais \u00e0 la diff\u00e9rence des westerns anciens, <em>Danse avec les loups<\/em> est centr\u00e9 sur l\u2019image positive d\u2019un ren\u00e9gat. D\u00e8s la s\u00e9quence o\u00f9 Costner utilise le fanion aux couleurs am\u00e9ricaines pour panser Dress\u00e9e avec le poing, il fait un pas d\u00e9cisif dans l\u2019oubli de son devoir.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">L\u2019image des Indiens, \u00e0 la diff\u00e9rence des films des ann\u00e9es 70, est particuli\u00e8rement id\u00e9alis\u00e9e. Oiseaux Bondissant, l\u2019homme saint, le sorcier, repr\u00e9sente tout la spiritualit\u00e9 des Sioux tout comme Cheveux dans le Vent est l\u2019image du guerrier dans toute sa splendeur physique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Un film fonci\u00e8rement manich\u00e9en<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Plus f\u00e2cheux sans doute est le manich\u00e9isme qui oppose les nobles Sioux aux perfides Pawnees, les Indiens accueillants aux soldats stupides et brutaux qui tirent sur tout ce qui bouge. En fait, le seul bon soldat est Costner, aussi devient-il Sioux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Quant aux Pawnees, rien ne les rach\u00e8te : ils massacrent sans raison un pauvre muletier, attaquent un village qu\u2019ils croient sans d\u00e9fense, notamment en criblant de fl\u00e8ches deux pauvres chiens (crime terrible pour les spectateurs de notre \u00e9poque) et pour finir deviennent \u00e9claireurs de la cavalerie poursuivant les Sioux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">On peut aussi voir ici le point de vue sioux sur la question ou une fa\u00e7on de r\u00e9soudre la contradiction entre l\u2019image du Sauvage sanguinaire et celle du Noble Sauvage. On r\u00e9torquera sans doute que les Sioux ne sont pas totalement id\u00e9alis\u00e9s : ils scalpent et mutilent leurs ennemis avec f\u00e9rocit\u00e9 mais ces s\u00e9quences sont tr\u00e8s br\u00e8ves et marquent moins l\u2019esprit que les longues s\u00e9quences o\u00f9 leur sagesse, leur harmonie avec la nature sont mis en avant. Ils ne font la guerre que pour se d\u00e9fendre des perfides Pawnees et des abominables Blancs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Les Blancs en revanche sont vus comme des \u00eatres d\u00e9pourvus de spiritualit\u00e9, inf\u00e9rieurs aux b\u00eates, car le loup qui joue un r\u00f4le si important dans cette histoire appara\u00eet comme poss\u00e9dant ce qui manque \u00e0 ces ignobles cr\u00e9atures. Curieusement, nul n\u2019a cri\u00e9 au racisme.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Une vision rousseauiste<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><em><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Danse avec les loups<\/em> dresse le portrait d\u2019une communaut\u00e9 harmonieuse qui vit dans un jardin d\u2019Eden. Est-ce le point de vue des Indiens ou celui d\u2019un rousseauiste ? Le film refl\u00e8te son \u00e9poque comme toujours, t\u00e9moignant de pr\u00e9occupations \u00e9cologiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Les Blancs, eux, souillent la nature. Cela commence avec le brave mais peu fut\u00e9 muletier qui jette sa boite de conserve vide dans la prairie. Il est certes f\u00e2cheux qu\u2019aucune poubelle (de la bonne couleur) n\u2019ait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e aux environs. Cela se confirme dans la transformation du point d\u2019eau du fort en d\u00e9charge et culmine avec la s\u00e9quence de la for\u00eat sacr\u00e9e souill\u00e9e par les d\u00e9pouilles d\u2019animaux. Nous sommes dans un cin\u00e9ma clairement id\u00e9ologique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Contradiction int\u00e9ressante et amusante : les Pawnees attaquent le camp sioux alors que les guerriers sont absents pour la plupart. Le massacre n\u2019est \u00e9vit\u00e9 que gr\u00e2ce aux fusils fournis par Dunbar. La loi de la nature exigeait la disparition des faibles et voil\u00e0 que les faibles \u00e9crasent les forts en usant de la technologie moderne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong><em>Le dernier des Mohicans<\/em><\/strong><strong> : une version tr\u00e8s infid\u00e8le<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> Le film de Michael Mann (1992) n\u2019est pas le premier \u00e0 adapter l\u2019\u0153uvre de Fenimore Cooper. Il succ\u00e8de \u00e0 deux versions qui jouissent de l\u2019estime des connaisseurs. Un film muet de Maurice Tourneur et la version de 1936 avec Randolph Scott. Ce dernier est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le meilleur interpr\u00e8te du personnage cr\u00e9\u00e9 par Cooper dans cette adaptation relativement fid\u00e8le.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Fenimore Cooper n\u2019est plus gu\u00e8re lu. Aux \u00c9tats-Unis il souffre d\u2019une tr\u00e8s m\u00e9chante critique de Mark Twain \u00e0 son \u00e9gard. Il passe pour un \u00e9crivain m\u00e9diocre, d\u00e9mod\u00e9 et ennuyeux, un de ces classiques obligatoires \u00e0 lire au lyc\u00e9e. Cela explique sans doute les grandes libert\u00e9s prises avec le roman \u00e0 la diff\u00e9rence des deux versions pr\u00e9c\u00e9dentes. La version de Tourneur mettait ainsi au c\u0153ur de l\u2019histoire l\u2019amour impossible de Uncas, le dernier des Mohicans, et Cora, fille du colonel Munro. Natty Bumpo dit Longue carabine n\u2019\u00e9tait qu\u2019un personnage secondaire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Dans le film de Mann, Bumpo (Daniel Day-Lewis) tient une place pr\u00e9pond\u00e9rante au d\u00e9triment de Uncas. Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas dans la version de 1936 o\u00f9 Randolph Scott n\u2019\u00e9clipsait pas un Uncas, beaucoup plus pr\u00e9sent et actif. Ici, il n\u2019est qu\u2019une figure subalterne dont la mort n\u2019est, d\u00e8s lors, qu\u2019une p\u00e9rip\u00e9tie sans grande signification.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Dans le roman, il n\u2019y avait pas de place pour les femmes dans le c\u0153ur de l\u2019homme de la fronti\u00e8re. Le sc\u00e9nario a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 inventer une passion exalt\u00e9e entre le h\u00e9ros et l\u2019une des filles du colonel. De m\u00eame, l\u2019\u00e9claireur loyaliste \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Couronne devient un libre-penseur soucieux de son ind\u00e9pendance. L\u2019attitude envers les Anglais est ici ainsi totalement diff\u00e9rente dans le roman et le film : les deux officiers anglais sont logiquement vou\u00e9s \u00e0 la mort dans cette adaptation cin\u00e9matographique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>La Doctrine Monroe et la Destin\u00e9e manifeste mises en images<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> D\u2019une certaine fa\u00e7on, peu importe. Un film doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 pour ses qualit\u00e9s propres non par rapport au roman qui lui a servi de base d\u2019inspiration. Reconnaissons le caract\u00e8re soign\u00e9 de la reconstitution de la guerre franco-anglaise sur le continent am\u00e9ricain dans les ann\u00e9es 1750.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Le marquis de Montcalm est \u00e0 l\u2019image des Fran\u00e7ais dans l\u2019univers anglo-saxon. C\u2019est un aristocrate \u00e9l\u00e9gant, esth\u00e8te, poli et fourbe. La version de 1936 en donnait une image plus noble. Les Anglais sont aussi d\u00e9peints selon les inusables clich\u00e9s en vigueur : arrogants, snobs et froids. En r\u00e9alit\u00e9, Fran\u00e7ais et Anglais sont renvoy\u00e9s dos \u00e0 dos. Ils n\u2019ont rien \u00e0 faire sur le continent am\u00e9ricain. C\u2019est la doctrine Monroe mise en image.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Et les Indiens ? Ils sont vou\u00e9s clairement \u00e0 la disparition. Les deux Mohicans font p\u00e2le figure \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Magua, camp\u00e9 magnifiquement par Wes Studi, acteur d\u2019origine Cherokee. Or il incarne avant tout la brutalit\u00e9 et la sauvagerie. L\u2019utilisation des langues \u00ab indig\u00e8nes \u00bb ne doit ainsi pas faire illusion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Les seuls v\u00e9ritables vainqueurs, les seuls qui ne soient jamais d\u00e9peints n\u00e9gativement, au contraire de ce qu\u2019on peut voir dans des westerns classiques, sont les colons. C\u2019est \u00e0 dire les Am\u00e9ricains. Ils traitent d\u2019ailleurs les Indiens comme des \u00e9gaux, ce qui pr\u00eate \u00e0 sourire. C\u2019est donc, comme on l\u2019a dit, plus un film sur les premiers des Am\u00e9ricains que sur le dernier des Mohicans.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Les colons sont remarquablement absents du livre et cet ajout est d\u2019autant plus significatif. La Destin\u00e9e Manifeste retrouve ainsi toute sa force dans ce bon film lou\u00e9 pour de tr\u00e8s mauvaises raisons. Il est tout sauf pro-indien.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline; color: #993300;\"><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #ffffff;\">.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span> En conclusion, les Indiens sont surtout des indicateurs de la bonne ou mauvaise conscience des sc\u00e9naristes et r\u00e9alisateurs. Le \u00ab sanglot de l\u2019homme blanc \u00bb a inspir\u00e9 de bons comme de mauvais films. Mais le western r\u00e9visionniste s\u2019est souvent content\u00e9 d\u2019inverser les clich\u00e9s, se montrant souvent plus manich\u00e9en que le western classique. La mode indienne s\u2019est d\u2019ailleurs assez vite \u00e9puis\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Mais il faudrait cesser de croire qu\u2019il a fallu attendre<em> Little Big Man<\/em> ou tel autre film pour repr\u00e9senter les Indiens comme des humains et non des extra-terrestres. Cela s\u2019est toujours fait. Mais qu\u2019on le veuille ou non, les Indiens ont \u00e9t\u00e9 les vaincus de l\u2019histoire. Et les westerns en ont pris acte pour s\u2019en r\u00e9jouir ou le d\u00e9plorer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\">Un western r\u00e9cent, <em>The Revenant<\/em> d\u2019Alejandro Gonz\u00e1lez I\u00f1\u00e1rritu (2015), est revenu \u00e0 l\u2019image redoutable des Indiens. C\u2019est aussi un des rares bons westerns du XXIe si\u00e8cle renouant avec l\u2019esprit du genre, loin des aff\u00e8teries et des exercices de style des \u00e9pigones qui s\u00e9vissent dans l\u2019Hollywood contemporain.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le western classique Contrepoints &#8211; G\u00e9rard-Michel Thermeau \u2013 avril 2015 &#8211; nov 2017 &#8211; 10\/17\/24 d\u00e9c 2017 Un genre lib\u00e9ral ? &nbsp; .\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6294,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"post-templates\/post_full.php","format":"standard","meta":{"two_page_speed":[],"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-6835","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-only-in-the-usa"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le western classique Jumelage<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/jumelage.org\/francais\/le-western-classique\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le western classique Jumelage\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le western classique Contrepoints - G\u00e9rard-Michel Thermeau \u2013 avril 2015 - nov 2017 - 10\/17\/24 d\u00e9c 2017 Un genre lib\u00e9ral ? &nbsp; 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